Publié le 25 novembre 2025 à 16h33. Alors que la détection précoce de la démence ne tient pas encore ses promesses, le Conseil de la santé néerlandais met l’accent sur la prévention, en particulier la lutte contre l’hypertension artérielle, comme moyen le plus efficace de réduire l’incidence de cette maladie.
- La détection précoce de la démence par des analyses sanguines ou des scanners cérébraux n’est pas suffisamment fiable pour réduire le nombre de patients.
- La prévention, et notamment le contrôle de l’hypertension artérielle, est considérée comme la stratégie la plus prometteuse pour ralentir l’augmentation des cas de démence.
- Les Pays-Bas comptent actuellement environ 290 000 personnes atteintes de démence, un nombre qui devrait augmenter avec le vieillissement de la population.
Dans un nouvel avis, le Conseil de la santé (Gezondheidsraad) souligne que les tests de dépistage précoce de la démence, bien que prometteurs en théorie, ne permettent pas encore de prédire avec certitude qui développera la maladie et qui ne le fera pas. De plus, à l’heure actuelle, aucun traitement n’est capable d’arrêter ou de ralentir significativement la progression de la démence à un stade précoce.
Les experts estiment donc qu’il est crucial de concentrer les efforts sur la prévention. Parmi les mesures préventives, la lutte contre l’hypertension artérielle se distingue particulièrement. Des études solides démontrent qu’une meilleure gestion de la pression artérielle peut réduire considérablement le risque de développer une démence.
Selon le Conseil de la santé, cette approche représente la voie la plus importante et la plus réaliste pour freiner l’augmentation du nombre de personnes touchées par la démence dans les années à venir. La démence représente déjà un fardeau considérable pour les patients, leurs familles et le système de santé, absorbant près de dix pour cent du budget total des soins.
Cette conclusion intervient suite à une demande du ministre de la Santé, qui souhaitait évaluer la possibilité d’un diagnostic plus précoce afin de permettre une intervention thérapeutique plus rapide. Cependant, les résultats sont sans appel : un diagnostic précoce, dans l’état actuel des connaissances, ne se traduit pas par des bénéfices significatifs.
La communauté médicale mène depuis des années des recherches intensives pour identifier des biomarqueurs fiables permettant de prédire la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence à un stade précoce. Ces recherches portent notamment sur la détection de protéines anormales dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien, ainsi que sur des techniques d’imagerie cérébrale avancées. Malgré ces efforts, aucune de ces méthodes ne permet actuellement de prédire avec précision l’évolution de la maladie.
Outre l’hypertension artérielle, le Conseil de la santé souligne l’importance de plusieurs autres facteurs liés au mode de vie. Le tabagisme, le diabète, l’obésité sévère, le manque d’activité physique et une consommation excessive d’alcool sont autant d’éléments qui peuvent augmenter le risque de démence.
Enfin, le Conseil de la santé identifie trois groupes de population particulièrement vulnérables, pour lesquels la prévention et le diagnostic sont plus complexes. Les personnes issues de l’immigration présentent souvent une prévalence plus élevée de facteurs de risque tels que le diabète et la dépression, et peuvent rencontrer des difficultés d’accès aux soins et à l’information.