Publié le 29 novembre 2025 08h17. L’Australie va devenir le premier pays étranger à acquérir le missile air-air de nouvelle génération AIM-260A JATM, renforçant ainsi sa capacité de défense aérienne et marquant une nouvelle étape dans la coopération technologique avec les États-Unis.
- L’Australie commandera 450 missiles AIM-260A JATM pour un coût total estimé à 2,6 milliards de dollars américains (3,1 milliards de dollars canadiens).
- Les premiers missiles devraient être livrés au troisième trimestre 2033, équipant les flottes de F/A-18F Super Hornet et de F-35A Lightning II australiennes.
- Cette vente ouvre la voie à d’autres alliés, notamment dans la région Indo-Pacifique, pour se procurer ce missile avancé.
L’Australie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le renforcement de ses capacités de défense aérienne. Selon des sources américaines citées par Naval News, Canberra deviendra le premier opérateur étranger du missile air-air avancé AIM-260A JATM (Joint Advanced Tactical Missile). Cette acquisition s’inscrit dans une dynamique de coopération technologique accrue entre l’Australie et les États-Unis, qui s’étend des missiles hypersoniques aux sous-marins d’attaque de nouvelle génération.
L’Agence de coopération en matière de sécurité et de défense (DSCA) américaine a été informée de cette exportation potentielle dès le mois de septembre. Les documents préliminaires soumis au Congrès cette semaine détaillent une commande de 450 missiles AIM-260A, ainsi que 5 véhicules d’essai et 30 véhicules d’essai guidés, pour un montant total de 2,6 milliards de dollars américains (3,1 milliards de dollars canadiens). Le coût unitaire estimé, incluant les véhicules d’essai, s’élève à environ 5,8 millions de dollars américains par JATM, bien que ce chiffre ne reflète pas le prix unitaire réel.
La livraison des premiers missiles à l’Australie est prévue pour le troisième trimestre 2033, en accord avec les délais de production actuels. Ce calendrier tient également compte de l’équilibre traditionnel entre les besoins de l’armée américaine et les exportations de matériel de défense.
L’approbation finale de cette transaction est attendue dans les prochains jours. La DSCA, le Département d’État et les bureaux d’approbation du Congrès n’ont pour l’instant soulevé aucune objection à cette vente.
Le programme JATM reste largement confidentiel. La marine américaine n’a publié aucune image du missile et a refusé de fournir des informations supplémentaires lorsqu’on lui a demandé. La marine américaine a confirmé plus tôt cette année que des tests étaient en cours, suite à la publication d’un rendu par le bureau du programme de missiles air-air PMA-259 de NAVAIR, mais s’est abstenue de commenter les résultats.
Selon une source américaine s’exprimant sous couvert d’anonymat, cette exportation vers l’Australie, bien que inhabituelle compte tenu du stade de développement du JATM, pourrait ouvrir la voie à d’autres ventes similaires. Les pays ayant déjà été autorisés à acquérir la dernière version de l’AMRAAM, l’AIM-120D-3, pourraient également être éligibles à l’acquisition de l’AIM-260A, bien que les délais d’approbation et de livraison puissent varier. La priorité sera accordée aux alliés de la région Indo-Pacifique, en fonction de la politique de l’administration américaine et des menaces auxquelles ils sont confrontés.
Les tests de l’AIM-260A JATM se poursuivent au sein de la marine et de l’armée de l’air américaines, sous la supervision du directeur du bureau des tests opérationnels et de l’évaluation. Selon des informations récentes publiées par le magazine Air and Space Forces, le missile n’est pas encore pleinement opérationnel dans les forces armées américaines, mais a atteint une capacité initiale avec la flotte de F-22 de l’armée de l’air, bien qu’en nombre limité. Une fois pleinement opérationnel, le JATM devrait surpasser les performances de l’AMRAAM, avec une portée estimée entre 200 et 320 kilomètres.