Publié le 30 novembre 2025. Des affrontements ont éclaté à Giessen entre manifestants et forces de l’ordre lors de rassemblements organisés contre le rétablissement de l’organisation de jeunesse du parti d’extrême droite AfD, suscitant des critiques sur les méthodes employées par la police.
- Trois personnes ont été interpellées et 25 enquêtes criminelles ont été ouvertes suite aux incidents.
- Des blessés ont été signalés parmi les manifestants, tandis qu’une dizaine à une vingtaine de policiers ont subi des blessures légères.
- Le ministre de l’Intérieur de Hesse justifie l’intervention policière, tandis que des avocats dénoncent un manque de respect du droit de réunion.
La tension était palpable à Giessen ce samedi, où des milliers de personnes se sont rassemblées pour exprimer leur opposition à la refondation de la Jeunesse AfD. Les manifestations, initialement pacifiques, ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont déployé un important dispositif de sécurité, mobilisant des policiers provenant de 15 Länder ainsi que des unités de la police fédérale et du BKA.
Selon la préfecture de police de Hesse, trois personnes ont été arrêtées puis rapidement relâchées. Au total, 25 enquêtes criminelles ont été ouvertes pour diverses infractions commises lors des rassemblements. Les forces de l’ordre ont fait état d’une dizaine à une vingtaine de blessés légers dans leurs rangs, victimes de jets de pierres, de bouteilles et d’objets pyrotechniques. La police a également signalé des tentatives de franchissement des barrages de sécurité, notamment pour accéder à la zone des halls d’exposition.
Une porte-parole du collectif « Oppose » a dénoncé des blessés parmi les manifestants, sans toutefois fournir de chiffre précis. Elle a vivement critiqué le ministre de l’Intérieur, Boris Poseck, lui reprochant d’avoir affirmé que la violence n’était jamais un moyen légitime en démocratie, tout en laissant, selon elle, la police « ouvrir la voie aux fascistes » à Giessen. La Fédération allemande des syndicats a demandé que les circonstances de ces incidents soient clarifiées.
L’avocat Jannik Rienhoff, qui représente certains militants arrêtés, a estimé que le droit fondamental à la liberté de réunion n’avait pas été suffisamment pris en compte. Il a également affirmé que des policiers se seraient livrés à des violences physiques envers les manifestants, ce qui constituerait une infraction pénale.
Le ministre de l’Intérieur Poseck a défendu l’action de la police, affirmant que sans son intervention, des actes de violence graves et des conditions proches de la guerre civile auraient pu se produire. Il a également accusé le collectif « Oppose » d’agir délibérément en dehors du cadre légal, soulignant que les formes de protestation choisies contre l’AfD lui causaient des inquiétudes politiques. Il a toutefois reconnu que la majorité des manifestants étaient pacifiques.
Le Premier ministre de Hesse, Rhein (CDU), a condamné les violences, notamment celles dirigées contre les policiers chargés de défendre l’État de droit démocratique. Il a mis en garde contre les risques de renforcer les marges politiques en tentant d’empêcher certains groupes d’exercer leurs droits.
La présidente de l’AfD, Alice Weidel, a qualifié les manifestations d’antidémocratiques et a exprimé sa crainte face à une volonté de recourir à la violence.
Jeunesse AfD – Refonte à droite
Ce message a été diffusé le 30 novembre 2025 dans l’émission Deutschlandfunk.