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Les options de la dictature chaviste face à une attaque américaine et pourquoi sa puissance militaire est si affaiblie

Publié le 30 novembre 2025 à 20h38. L'administration américaine durcit le ton à l'égard du Venezuela, menaçant de fermer son espace aérien et évoquant une possible intervention militaire, tandis que Caracas dénonce une agression visant à contrôler ses…

Les options de la dictature chaviste face à une attaque américaine et pourquoi sa puissance militaire est si affaiblie

Publié le 30 novembre 2025 à 20h38. L’administration américaine durcit le ton à l’égard du Venezuela, menaçant de fermer son espace aérien et évoquant une possible intervention militaire, tandis que Caracas dénonce une agression visant à contrôler ses ressources pétrolières et sollicite l’aide de l’OPEP.

  • Donald Trump a déclaré que l’espace aérien vénézuélien devrait être considéré comme « entièrement fermé ».
  • Le gouvernement Maduro a demandé à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d’intervenir pour « arrêter l’agression » américaine.
  • L’armée américaine est largement considérée comme supérieure à l’armée vénézuélienne, qui souffre de problèmes de formation, de salaires et d’équipement.

La tension monte entre les États-Unis et le Venezuela, alors que Washington intensifie la pression sur le gouvernement de Nicolás Maduro. Samedi, le président américain Donald Trump a annoncé que l’espace aérien au-dessus et autour du Venezuela devrait être considéré comme « entièrement fermé », sans fournir de détails supplémentaires. Cette annonce intervient dans un contexte de lutte contre le trafic de drogue dans la région, mais soulève des inquiétudes quant à une possible escalade militaire.

Trump a également suggéré que les opérations américaines contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes et le Pacifique, qui ont fait plus de 80 morts, pourraient se transformer en actions sur le terrain en Amérique du Sud. Il a cependant révélé avoir eu une conversation téléphonique avec Maduro et avoir discuté d’une éventuelle visite du président vénézuélien aux États-Unis.

Parallèlement à cette escalade verbale et militaire, le gouvernement Maduro a cherché à obtenir un soutien politique et diplomatique de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Dans une lettre rendue publique dimanche, Caracas a appelé les membres du cartel à intervenir pour « arrêter l’agression » des États-Unis, dénonçant que l’opération anti-drogue déployée dans les Caraïbes depuis août ne serait en réalité qu’une offensive visant à affaiblir et à renverser le président vénézuélien.

Lors d’un comité ministériel virtuel de l’OPEP, la vice-présidente Delcy Rodríguez a lu la lettre, avertissant que le déploiement américain – comprenant des destroyers, des avions de combat, des milliers de soldats et le plus grand porte-avions du monde – dépassait largement le cadre de la lutte contre le trafic de drogue. Selon Maduro, ces manœuvres visent à aboutir à une intervention directe qui, selon lui, « menace sérieusement l’équilibre du marché international de l’énergie ».

Le document souligne également qu’une action militaire en provenance du nord mettrait en danger la stabilité de la production pétrolière vénézuélienne et du marché mondial. Caracas insiste sur le fait qu’un conflit aurait un impact non seulement sur son industrie, déjà fragilisée par les sanctions et le manque d’investissements, mais aussi sur l’offre mondiale dans un contexte de prix volatils et d’incertitude géopolitique croissante.

L’armée vénézuélienne, affaiblie par le manque de formation, les bas salaires (inférieurs à 100 dollars par mois en monnaie locale, soit environ un cinquième du revenu nécessaire pour subvenir aux besoins d’une famille) et le vieillissement de ses équipements, est largement dépassée par la puissance militaire américaine, selon six sources proches des capacités militaires vénézuéliennes. Malgré la loyauté dont bénéficie Maduro au sein de l’armée, les désertions pourraient augmenter en cas d’attaque américaine.

Le Venezuela envisage de mettre en place une résistance de style guérilla ou de semer le chaos en cas d’attaque aérienne ou terrestre américaine, selon des sources et des documents de planification consultés par Reuters. Cette stratégie, qualifiée de « résistance prolongée » par des responsables vénézuéliens, impliquerait le déploiement de petites unités militaires sur plus de 280 sites pour mener des actes de sabotage et d’autres tactiques de guérilla.

Les 5 000 missiles Igla-S de fabrication russe, récemment présentés par Maduro à la télévision d’État, ont déjà été déployés. Les ordres militaires prévoient que les unités se disperseront et se cacheront en cas d’attaque. Une autre stratégie, non reconnue publiquement par les responsables, consisterait à utiliser les services de renseignement et les partisans armés du parti au pouvoir pour créer du désordre dans la capitale Caracas et rendre le Venezuela ingouvernable.

Des groupes d’opposition vénézuéliens, des ONG, Washington et certains gouvernements d’Amérique latine accusent Maduro et l’armée vénézuélienne d’être liés à des groupes de trafiquants de drogue, également accusés de violence. Le gouvernement a toujours nié ces accusations, affirmant que les États-Unis cherchent à provoquer un changement de régime pour prendre le contrôle des vastes réserves de pétrole du Venezuela.

Des groupes de guérilla colombiens, tels que l’Armée de Libération Nationale (ELN), opèrent dans l’ouest du Venezuela, une région également connue pour sa culture de coca. Les partisans du parti au pouvoir, appelés collectifs, se mobilisent généralement en caravanes de motos pour affronter les manifestants, et sont parfois armés.

Agences Reuters et AFP

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.