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L’Allemagne approuve son projet de renforcer son armée | La Gazette démocrate de l’Arkansas

Publié le 6 décembre 2025 à 21h36. Face à un contexte géopolitique tendu, l'Allemagne a adopté une loi visant à renforcer ses forces armées, en misant sur l'attractivité du service militaire tout en laissant planer la possibilité d'une…

L’Allemagne approuve son projet de renforcer son armée | La Gazette démocrate de l’Arkansas

Publié le 6 décembre 2025 à 21h36. Face à un contexte géopolitique tendu, l’Allemagne a adopté une loi visant à renforcer ses forces armées, en misant sur l’attractivité du service militaire tout en laissant planer la possibilité d’une forme de service obligatoire.

  • Le Bundestag a approuvé un plan pour attirer davantage de recrues, avec des salaires plus attractifs et une formation améliorée.
  • Des examens médicaux seront imposés aux jeunes hommes dès 2027, sans pour autant les contraindre à s’enrôler.
  • La loi laisse la porte ouverte à un service obligatoire partiel si la situation sécuritaire l’exige.

L’Allemagne s’efforce de moderniser sa capacité de défense après des années de sous-investissement, notamment suite aux préoccupations croissantes concernant la menace russe. Le gouvernement allemand a engagé des milliards d’euros pour améliorer son équipement militaire et cherche à augmenter significativement le nombre de ses soldats.

Actuellement, la Bundeswehr (l’armée allemande) compte un peu plus de 180 000 militaires, un chiffre en baisse par rapport aux 300 000 en 2001, dont une part importante était constituée de conscrits. L’objectif affiché est de porter les effectifs à 260 000 soldats d’ici à la prochaine décennie, et de disposer d’une réserve opérationnelle d’environ 200 000 personnes, soit plus du double du nombre actuel.

Le nouveau plan prévoit des mesures pour rendre le service militaire plus attractif, notamment des salaires plus compétitifs, une meilleure formation et une plus grande flexibilité concernant la durée de l’engagement, avec un minimum de six mois. L’objectif principal est d’attirer suffisamment de volontaires sans recourir à une conscription généralisée, une option qui se heurte à l’opposition du parti social-démocrate, partenaire de la coalition gouvernementale.

Cependant, la loi autorise le Parlement à introduire un service obligatoire, au moins pour une partie de la population, potentiellement sélectionnée au hasard, si la situation en matière de défense ou les effectifs de l’armée l’exigent. Plusieurs membres du bloc conservateur au pouvoir estiment qu’une forme de conscription sera inévitable à terme.

À partir de janvier 2027, le ministère de la Défense devra rendre compte tous les six mois au Parlement des chiffres de recrutement. La législation fixe des objectifs annuels pour les dix prochaines années concernant la taille de l’armée et de ses réserves, mais ne prévoit pas de mécanisme automatique déclenchant un passage à un recrutement obligatoire.

Dès la nouvelle année, des questionnaires seront envoyés aux jeunes hommes et femmes de 18 ans afin d’évaluer leur intérêt et leur aptitude au service militaire. Les hommes seront également tenus de se soumettre à des examens médicaux. La Bundeswehr devra se préparer à traiter environ 300 000 examens médicaux par an.

L’annonce de ce plan a suscité des réactions contrastées. Desirée Becker, députée du parti d’opposition Die Linke (La Gauche), a appelé les jeunes à « faire grève contre la réintroduction de la conscription » et à se renseigner sur l’objection de conscience.

« Nos alliés regardent l’Allemagne et nous sommes en train de devenir un leader en matière de défense en Europe. Avec cette nouvelle législation, nous franchissons une étape décisive pour notre capacité de défense. »

Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense

Boris Pistorius a souligné que les manifestations contre le plan étaient légitimes, mais a insisté sur le fait que de nombreux jeunes sont « prêts à assumer leurs responsabilités » et qu’ils sont conscients que « personne ne nous oblige à faire quoi que ce soit, à part remplir un questionnaire… et un examen médical qui ne fait de mal à personne ». Il a ajouté que le service militaire restera volontaire « si tout se passe aussi bien que prévu », mais qu’un service obligatoire partiel pourrait être envisagé si la situation sécuritaire continue de se détériorer.

Dix pays de l’Union européenne ont encore un service militaire obligatoire : l’Autriche, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Lettonie, la Lituanie et la Suède.

Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius s'exprime lors d'une réunion sur la conscription du Parlement allemand à Berlin, en Allemagne, le vendredi 5 décembre 2025. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)
Le chancelier allemand Friedrich Merz assiste à une réunion du Parlement allemand à Berlin, en Allemagne, le vendredi 5 décembre 2025. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)
DOSSIER – De nouvelles recrues de l’armée allemande Bundeswehr assistent à une cérémonie de prestation de serment devant le parlement de l’État de Rhénanie du Nord-Westphalie à Düsseldorf, en Allemagne, le 4 septembre 2025. (AP Photo/Martin Meissner, File)
Une manifestation portant le masque du ministre allemand de la Défense Boris Pistorius assiste à une manifestation contre la possibilité prévue d'un service obligatoire devant le parlement allemand à Berlin, en Allemagne, le vendredi 5 décembre 2025. (AP Photo/Markus Schreiber)

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.