Home MondeSommet de crise de l’UE : que faire des 210 milliards d’euros de la Russie ? – Expertise

Sommet de crise de l’UE : que faire des 210 milliards d’euros de la Russie ? – Expertise

by Clara Dubois

Publié le 7 décembre 2025 à 23h16. L’Union européenne se débat pour trouver un accord sur l’utilisation des avoirs russes gelés afin de financer l’Ukraine, alors que le temps presse et que les besoins de Kiev sont urgents. Une réunion cruciale à Londres rassemble les principaux dirigeants européens pour tenter de débloquer la situation.

  • Environ 210 milliards d’euros d’actifs russes sont bloqués en Belgique, au cœur des discussions.
  • La Commission européenne propose de garantir un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine en utilisant ces avoirs, mais la Belgique s’y oppose fermement.
  • Les chefs d’État et de gouvernement de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni se rencontrent pour tenter de trouver une solution.

Bruxelles est le théâtre d’une crise diplomatique majeure alors que l’Union européenne tente de trouver un consensus sur l’utilisation des avoirs russes gelés pour soutenir financièrement l’Ukraine. La proposition de la Commission européenne, dévoilée le 3 décembre, vise à mobiliser environ 210 milliards d’euros (environ 1 500 milliards de francs suisses) d’actifs russes bloqués en Europe comme garantie pour un prêt initial de 90 milliards d’euros à Kiev. Ce prêt pourrait être considérablement augmenté par la suite, permettant à l’Ukraine de financer son gouvernement et son effort de guerre pour les deux prochaines années au moins.

L’urgence est réelle : sans aide supplémentaire, l’Ukraine pourrait se retrouver à court d’argent dès mars ou avril prochain. Cependant, la Belgique, où se trouve la plus grande partie de ces actifs, a exprimé de fortes réserves dès le départ, et son opposition s’est intensifiée ces dernières semaines. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, met en garde contre les risques liés à la gestion de ces fonds.

Le plan de l’UE prévoit que les banques détenant les avoirs russes prêtent un montant équivalent (sans intérêt) à l’Union, qui le transférerait ensuite à l’Ukraine. L’UE se chargerait alors de rembourser les banques, répartissant ainsi le risque entre tous les États membres. L’objectif ultime est que la Russie restitue ces actifs à l’Ukraine à titre de réparations une fois les sanctions levées.

Bart De Wever craint toutefois qu’un État membre de l’UE, potentiellement la Hongrie, connue pour ses liens avec la Russie, ne s’oppose au maintien des sanctions, empêchant ainsi la restitution des fonds. Les dirigeants allemand, français et britannique se positionnent de plus en plus comme des acteurs clés dans la prise de décision européenne, mais la question des avoirs russes reste un obstacle majeur.

Le Premier ministre belge Bart De Wever met en garde contre le détournement des actifs russes

Le Premier ministre belge Bart De Wever met en garde contre le détournement des actifs russes

Reuters

Parallèlement, une réunion importante se tient à Londres, réunissant le 8 décembre le chancelier allemand Friedrich Merz, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer. Cette rencontre, perçue comme le début d’une série de sommets consacrés à la guerre en Ukraine, vise à coordonner les efforts européens et à trouver des solutions à la crise financière ukrainienne.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer accueille le sommet

Le Premier ministre britannique Keir Starmer accueille le sommet

Bureau d’images

Les États-Unis exercent également une pression pour que ces avoirs soient utilisés comme levier dans les négociations de paix avec la Russie, plutôt que comme source de financement immédiate pour l’Ukraine. L’issue de cette crise reste incertaine, mais elle déterminera en grande partie la capacité de l’Ukraine à faire face à la guerre et à reconstruire son économie.

En attendant, les pays européens continuent de fournir une aide financière directe à l’Ukraine. L’Allemagne a récemment débloqué 100 millions d’euros pour la réparation des infrastructures énergétiques ukrainiennes, tandis que les Pays-Bas ont alloué 250 millions d’euros à l’achat d’armes. Ces efforts, bien que significatifs, ne suffisent pas à combler le déficit financier de l’Ukraine, et la pression s’intensifie pour trouver une solution durable.

Le sommet européen prévu le 18 décembre sera décisif. Si aucun accord n’est trouvé, d’autres options, telles que l’émission d’une dette commune de l’UE, pourraient être envisagées. Dans tous les cas, les dirigeants européens sont confrontés à un défi majeur : convaincre Bart De Wever de revoir sa position et de trouver un compromis acceptable pour toutes les parties.

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