Publié le 7 décembre 2025 22:47:00. La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, qui ne considère plus la Russie comme une menace, suscite des réactions contrastées en Europe, où l’on craint un affaiblissement du soutien occidental à l’Ukraine et une remise en question des valeurs démocratiques.
- La Russie salue une stratégie américaine qu’elle juge globalement conforme à sa propre vision du monde.
- Le document de 33 pages minimise la menace russe et critique les politiques européennes en matière de migration et de liberté d’expression.
- Les réactions européennes sont majoritairement négatives, certains responsables dénonçant un rapprochement rhétorique avec Moscou et une complaisance envers l’extrême droite.
Moscou a accueilli favorablement la nouvelle stratégie de sécurité nationale dévoilée cette semaine par l’administration Trump. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré que les ajustements observés étaient « largement conformes à notre vision » et a qualifié cette évolution d’« étape positive ». Il a précisé que Moscou continuerait d’analyser le document avant de tirer des conclusions définitives.
Le rapport de 33 pages, qui redéfinit les priorités de sécurité des États-Unis, ne désigne plus la Russie comme une menace directe, contrairement aux documents précédents. Il met en avant la nécessité de « restaurer la stabilité stratégique » avec Moscou, estimant que cela « stabiliserait l’économie européenne » et favoriserait une résolution du conflit en Ukraine. En revanche, le document critique ouvertement certaines politiques européennes, notamment en matière de migration et de liberté d’expression, les qualifiant de « censure ».
Ces critiques ont suscité l’inquiétude en Europe. Plusieurs responsables et analystes de l’Union européenne ont dénoncé une rhétorique qui rappelle celle du gouvernement russe. Johann Vadepool, ministre allemand des Affaires étrangères, a souligné que, si les États-Unis restaient un partenaire essentiel au sein de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), les questions relatives à la liberté d’expression et à l’organisation de la société ne devraient pas faire partie des débats stratégiques, « du moins en ce qui concerne l’Allemagne ».
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a adressé un message direct aux « amis de l’Amérique », affirmant que « l’Europe est votre alliée la plus proche. Ce n’est pas votre problème », tout en désignant « l’ennemi commun » comme le seul rempart à leur sécurité collective. L’ancien Premier ministre suédois, Karl Bildt, a quant à lui estimé que la nouvelle stratégie américaine positionnait les États-Unis du côté des groupes d’extrême droite.
Parallèlement, le document américain loue l’influence des partis nationalistes européens et suggère que les États-Unis devraient encourager leurs alliés politiques européens à promouvoir une « revitalisation de l’esprit » national. Il insiste également sur la nécessité de s’opposer à la « direction actuelle de l’Europe » et anticipe une transformation profonde du continent dans les 20 prochaines années, avec un effacement de la civilisation européenne tel qu’on la connaît.
L’Union européenne poursuit actuellement des négociations avec l’administration Trump dans l’espoir de parvenir à un accord de paix en Ukraine. Malgré les divergences, certains responsables européens insistent sur l’importance de maintenir des liens solides avec les États-Unis. Source : BBC News