Home AffairesDollar américain : les haussiers surveillent 98,5 comme support critique avant une probable réduction de la Fed

Dollar américain : les haussiers surveillent 98,5 comme support critique avant une probable réduction de la Fed

by Amélie Bernard

Le dollar américain a poursuivi sa décrue cette semaine, fragilisé par des indicateurs économiques américains décevants et des perspectives de baisse des taux d’intérêt. Malgré une tentative de rebond, l’indice du dollar reste sous pression, plombé par la force de certaines devises majeures et l’incertitude entourant les données économiques américaines.

La publication, le 3 décembre, de données sur l’emploi du secteur privé a accentué cette tendance. Les entreprises ont perdu 32 000 emplois en novembre, alors que les analystes prévoyaient une création de 5 000 postes. Ce chiffre a alimenté les spéculations sur un ralentissement du marché du travail américain et a incité les marchés à anticiper une politique monétaire plus accommodante de la part de la Réserve fédérale (Fed).

L’indice PMI des services, publié le même jour, a progressé à 52,6, signalant une croissance, mais à un rythme modéré. Cette croissance, bien que présente, ne laisse pas présager d’une forte expansion économique ou d’une poussée inflationniste. En comparaison avec le rapport plus faible de l’ADP, le message est clair : l’activité économique ralentit.

Les marchés anticipent désormais une baisse de 25 points de base du taux directeur de la Fed lors de sa prochaine réunion. Plusieurs grandes banques d’investissement ont également intégré cette possibilité dans leurs prévisions, exerçant une pression supplémentaire sur le dollar.

La situation est compliquée par la fermeture du gouvernement américain pendant 43 jours, qui a entraîné un retard dans la publication des données économiques d’octobre. Le Bureau of Labor Statistics (BLS) ne publiera ces chiffres que les 16 et 18 décembre. Cette absence de données complètes prive la Fed d’éléments essentiels pour prendre ses décisions et renforce les anticipations d’une baisse prudente des taux.

L’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan a légèrement augmenté, passant de 51 à 53,3 début décembre, mais ce gain reste insuffisant pour inverser la tendance générale de fragilité économique.

L’évolution du dollar est également influencée par la performance des autres devises qui composent son indice (DXY). Dans la zone euro, l’inflation a légèrement augmenté, passant de 2,1 % à 2,2 % en novembre, ce qui pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à retarder une éventuelle baisse des taux. Cette hausse de l’inflation soutient l’euro, ce qui pèse sur l’indice du dollar.

Au Canada, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 %, et son taux d’inflation reste dans sa fourchette cible, réduisant ainsi la probabilité de nouvelles baisses de taux. Le dollar canadien bénéficie de cette politique monétaire plus restrictive.

Le yen japonais s’est également renforcé par rapport au dollar, en raison des signaux de resserrement monétaire de la Banque du Japon et du dénouement progressif des opérations de portage. Le yen ayant un poids important dans le panier du DXY, cette appréciation contribue à affaiblir l’indice.

L’affaiblissement des indicateurs économiques chinois, notamment la chute de l’indice PMI des services à son plus bas niveau depuis cinq mois, réduit l’appétit pour le risque et pourrait inciter les investisseurs à se tourner vers le dollar américain comme valeur refuge. La hausse des prix du pétrole, due aux tensions géopolitiques en Russie et au Venezuela, ainsi qu’aux nouvelles sanctions envisagées par le G7 et l’Union européenne, pourrait également soutenir le dollar à moyen terme en alimentant les anticipations d’inflation.

Les risques géopolitiques, notamment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, maintiennent également l’attrait du dollar comme valeur refuge, limitant ainsi la baisse de l’indice DXY.

Sur le plan technique, l’indice DXY a formé un canal haussier à court terme entre mi-septembre et novembre. Cependant, la rupture de la bande inférieure de ce canal fin novembre a entraîné une phase de consolidation entre 99 et 99,5, en dessous des supports et des moyennes mobiles à court terme. Une résistance clé se situe à 99,72, basée sur les retracements de Fibonacci. Tant que l’indice reste en dessous de ce niveau, la dynamique baissière persiste. Un support important se trouve autour de 98,50, près des plus bas précédents et d’une large zone horizontale. Une clôture en dessous de 98,50 pourrait entraîner une baisse vers 96,55.

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