Publié le 9 décembre 2025 20h30. La santé mentale des étudiants néerlandais est de plus en plus fragile, avec une augmentation du stress, de l’anxiété et du perfectionnisme. Des établissements d’enseignement supérieur du Brabant ont renforcé leurs équipes de soutien psychologique pour répondre à cette crise grandissante.
- Une hausse significative du stress, de l’anxiété et du perfectionnisme est constatée chez les étudiants.
- Les écoles supérieures Fontys et Avans ont engagé des psychologues étudiants pour offrir un soutien direct.
- Les pressions sociales et économiques, ainsi que l’omniprésence des réseaux sociaux, sont pointées du doigt comme facteurs aggravants.
Les établissements d’enseignement supérieur néerlandais sont confrontés à une vague croissante de problèmes de santé mentale chez leurs étudiants. Des études récentes menées par le RIVM (Institut national pour la santé publique et l’environnement) et Trimbos (Institut néerlandais pour la santé mentale) confirment une détérioration continue de la situation. Pour faire face à cette urgence, des écoles comme Fontys à Tilburg et Avans à Breda et Den Bosch ont décidé d’investir dans un accompagnement psychologique renforcé.
Lieve Derache, assistante étudiante à Fontys Tilburg, accompagne les étudiants en difficulté depuis 2008. Elle observe une évolution inquiétante :
« Ces dernières années, le stress, l’anxiété et le perfectionnisme ont augmenté de manière notable. »
Lieve Derache, assistante étudiante à Fontys Tilburg
Elle travaille avec les étudiants pour les aider à gérer la pression et à réduire leur niveau de stress.
Selon elle, il est difficile de déterminer si les étudiants d’aujourd’hui sont plus sujets aux troubles psychologiques que par le passé, ou s’ils sont simplement plus enclins à en parler.
« Il est clair que la société est devenue plus rapide et plus exigeante que ce que notre système de stress peut gérer. »
Lieve Derache, assistante étudiante à Fontys Tilburg
Amber Titulaer, coordonnatrice du soutien aux étudiants à Avans, et Sarah Gevers, psychologue étudiante, constatent également une augmentation du nombre d’étudiants sollicitant de l’aide. Les étudiants peuvent être orientés par les conseillers d’orientation et bénéficient d’un accès facilité à un soutien psychologique.
« C’est positif que les étudiants puissent venir ici pour obtenir de l’aide. Nous pouvons souvent les aider efficacement, et sinon, nous les orientons vers des professionnels de santé. »
Amber Titulaer, coordonnatrice du soutien aux étudiants à Avans
Mais pourquoi les jeunes se sentent-ils de plus en plus mal ? Les chercheurs du RIVM peinent à trouver une réponse unique. Les psychologues étudiants de Fontys et Avans pointent du doigt une combinaison de facteurs personnels, sociaux et économiques.
« Les étudiants ont d’innombrables défis à relever : vivre seuls pour la première fois, étudier, travailler à temps partiel, se faire des amis, entretenir des relations… »
Sarah Gevers, psychologue étudiante à Avans
Ces défis ne sont pas nouveaux, mais ils sont vécus avec une intensité accrue dans un contexte de performance sociale exacerbée.
Les pressions sociales et économiques jouent un rôle majeur. Les jeunes sont confrontés à l’incertitude quant à leur avenir professionnel et à leur capacité à se loger et à subvenir à leurs besoins après leurs études. De plus, l’omniprésence des réseaux sociaux contribue à un climat de comparaison constante et de pression à la performance.
« Tout le monde se compare aux autres et cela n’aide presque personne. Les jeunes y sont particulièrement sensibles et les réseaux sociaux ne font que renforcer ce phénomène. Cela donne l’impression que les autres ont tout en ordre et cela augmente la pression de performance ou les sentiments sombres et négatifs envers soi-même. C’est désastreux pour la santé mentale. »
Lieve Derache, assistante étudiante à Fontys Tilburg
La période de la pandémie de Covid-19 a également eu un impact négatif, en limitant les interactions sociales et en rendant plus difficile l’établissement de limites.
Les établissements d’enseignement supérieur tentent de réduire la pression sur les performances scolaires, par exemple en supprimant les conseils d’étude obligatoires. Cependant, la plupart des causes de la détérioration de la santé mentale sont d’ordre social. Amber Titulaer estime que l’éducation a un rôle important à jouer :
« Nous formons des professionnels qui contribueront à la société après leurs études. Le développement personnel fait partie de ce professionnalisme. Il nous appartient donc certainement d’enseigner aux étudiants en difficulté comment gérer le stress et développer leur résilience. »
Amber Titulaer, coordonnatrice du soutien aux étudiants à Avans
Cependant, les trois accompagnateurs étudiants soulignent que leur rôle est limité.
« Nous ne sommes pas un établissement de santé »,
Sarah Gevers, psychologue étudiante à Avans
expliquent-ils. Ils offrent un soutien aux étudiants souffrant de stress et de problèmes psychologiques mineurs, mais orientent vers un médecin généraliste ou un psychologue pour les problèmes plus graves. Avans a établi des liens étroits avec les médecins généralistes de Breda et Den Bosch, ainsi qu’avec Novadic Kentron, pour les étudiants rencontrant des difficultés financières.
Enfin, les étudiants eux-mêmes ont une responsabilité, souligne Amber Titulaer. Il est essentiel qu’ils apprennent à gérer l’incertitude et à s’adapter aux changements. L’éducation peut fournir un soutien et une orientation, mais elle doit également reconnaître ses propres limites.
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