Publié le 11 décembre 2025 12:19:00. Une enquête révélée par Proética met en lumière une défiance croissante des Péruviens envers leurs institutions, avec une perception de la corruption atteignant des niveaux alarmants, en particulier au sein du Congrès de la République.
- Le Congrès péruvien est désormais considéré comme l’institution la plus corrompue du pays, avec 85 % des personnes interrogées exprimant cette opinion.
- Cette perception de la corruption au sein du Congrès a plus que doublé depuis 2022, dépassant largement celle des autres institutions clés.
- Un paradoxe émerge : les Péruviens attendent des institutions qu’ils jugent corrompues qu’elles prennent en charge la lutte contre ce fléau.
Le Congrès de la République est perçu comme le foyer principal de la corruption au Péruvian, selon la XIIIe enquête nationale sur la perception de la corruption menée par Proética en 2025, en collaboration avec Apoyo Consultoría, Grupo RPP et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). 85 % des personnes interrogées estiment que cette institution est touchée par la corruption, une augmentation significative par rapport aux 60 % enregistrés en 2022.
Cette enquête, réalisée par Ipsos avec le soutien de la GIZ, de l’Institut Bicentenaire et de la Rainforest Foundation Norway, révèle que le Congrès devance largement les autres institutions en termes de perception de la corruption. Le ministère public et le pouvoir judiciaire suivent, avec respectivement 35 % et 33 % des répondants les considérant comme corrompus. Le gouvernement de Dina Boluarte, en fonction depuis octobre après la destitution de l’ancien président, arrive également en tête de liste avec 33 %.
L’étude souligne un constat paradoxal : les Péruviens attendent que les institutions qu’ils considèrent comme les plus corrompues, notamment le Congrès et la police, soient celles qui mènent la lutte contre la corruption. Selon le rapport, « Les Péruviens exigent que les institutions qu’ils considèrent comme les plus corrompues, comme le Congrès et la Police, soient celles qui mènent la solution. Cette contradiction suggère que le changement ne peut être généré qu’à l’intérieur de ces institutions ».
En dehors du Congrès, du ministère public et du pouvoir judiciaire, d’autres institutions sont également pointées du doigt. La police nationale est perçue comme corrompue par 27 % des personnes interrogées, les municipalités par 17 %, les gouvernements régionaux par 13 %, les médias par 8 %, le gouvernement de José Jeri par 8 %, le Contrôleur général de la République par 6 % et les partis politiques/mouvements régionaux également par 6 %.
L’évolution de la perception de la corruption depuis 2022 est notable. Le Congrès, le ministère public et la police sont les institutions qui ont connu la plus forte augmentation de cette perception. Le Congrès est passé de 60 % en 2022 à 85 % en 2025, le ministère public de 18 % à 35 % et la police nationale de 22 % à 27 %.
À l’inverse, la perception de la corruption dans les municipalités a diminué, passant de 22 % à 17 %, tout comme celle des gouvernements régionaux (de 25 % à 13 %), des médias (de 13 % à 8 %) et des partis politiques/mouvements régionaux (de 20 % à 6 %). Le pouvoir judiciaire est resté relativement stable, passant de 34 % à 33 %.
Lorsqu’on leur a demandé quelles entités devraient être chargées de lutter contre la corruption, les personnes interrogées ont priorisé le Congrès de la République (45 %), suivi de la police nationale (32 %), du gouvernement central (30 %), du ministère public (28 %) et du pouvoir judiciaire (27 %).
La criminalité reste la principale préoccupation des Péruviens, citée par 68 % des répondants, tandis que la corruption arrive en deuxième position avec 67 %. Il y a dix ans, en 2015, seulement 46 % des personnes interrogées considéraient la corruption comme le principal problème du pays, ce qui représente une augmentation de plus de 20 points de pourcentage.
88 % des Péruviens estiment que la criminalité a augmenté au cours des cinq dernières années, tandis que 51 % prévoient une augmentation de la corruption au cours des cinq prochaines années. 31 % pensent qu’elle restera stable.
Fiche technique : Recherche réalisée par Ipsos Perú pour le compte de Proética. Population cible : hommes et femmes résidant dans les zones urbaines du Pérou. Échantillon : 1 300 enquêtes auprès de personnes âgées de 18 ans et plus dans les zones urbaines du Pérou. Période : du 23 au 31 octobre 2025. Méthodologie : quantitative, enquêtes auprès des ménages. Marge d’erreur : 2,7 %.
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