Publié le 16 mai 2024 14:35:00. L’île de Bali, destination de surf mondialement réputée, est confrontée à une crise environnementale majeure due à l’accumulation de déchets. Face à cette situation, le gouverneur local s’engage à transformer l’île en un modèle de développement durable d’ici 2027, une ambition soutenue par des figures emblématiques du surf comme Kelly Slater.
Le gouverneur de Bali, I Wayan Koster, a annoncé son intention de faire de l’île un territoire zéro déchet d’ici 2027, dans le cadre d’une vision plus large axée sur l’harmonie et le respect de l’environnement. Cette initiative s’accompagnera de réglementations plus strictes en matière de gestion des déchets.
L’état de Bali, autrefois un véritable paradis pour les surfeurs et les voyageurs, est aujourd’hui marqué par une pollution croissante. Les plages, les rivières et les paysages sont envahis par des montagnes de déchets, une réalité difficile à ignorer pour les visiteurs et les habitants.
« Je me souviens d’un matin où nous sommes allés surfer sur la côte Est, nous avons littéralement dû sortir de l’eau parce qu’il y avait trop de déchets. Nous sommes entrés et avons juste regardé les vagues se briser avec des déchets dedans. »
Kelly Slater, surfeur professionnel
Lors d’une rencontre au Coast Film Festival à Laguna Beach, le surfeur Kelly Slater a partagé son inquiétude face à la dégradation de l’île. Il a évoqué des expériences où la pollution a rendu la pratique du surf impossible.
Gary Bencheghib, fondateur de l’organisation Sungai Watch, a rappelé une déclaration antérieure de Kelly Slater, soulignant l’urgence de la situation : « Je me souviens vers 2017-2018, j’ai vu une vidéo qui disait : « Le GOAT a parlé, si Bali ne comprend pas son plastique, il deviendra insurfable. »
Kelly Slater a également exprimé son sentiment que Bali a perdu de son authenticité en raison du tourisme de masse et du développement effréné. Il a souligné la nécessité de se concentrer à nouveau sur la préservation de l’environnement et de l’attrait originel de l’île : « Il est devenu tellement envahi par les gens, la circulation, les ordures. Ce serait bien de se concentrer sur le nettoyage et l’embellissement à nouveau. Toutes les infrastructures, les bâtiments et les centres de villégiature ont enlevé ce à quoi nous avions pris vie en premier lieu. »
L’engagement de Sungai Watch dans la lutte contre la pollution à Bali est particulièrement notable. L’organisation, fondée par Gary Bencheghib, a mené des actions de nettoyage des rivières, identifié les principaux responsables de la pollution, et développé des solutions innovantes de recyclage, notamment la transformation des déchets plastiques en mobilier. Une vidéo de leurs actions a d’ailleurs été vue plus de 6 millions de fois sur Instagram.
Sungai Watch dénonce également les pratiques de certains établissements touristiques de luxe, qui contribuent à la production de déchets à usage unique, comme les chaussons jetables. Leur travail de sensibilisation est largement diffusé sur les réseaux sociaux.
L’initiative de Bali de devenir une île zéro déchet s’inscrit dans une démarche plus globale, rappelant l’exemple de l’île grecque de Tilos, qui a déjà réussi à éliminer complètement ses déchets.