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La Biélorussie ou la Turquie lui ouvriraient la porte pour l’abriter

Publié le 12 décembre 2023 18:30. Alors que les tensions militaires s'intensifient entre les États-Unis et le Venezuela, des négociations discrètes révèlent que le président Nicolás Maduro explore des options d'asile politique, notamment en Biélorussie et en Turquie,…

La Biélorussie ou la Turquie lui ouvriraient la porte pour l’abriter

Publié le 12 décembre 2023 18:30. Alors que les tensions militaires s’intensifient entre les États-Unis et le Venezuela, des négociations discrètes révèlent que le président Nicolás Maduro explore des options d’asile politique, notamment en Biélorussie et en Turquie, face à une possible intervention américaine.

  • Des rencontres secrètes entre un émissaire vénézuélien et le président biélorusse Alexandre Loukachenko pourraient ouvrir la voie à un exil de Maduro.
  • Le président vénézuélien aurait proposé aux États-Unis de quitter le pouvoir en échange d’une amnistie complète pour lui et sa famille.
  • La Turquie, en raison de ses liens étroits avec Maduro et avec le président américain Donald Trump, est également envisagée comme destination possible pour un éventuel exil.

Une intense activité diplomatique, menée dans la plus grande discrétion, s’est révélée ces dernières semaines alors que les États-Unis exercent une pression croissante sur le régime de Nicolás Maduro. Cette diplomatie de crise intervient dans un contexte de tensions militaires grandissantes en mer des Caraïbes, exacerbées par des incursions continues.

Selon des informations exclusives de l’agence Reuters, l’ambassadeur du Venezuela en Russie, Jesús Rafael Salazar Velázquez, a rencontré à deux reprises le président biélorusse Alexandre Loukachenko, allié de Vladimir Poutine, au cours des 17 derniers jours. Ces rencontres sont interprétées comme une tentative d’ouvrir des portes pour un éventuel asile politique pour Maduro.

La première rencontre a eu lieu le 25 novembre à Moscou, quatre jours seulement après un appel téléphonique entre Donald Trump et Nicolás Maduro. Lors de cet échange, Maduro aurait déclaré au président américain qu’il était prêt à quitter le Venezuela, à condition que lui et sa famille bénéficient d’une « amnistie légale complète », selon Reuters.

« Il était prêt » à quitter le Venezuela, à condition qu’« une amnistie légale complète soit garantie pour lui et sa famille.

Reuters, rapportant les propos de Maduro à Donald Trump

Parallèlement, la Turquie se profile comme une autre option d’exil pour Maduro, selon des médias américains tels que Le Washington Post. Les bonnes relations entretenues par Maduro avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan pourraient faciliter cette solution, notamment en cas d’intervention militaire américaine.

Lorsque Maduro s’est proclamé président après les élections contestées de 2019, Erdoğan fut l’un des rares dirigeants étrangers à lui adresser son soutien. De même, Maduro s’est rendu à Ankara en 2023 pour assister à la cérémonie d’investiture d’Erdoğan pour un troisième mandat, comme le souligne Le Washington Post.

Des experts cités par le journal nord-américain estiment que la Turquie représente un refuge idéal pour Maduro. Ils soulignent également la relation d’Erdoğan avec Donald Trump, ce qui pourrait faciliter un accord négocié.

« Maduro fait confiance à Erdogan… et Erdogan entretient de bonnes relations avec Trump… En fin de compte, quels sont les résultats réalistes et acceptables ? De toute évidence, les gens y réfléchissent et y travaillent. »

Experts interrogés par Le Washington Post

Un éventuel accord d’exil en Turquie pourrait inclure des garanties pour Maduro, notamment une protection contre l’extradition vers les États-Unis, où il est accusé de divers crimes et fait l’objet d’une prime à sa capture.

La ministre colombienne des Affaires étrangères, Rosa Villavicencio, a confirmé ce jeudi 11 décembre que son gouvernement serait prêt à accorder l’asile à Maduro, si cela s’avérait nécessaire pour faciliter des négociations avec les États-Unis.

« Si ce départ implique qu’il doive vivre dans un autre pays ou demander une protection, alors la Colombie n’aurait pas à dire non. »

Rosa Villavicencio, ministre colombienne des Affaires étrangères, à Escargot radio

Lors de leur première rencontre, Alexandre Loukachenko a assuré à Maduro que les portes de la Biélorussie lui étaient « toujours ouvertes » et l’a invité à effectuer une visite officielle. Lors d’une seconde rencontre avec l’ambassadeur Salazar Velázquez, Loukachenko a évoqué la possibilité de prendre une « décision pertinente » concernant le dirigeant vénézuélien.

Le président biélorusse a déclaré être disposé à examiner des questions impliquant potentiellement Maduro et à coordonner des actions avec les autorités vénézuéliennes.

Parallèlement, la tension reste vive dans les Caraïbes en raison d’un déploiement militaire américain sans précédent, incluant le porte-avions le plus puissant au monde. L’administration Trump a également annoncé la saisie d’un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes et l’imposition de nouvelles sanctions contre Maduro et sa famille.

Les États-Unis justifient ces manœuvres par leur lutte contre le trafic de drogue, tandis que Maduro dénonce une tentative de « changement de régime » visant à s’emparer des importantes réserves pétrolières du Venezuela. Il a appelé à la fin de l’« interventionnisme illégal et brutal » des États-Unis au Venezuela et en Amérique latine.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.