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Un expert de l’ONU exhorte le Royaume-Uni à encourager l’opposition internationale aux prochaines élections au Myanmar – JURIST

Publié le 12 décembre 2025 à 23h42. Un rapport de l'ONU dénonce le risque d'une « mascarade » électorale au Myanmar et exhorte le Royaume-Uni à intensifier ses efforts diplomatiques pour faire pression sur la junte militaire et…

Un expert de l’ONU exhorte le Royaume-Uni à encourager l’opposition internationale aux prochaines élections au Myanmar – JURIST

Publié le 12 décembre 2025 à 23h42. Un rapport de l’ONU dénonce le risque d’une « mascarade » électorale au Myanmar et exhorte le Royaume-Uni à intensifier ses efforts diplomatiques pour faire pression sur la junte militaire et soutenir les droits humains dans le pays.

  • Le Rapporteur spécial de l’ONU pour le Myanmar appelle le Royaume-Uni à mobiliser ses partenaires internationaux contre les élections prévues le 28 décembre.
  • Human Rights Watch dénonce les arrestations arbitraires et la violence sexuelle croissante perpétrées par la junte.
  • Une frappe aérienne sur un hôpital dans l’ouest du Myanmar a fait au moins 34 morts le 10 décembre, illustrant la gravité du conflit.

Le gouvernement britannique doit prendre les devants pour condamner les élections organisées par la junte birmane, a déclaré vendredi Tom Andrews, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Myanmar. Il exhorte Londres à contacter activement d’autres gouvernements, notamment en Asie, pour obtenir un rejet coordonné de ce scrutin, qu’il qualifie de simulacre destiné à légitimer le pouvoir militaire.

« Un rejet fort et coordonné de ces élections simulées est essentiel pour priver la junte des moyens de fabriquer de la crédibilité et de la légitimité », a insisté M. Andrews. La junte avait annoncé la tenue d’élections nationales le 28 décembre, invoquant la nécessité de stabiliser le pays et de réduire les violences liées à la guerre civile en cours.

Cependant, ces élections sont largement considérées comme une tentative de légitimer un coup d’État. Human Rights Watch a critiqué la junte pour son recours systématique aux détentions arbitraires et pour l’augmentation alarmante des cas de violence sexuelle et sexiste. Des informations récentes font état de l’arrestation d’un homme pour avoir publié des messages « anti-électoraux » sur Facebook, et d’un potentiel candidat retenu par un groupe anti-junte dans la région de Magway, au centre du Myanmar selon des sources médiatiques.

Le Rapporteur spécial a également souligné le manque de réaction du Royaume-Uni face à la détérioration de la situation. « Alors que l’armée continue d’intensifier ses attaques contre des cibles civiles, aucune nouvelle sanction ciblée du Royaume-Uni n’a été imposée contre la junte depuis octobre 2024 et les voies de protection pour la population birmane désespérée semblent se rétrécir en raison des politiques récemment annoncées », a-t-il déploré.

M. Andrews a également exprimé sa frustration face à l’inefficacité du Conseil de sécurité de l’ONU, dont il est le rapporteur sur le Myanmar. Il a appelé le gouvernement britannique à accroître la visibilité de la crise et à exiger des comptes à la junte.

En novembre, Charles Kent, haut responsable des droits de l’homme au Royaume-Uni et expert de la situation au Myanmar, avait déjà exprimé les préoccupations de Londres concernant la violence croissante, notamment les actes de violence sexuelle et sexiste. Il avait déclaré :

« Un dialogue inclusif et l’instauration d’une confiance mutuelle seront essentiels pour changer cette situation. Nous appelons l’armée du Myanmar et les autres acteurs clés à permettre un accès humanitaire rapide, complet, sûr et sans entrave afin d’atténuer la situation humanitaire désastreuse, en particulier à Rakhine. »

Charles Kent, haut responsable des droits de l’homme au Royaume-Uni

« Le Royaume-Uni est clair sur le fait que toute élection significative nécessite la fin de la violence et le dialogue entre toutes les parties concernées. Nous continuons de soutenir les aspirations du peuple du Myanmar à un avenir pacifique et démocratique. Rien n’indique que les élections prévues répondront à ces aspirations ou seront perçues comme libres ou équitables. Dans les circonstances actuelles, les élections risquent de provoquer des violences et de mettre hors de portée de véritables solutions. »

Charles Kent, haut responsable des droits de l’homme au Royaume-Uni

La guerre civile au Myanmar se poursuit, avec des conséquences tragiques pour la population civile. Le 10 décembre 2025, une frappe aérienne de la junte a touché un hôpital de 300 lits dans l’ouest du pays, faisant au moins 34 morts et de nombreux blessés selon le Mécanisme d’investigation indépendant des Nations unies pour le Myanmar. Le droit international humanitaire protège spécifiquement les établissements médicaux contre les attaques.

La junte continue de bénéficier d’un soutien important en termes de technologies et d’équipements de la part de ses alliés, la Chine et la Russie, ce qui complique les efforts visant à mettre fin au conflit.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.