Publié le 13 décembre 2025 à 14h05. Les États-Unis envisagent de renforcer les contrôles à l’entrée de leur territoire en demandant aux voyageurs de quarante-deux pays, dont l’Irlande et la France, de fournir l’historique de leurs réseaux sociaux sur les cinq dernières années, une mesure qui suscite de vives inquiétudes et des critiques.
- Les autorités américaines pourraient exiger des voyageurs de partager des données personnelles détaillées, incluant l’historique de leurs réseaux sociaux, leurs adresses e-mail et leurs numéros de téléphone des dernières années.
- Le Taoiseach irlandais, Micheál Martin, a jugé cette proposition « irréalisable » et susceptible de créer d’importants embouteillages aux frontières.
- Le Département de la Sécurité intérieure américain précise que cette proposition n’est pas définitive et est soumise à une consultation publique de soixante jours.
La nouvelle politique envisagée par Washington concernerait les ressortissants de quarante-deux pays actuellement autorisés à entrer aux États-Unis sans visa grâce au Système électronique d’autorisation de voyage (ESTA). Parmi eux figurent l’Irlande, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, le Japon et l’Australie. Les voyageurs concernés devraient non seulement fournir l’historique de leurs activités sur les réseaux sociaux, mais également des informations telles que leurs adresses e-mail des dix dernières années, leurs numéros de téléphone des cinq dernières années, des données biométriques et des informations sur les membres de leur famille.
Micheál Martin a exprimé ses réserves quant à cette proposition, estimant qu’elle pourrait nuire aux liens historiques étroits entre l’Irlande et les États-Unis. Il a souligné l’importance de faciliter les voyages entre les deux pays et a mis en doute la faisabilité d’une telle mesure.
« Je pense qu’il existe de très bonnes relations historiques entre l’Irlande et les États-Unis. C’est un lien important et nous ne voudrions donc rien voir qui gênerait les voyages entre les deux pays et les peuples des deux pays. Je pense que (la proposition) n’est pas réalisable. »
Micheál Martin, Taoiseach irlandais
M. Martin a également fait part de son opinion sur le président américain Donald Trump, le décrivant comme une personnalité pragmatique qui privilégie l’efficacité.
« Il ne croit pas à une bureaucratisation excessive. Cette (proposition) entraverait considérablement les voyages. »
Micheál Martin, Taoiseach irlandais
Le Taoiseach a indiqué que son gouvernement s’efforcera de dialoguer avec les autorités américaines pour faire part de ses préoccupations. Il a également souligné la complexité logistique d’une telle demande, évoquant la quantité considérable de données que les voyageurs devraient fournir et le temps nécessaire pour les examiner.
Le Département de la Sécurité intérieure américain a précisé que cette proposition est encore à l’étude et que le public dispose de soixante jours pour soumettre ses commentaires. Cette période de consultation permettra de recueillir les avis des différentes parties prenantes avant de prendre une décision finale.