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Mise à jour sur les propositions de la Namibie sur la corne de rhinocéros

Publié le 15 décembre 2025 à 12h54. Lors de la 20e Conférence des Parties (COP20) à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES) en Ouzbékistan, des propositions controversées de la Namibie concernant le commerce…

Mise à jour sur les propositions de la Namibie sur la corne de rhinocéros

Publié le 15 décembre 2025 à 12h54. Lors de la 20e Conférence des Parties (COP20) à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES) en Ouzbékistan, des propositions controversées de la Namibie concernant le commerce de la corne de rhinocéros ont été rejetées, révélant des divisions profondes sur la meilleure façon de protéger ces espèces vulnérables.

  • Deux propositions namibiennes visant à légaliser le commerce de la corne de rhinocéros blanc et noir ont été rejetées par les États membres de la CITES.
  • Les inquiétudes concernant l’impact d’un commerce légal sur la lutte contre le braconnage et le marché noir ont été au cœur des débats.
  • Save the Rhino, observateur à la COP20 pour la première fois, partage les préoccupations exprimées par plusieurs pays.

La conservation des rhinocéros représente un défi complexe et mondial, impliquant les pays où ces animaux vivent, ceux où la corne est consommée, et les nations traversées par les réseaux de commerce illégal. L’Ouzbékistan, en Asie centrale, a accueilli ce mois-ci la COP20 de la CITES, une conférence cruciale marquant 50 ans de réglementation du commerce international des espèces sauvages. Cet événement a rassemblé gouvernements, experts et organisations non gouvernementales, dont Save the Rhino, qui y participait pour la première fois en tant qu’observateur.

Les discussions sur la situation des rhinocéros ont débuté en fin de semaine lors de la COP20, avec la présentation de deux propositions par la Namibie. La première, disponible ici, visait à modifier les règles pour autoriser, entre autres, la vente légale des stocks de corne de rhinocéros blanc. Si de nombreux pays ont salué les efforts de conservation de la Namibie – une position soutenue par Save the Rhino qui reconnaît le travail du ministère namibien de l’Environnement, des Forêts et du Tourisme – d’autres, dont l’Union européenne (UE) et ses États membres, le Kenya et les États-Unis, ont exprimé des réserves. Ils craignent qu’un commerce légal parallèle ne surcharge les ressources dédiées à la lutte contre le braconnage et ne stimule les activités illégales. Save the Rhino partage ces inquiétudes.

Plusieurs autres pays, notamment le Botswana, la République démocratique du Congo, l’Eswatini, le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe, ainsi que la Chine et le Japon, ont exprimé leur soutien aux propositions namibiennes. Ils ont souligné la nécessité d’un financement durable pour la conservation des rhinocéros et le potentiel d’un commerce réglementé. La Namibie a demandé un vote secret, qui a abouti à 31 voix pour, 70 contre et 18 abstentions, soit loin de la majorité des deux tiers requise. Malgré le caractère secret du vote, les gouvernements du Royaume-Uni et des États-Unis ont publiquement annoncé leur opposition.

La seconde proposition de la Namibie portait sur le transfert de sa population de rhinocéros noirs de l’Annexe I (espèces menacées d’extinction) à l’Annexe II (espèces dont le commerce est réglementé), ce qui aurait également permis le commerce légal de leurs cornes. L’Eswatini, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe et le Japon ont exprimé leur soutien. Le Zimbabwe a insisté sur la nécessité d’un dialogue spécifique entre les pays abritant des rhinocéros sur le financement à long terme de leur conservation, une idée que Save the Rhino juge pertinente. Une fois de plus, l’UE et ses États membres, le Kenya, les États-Unis et d’autres pays se sont opposés, tout en reconnaissant les succès de la Namibie en matière de conservation. Après un nouveau vote secret, cette proposition a également été rejetée (28 voix pour, 80 contre, 9 abstentions). L’UE et ses États membres, le Royaume-Uni et les États-Unis ont confirmé leur vote négatif, tandis que la Chine a indiqué avoir voté en faveur.

Save the Rhino se dit satisfait des décisions prises. L’organisation reconnaît les difficultés financières et logistiques rencontrées par les pays abritant des rhinocéros, ainsi que la nécessité d’un financement durable à long terme, mais estime que les propositions namibiennes ne fournissaient pas suffisamment de garanties concernant la gestion d’un commerce légal de corne. Des questions cruciales restaient sans réponse, notamment la manière de contrôler le commerce dans les pays importateurs (qui ont déjà des interdictions nationales), de prévenir les fuites vers le marché noir, de comprendre l’impact des changements d’offre sur la demande des consommateurs, et de régir les ventes, les exportations et la vérification des partenaires commerciaux. La Namibie avait proposé de confier cette vérification au Secrétariat de la CITES, mais n’avait pas démontré sa capacité à assumer cette responsabilité. Save the Rhino craint qu’une approbation des propositions n’ait accru les risques pour les populations de rhinocéros blancs et noirs en Namibie, dans d’autres pays d’accueil et pour d’autres espèces.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.