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Noeud caucasien | Des militants de cinq pays ont honoré la mémoire d’Aishat Baimuradova

Publié le 16 décembre 2023. Des hommages ont été rendus à Aishat Baimuradova, une jeune femme tchétchène assassinée à Erevan après avoir fui les violences conjugales, dans plusieurs villes européennes et sud-américaines, mettant en lumière la vulnérabilité des…

Noeud caucasien | Des militants de cinq pays ont honoré la mémoire d’Aishat Baimuradova

Publié le 16 décembre 2023. Des hommages ont été rendus à Aishat Baimuradova, une jeune femme tchétchène assassinée à Erevan après avoir fui les violences conjugales, dans plusieurs villes européennes et sud-américaines, mettant en lumière la vulnérabilité des femmes dissidentes originaires du Caucase.

  • Aishat Baimuradova, 23 ans, a été retrouvée morte à Erevan le 19 octobre, après avoir publiquement critiqué le régime de Ramzan Kadyrov en Tchétchénie.
  • Des rassemblements commémoratifs ont eu lieu le 15 décembre à Vilnius, Helsinki, Paris, Madrid et Buenos Aires, avec dépôt de fleurs et de bougies devant les ambassades d’Arménie et de Russie.
  • Les militants des droits de l’homme soulignent la difficulté pour les femmes fuyant le Caucase de trouver protection et de rompre avec les réseaux qui pourraient les exposer à de nouveaux dangers.

Le meurtre d’Aishat Baimuradova a suscité une vive émotion et des manifestations dans plusieurs pays. La jeune femme, originaire de Tchétchénie, avait fui la Russie pour échapper à des violences domestiques, mais avait continué à exprimer ses opinions critiques à l’égard des autorités tchétchènes sur les réseaux sociaux. Selon le groupe de crise SOS*, elle a subi de longues souffrances avant de succomber. Les enquêteurs arméniens ont sollicité l’aide de la Russie pour identifier d’éventuels proches souhaitant récupérer son corps, mais jusqu’à présent, personne ne s’est manifesté.

Karina Iminova, qui avait rencontré Aishat peu avant sa mort, et Said-Khamzat Baisarov, un homme originaire de Tchétchénie, ont été aperçus à proximité du lieu où le corps d’Aishat a été découvert, selon des informations rapportées par le site Caucasian Knot. La cause officielle du décès n’a pas encore été rendue publique.

Les organisations de défense des droits de l’homme insistent sur la vulnérabilité particulière des femmes fuyant le Caucase, confrontées à la nostalgie et à la tentation de renouer des contacts avec des personnes de leur région d’origine, ce qui peut compromettre leur sécurité et leur demande d’asile. Elles appellent le gouvernement arménien à mener une enquête approfondie sur ce meurtre et à assurer la protection des femmes ayant fui la Tchétchénie et d’autres régions du Caucase du Nord. Lors d’un rassemblement à Erevan, les manifestants ont réclamé une protection étatique pour ces femmes.

Svetlana Anokhina, fondatrice de l’organisation de défense des droits humains Marem, a souligné qu’Aishat avait été avertie des risques liés à son utilisation des réseaux sociaux, mais qu’elle avait eu du mal à renoncer à une certaine visibilité.

« Elle entretenait des comptes sur les réseaux sociaux, en utilisant son propre nom et en géolocalisant. De toute évidence, c’était très dangereux. Beaucoup sont indignés dans les commentaires : ‘Pourquoi ne l’avez-vous pas suivie plus loin ?’ Parce qu’elle courait pour la liberté et l’indépendance, pas pour passer d’une addiction à une autre. Nous pouvons aider, nous pouvons conseiller, nous pouvons avertir, mais nous ne pouvons pas commander à une personne vivante. Si quelqu’un se cache et vit comme une souris, il est peu probable qu’il soit retrouvé rapidement. Mais c’est très difficile de vivre comme une souris quand on a 20 ans et qu’on a vécu comme une souris toute sa vie. C’est suffisant et vous voulez juste une vie humaine normale »

Svetlana Anokhina, fondatrice de l’organisation de défense des droits humains Marem

Les militants qui préparent les funérailles d’Aishat en Arménie craignent de ne pas pouvoir récupérer son corps à la morgue, en raison du refus de sa famille de le prendre en charge, selon le site Paper Kartuli.

* Entité répertoriée comme agent étranger.

** Meta (société mère de Facebook, Instagram et WhatsApp) est interdite en Russie.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.