Susie Wiles, la chef de cabinet discrète de Donald Trump, a brisé une règle d’or de la Maison Blanche en devenant elle-même l’objet de l’actualité. Des révélations explosives, issues d’un long entretien avec le magazine Vanity Fair, ont mis en lumière ses opinions tranchées sur le président et son entourage, suscitant la surprise et, contre toute attente, un soutien inattendu.
L’article, publié ce jour, relate les réflexions sans filtre de Mme Wiles, habituellement très réservée. Elle a notamment décrit la personnalité de Donald Trump comme celle d’un « alcoolique » et qualifié Elon Musk de « consommateur avoué de kétamine ». Ces déclarations, d’une franchise inhabituelle pour une conseillère aussi proche du pouvoir, interviennent à un moment délicat pour l’administration Trump, déjà confrontée à une série de revers électoraux et à des controverses grandissantes.
Contrairement à d’autres figures ayant quitté l’orbite de Trump après des prises de parole publiques, Mme Wiles n’a pas été sanctionnée. Au lieu de cela, le président a choisi de ne pas commenter publiquement l’affaire, tandis que plusieurs membres de son cabinet se sont mobilisés pour la défendre. Donald Trump Jr. a ainsi publié un message sur les réseaux sociaux saluant sa loyauté : « Elle était une combattante loyale pour lui dès son arrivée à bord. Quand les choses étaient difficiles et que d’autres supposés amis quittaient mon père comme une bande de rats, Susie se tenait à ses côtés. »
Cette réaction a surpris de nombreux observateurs, qui y voient la preuve de l’importance cruciale de Mme Wiles pour le président. Elle est créditée d’avoir instauré une discipline et une stabilité au sein d’une équipe souvent perçue comme chaotique, et d’avoir joué un rôle déterminant dans le retour politique de Trump et le début de son second mandat.
Mme Wiles a révélé à Vanity Fair que Trump avait envisagé d’utiliser la force militaire contre des navires vénézuéliens soupçonnés de trafic de drogue, dans le but de forcer le dirigeant de ce pays à démissionner. Elle a également qualifié le vice-président J.D. Vance de « théoricien du complot depuis une décennie » et Russell Vought, le directeur du budget, de « fanatique de droite ».
La collaboration de Mme Wiles avec le journaliste Chris Whipple n’était pas un secret. Elle s’est entretenue avec lui à onze reprises au cours de l’année écoulée, et a même accueilli l’auteur dans son bureau, un lieu stratégique de l’aile ouest. D’autres hauts fonctionnaires, dont M. Vance, Stephen Miller et Karoline Leavitt, ont également participé à cet entretien.
Mme Wiles a tenté de minimiser l’impact de ses déclarations, affirmant que ses propos avaient été sortis de leur contexte. Elle a notamment contesté les affirmations concernant la consommation de drogue d’Elon Musk, qualifiant ces allégations de « ridicules ». Cependant, le magazine a publié des enregistrements de ses conversations, confirmant l’exactitude des citations.
Trump a même confirmé l’évaluation de Mme Wiles concernant sa propre personnalité, déclarant au New York Post qu’il avait « une personnalité d’alcoolique ». Il a ajouté qu’il n’était pas offensé par cette comparaison, soulignant que son père, une légende du football américain, avait également eu des problèmes d’alcool.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Mme Wiles a dénoncé l’article comme une « œuvre de fiction trompeuse ». Karoline Leavitt a fait de même, affirmant que Donald Trump n’avait « aucune conseillère plus grande ou plus fidèle que Susie ». Plusieurs autres hauts fonctionnaires ont également pris la parole pour la soutenir publiquement.
À ce stade, l’avenir de Mme Wiles au sein de l’administration Trump semble assuré. Cependant, l’affaire intervient à un moment où l’équipe du président est confrontée à des défis importants, notamment des résultats électoraux décevants et des controverses croissantes. Certains observateurs estiment qu’un remaniement pourrait être envisagé dans les mois à venir.
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