Publié le 18 décembre 2025 à 09h00. Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles pour tenter de débloquer le financement de l’aide à l’Ukraine, une question cruciale à l’heure où l’aide américaine est incertaine et où Kiev fait face à des besoins urgents.
- L’Union européenne examine la possibilité de recourir aux avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine, sous forme de prêt.
- La crédibilité de l’UE est en jeu, tant sur le plan de son soutien à l’Ukraine que dans ses négociations commerciales internationales, notamment avec le Mercosur.
- Le Premier ministre polonais Donald Tusk a souligné l’urgence de la situation, affirmant qu’il s’agit de choisir entre dépenser de l’argent aujourd’hui ou du sang demain.
À Bruxelles, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne sont confrontés à un défi majeur : trouver un accord sur le financement de l’aide économique et militaire à l’Ukraine pour les années à venir. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été invité à participer aux discussions, soulignant l’importance de cette réunion pour Kiev.
La proposition la plus débattue consiste à utiliser les avoirs de l’État russe, gelés par les sanctions européennes, pour accorder un prêt à l’Ukraine. Ce prêt ne serait remboursé que si la Russie acceptait de payer des réparations après la guerre, une condition que Moscou rejette fermement. La Russie a déjà qualifié ce plan d’illégal.
La chancelière allemande Frédéric Merz a exprimé son soutien à cette solution, tout en reconnaissant les réticences de certains pays, notamment la Belgique.
« Vous connaissez ma position. Je pense que, comme la Commission l’a proposé, nous devons utiliser les avoirs russes pour soutenir l’Ukraine au moyen d’un prêt. Soit nous utilisons les avoirs, qui sont gelés, soit nous devons aider l’Ukraine avec la dette européenne. Je sais que certains ont des réserves, notamment le gouvernement belge, mais je pense qu’elles peuvent être surmontées. »
Frédéric Merz, chancelière allemande
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a adopté un ton plus alarmiste, mettant en garde contre les conséquences d’un échec à trouver un accord.
« L’alternative est claire. Soit nous donnons de l’argent aujourd’hui, soit nous donnerons du sang demain. Et je parle de l’Europe. »
Donald Tusk, Premier ministre polonais
Il n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes après cette déclaration.
L’enjeu dépasse le simple soutien financier à l’Ukraine. L’Union européenne risque de perdre de sa crédibilité auprès des États-Unis, notamment après la décision de Donald Trump de réduire l’aide américaine à Kiev. Si aucun accord n’est trouvé, l’Ukraine pourrait se retrouver à court de ressources dès le premier trimestre 2026. Selon Frédéric Merz, un tel scénario compromettrait gravement la capacité d’action de l’UE pour les années à venir.
Parallèlement à la question ukrainienne, les dirigeants européens pourraient également parvenir à un accord concernant la signature d’un accord de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). Le président brésilien Lula da Silva a récemment insisté pour que cet accord soit finalisé. Frédéric Merz a souligné l’importance de cet accord pour maintenir la crédibilité de l’UE dans le domaine du commerce international. Lula da Silva a récemment lancé un ultimatum pour la signature de cet accord.
Le gouvernement allemand a déjà approuvé la signature de l’accord avec le Mercosur, et Frédéric Merz en est l’un des principaux défenseurs, le considérant comme une étape stratégique pour faire face aux turbulences du commerce mondial. L’Allemagne a donné son feu vert à cet accord.