Publié le 18 décembre 2025. Dans son message pour la Journée mondiale de la paix 2026, le pape Léon XIV a dénoncé la montée des tensions internationales et l’augmentation des dépenses militaires, appelant à une conversion spirituelle et à un désarmement total pour parvenir à une paix durable.
- Le pape Léon XIV s’oppose fermement à la dissuasion fondée sur la force, notamment la dissuasion nucléaire, qu’il juge irrationnelle et source d’instabilité.
- Il met en garde contre une banalisation de la guerre, où la préparation au conflit est perçue comme de la prudence et le désarmement comme de la naïveté.
- Le message pontifical souligne l’importance de désarmer non seulement les armes, mais aussi les cœurs et les esprits, en cultivant la confiance mutuelle et le dialogue.
Alors que l’Église catholique célèbre la Journée mondiale de la paix le 1er janvier, le pape Léon XIV a publié son premier message sur le thème, alertant sur un climat mondial marqué par la peur et la militarisation croissante. Il a dénoncé une rhétorique qui tend à présenter la guerre comme inévitable, voire nécessaire, et a plaidé pour une approche radicalement différente, fondée sur la non-violence et la recherche de la paix par des moyens pacifiques.
Le pape a cité les paroles du Seigneur Jésus ressuscité : « La paix soit avec vous ! » (Jean 20, 19 et 21), soulignant que cette salutation n’est pas seulement une bénédiction, mais une force transformatrice qui agit en profondeur dans le cœur de ceux qui la reçoivent. Il a affirmé que la paix chrétienne est une force active qui résiste et résout la violence.
Léon XIV a mis en évidence l’impact de la peur dans les relations internationales. Il a averti que lorsque la paix n’est plus une priorité, les sociétés sont plus susceptibles d’accepter des justifications à la guerre. Il a critiqué le concept de dissuasion militaire, en particulier la dissuasion nucléaire, la qualifiant d’expression d’une irrationalité basée sur la domination de la peur et de la force, plutôt que sur le droit, la justice et la confiance. Selon lui, cette attitude ne renforce pas la sécurité, mais alimente l’instabilité et l’anxiété.
Le message pontifical s’appuie également sur les enseignements de saint Jean XXIII, rappelant que les populations sont souvent prises au piège de la peur et que les armes existantes ont le potentiel de provoquer des destructions catastrophiques. Le pape a souligné que les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 9,4 % en 2024, illustrant une tendance inquiétante.
Le pape Léon XIV a dénoncé un changement d’attitude politique et culturelle qui tend à considérer la préparation à la guerre comme une forme de prudence et le désarmement comme une naïveté. Il a mis en garde contre le risque que l’agression prenne le dessus dans les familles et dans la vie publique si la paix n’est pas perçue comme une valeur essentielle à protéger et à entretenir.
Il a également souligné le rôle des nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, dans la prise de décision militaire, notant que ces avancées entraînent des changements sans précédent et potentiellement dévastateurs dans la manière dont les conflits sont envisagés et menés.
Le message pontifical propose une voie alternative, celle de l’Évangile, qui relie la paix et la non-violence. Le pape a rappelé que la paix du Seigneur Jésus ressuscité est une paix désarmée, car il n’a pas eu recours à la violence dans sa propre vie et son ministère. Il a cité l’épisode où Jésus demande à ses disciples de rengainer leurs épées (Jean 18, 11 ; Matthieu 26, 52), soulignant que les chrétiens sont appelés à témoigner de cette paix par leur vie.
Le pape Léon XIV a insisté sur la nécessité d’un désarmement total, qui ne se limite pas aux armes, mais implique également un désarmement des cœurs et des esprits. Il a cité saint Jean XXIII, affirmant que « sans désarmement total, c’est-à-dire sans désarmer l’âme et sans baisser sincèrement la garde, il est impossible ou presque impossible de désarmer les armements utilisés dans la guerre ». Il a souligné qu’il faut s’attaquer à la racine de la peur, en renouvelant la raison et le cœur, et en remplaçant la suspicion par la confiance.
Le message s’adresse également aux responsables politiques, appelant à un renouvellement des engagements en matière de diplomatie, de médiation et de droit international. Le pape a déploré la violation des traités et le déclin des institutions internationales. Il a affirmé que la paix n’est pas une utopie, mais un choix qui incombe à chaque individu, à chaque groupe et à chaque gouvernement.
S’inspirant des réflexions du pape François, il a mis en garde contre les rhétoriques qui présentent la guerre comme inévitable, les qualifiant d’outils de contrôle. Il a conclu en invitant le monde à « forger des épées pour en faire des houes » (Isaïe 2, 4-5), en désarmant les cœurs, la raison et la vie, et en faisant confiance aux promesses de Dieu.
« La paix existe maintenant et désire habiter en nous », a-t-il écrit, soulignant que notre mission n’est pas de créer la paix, mais de la recevoir et, ce faisant, de désarmer.