Publié le 19 décembre 2025 à 22h23. L’Ukraine a affirmé avoir frappé un pétrolier appartenant à la « flotte fantôme » russe en Méditerranée, marquant une première opération militaire de Kiev en haute mer depuis le début de la guerre. Cette frappe intervient alors que des négociations de paix sont en cours avec les États-Unis, tandis que Moscou maintient une position ferme et accuse l’Occident.
- L’Ukraine revendique une attaque réussie contre un pétrolier russe en Méditerranée, à environ 2 000 kilomètres de ses frontières.
- Cette opération cible une flotte de navires servant à contourner les sanctions occidentales et à financer l’effort de guerre russe.
- Des négociations de paix entre l’Ukraine et les États-Unis sont en cours, mais Vladimir Poutine estime que la responsabilité de trouver une solution repose sur Kiev et ses alliés occidentaux.
L’Ukraine a annoncé avoir mené une attaque de drone contre le pétrolier QENDIL, appartenant à la « flotte fantôme » russe, dans les eaux internationales de la mer Méditerranée. Selon une source du Service de sécurité ukrainien (SBU), il s’agit d’une « opération spéciale sans précédent », la première action militaire de Kiev en Méditerranée. Le navire, qui circulait à vide au moment de l’attaque, aurait subi des « dommages critiques » et ne serait plus opérationnel. L’opération ne présenterait aucun risque environnemental.
Cette flotte, estimée à jusqu’à 1 000 navires changeant régulièrement de pavillon et d’attribution, permet à Moscou de continuer à exporter son pétrole brut et de générer des revenus malgré les sanctions internationales. Des experts et plusieurs responsables européens estiment également que certains de ces navires sont utilisés par la Russie pour mener une guerre hybride sur le continent.
La source du SBU a souligné que cette attaque visait à perturber le financement de l’effort de guerre russe, affirmant que le pétrolier était utilisé pour contourner les sanctions occidentales. Elle a ajouté :
« L’ennemi doit comprendre que l’Ukraine ne s’arrêtera pas et qu’elle le frappera n’importe où dans le monde, où qu’il se trouve. »
Source du SBU
Cette frappe méditerranéenne intervient alors que Kiev a déjà revendiqué des attaques similaires contre des pétroliers liés à la Russie au large des côtes turques de la mer Noire, suite à des explosions ayant touché deux navires vides.
Parallèlement, des négociations de paix sont en cours entre l’Ukraine et les États-Unis. Rustem Umerov, chef de la délégation ukrainienne, a déclaré après des discussions avec l’équipe américaine que des « mesures supplémentaires » avaient été convenues et que le travail commun se poursuivrait. Il a précisé avoir informé le président Volodymyr Zelensky des résultats des négociations. Avant les pourparlers, M. Umerov avait indiqué que les partenaires européens de Kiev seraient également impliqués, insistant sur la nécessité de garanties de sécurité « fiables et à long terme » pour l’Ukraine.
L’administration américaine, représentée par Steve Witkoff et Jared Kushner, s’efforce de trouver une issue au conflit. Des discussions ont eu lieu à Berlin avec des responsables ukrainiens et européens, et une rencontre avec une délégation russe est prévue à Miami ce week-end. Selon un responsable de la Maison Blanche, les discussions portent sur un cadre de paix en 20 points, des garanties de sécurité et un plan de reconstruction pour l’Ukraine, bien qu’aucun accord final n’ait été trouvé, notamment en ce qui concerne les questions territoriales.
De son côté, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la responsabilité de trouver une solution au conflit reposait sur l’Occident et Kiev. Lors de sa conférence de presse annuelle, il a salué les récents progrès de l’armée russe sur le champ de bataille et a menacé de nouvelles offensives si les pourparlers échouaient. Il a également affirmé que la Russie n’attaquerait pas d’autres pays, à condition qu’ils soient traités « avec respect ». M. Poutine a également mis en garde contre des conséquences « graves » si l’Union européenne devait adopter des propositions visant à utiliser les avoirs russes gelés pour financer la reconstruction et la défense de l’Ukraine. Plus d’informations sur les discussions de l’UE sur les avoirs russes.
M. Poutine a également affirmé que les troupes russes progressaient sur l’ensemble de la ligne de front en Ukraine et s’attend à de nouveaux succès avant la fin de l’année. Il a nié être responsable des pertes humaines et a réaffirmé que la Russie n’avait pas déclenché la guerre.
« Nous n’avons pas déclenché cette guerre. Nous ne nous considérons pas responsables des pertes humaines. »
Vladimir Poutine, président russe
Le président Zelensky, lors d’une visite à Varsovie, a quant à lui affirmé que la Russie viendrait au secours de la Pologne si l’Ukraine tombait.