Publié le 26 juin 2024. L’Union européenne va instaurer une taxe de 3 euros sur les petits colis en provenance de Chine, notamment ceux commandés sur des plateformes comme Temu et Shein, afin de protéger les consommateurs et l’industrie européenne face à la concurrence déloyale.
- Une taxe de 3 euros sera appliquée à tous les colis de faible valeur entrant dans l’UE à partir du 1er juillet 2026.
- Cette mesure est une solution temporaire en attendant la suppression totale des exonérations douanières en 2028 avec la mise en place d’un nouveau système douanier.
- L’association slovaque E-commerce Slovaquie met en garde contre les risques liés aux achats sur les plateformes chinoises, soulignant des problèmes de sécurité et de garantie.
Les ministres des Finances européens ont trouvé un accord la semaine dernière pour imposer une redevance de 3 euros sur les expéditions de faible valeur provenant de pays tiers. Cette décision, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2026, vise à pallier les lacunes du système actuel et à protéger les entreprises européennes face à la concurrence des produits à bas prix, souvent vendus sans les mêmes garanties ni les mêmes normes de sécurité.
Initialement, certains États membres, comme la France et la Belgique, avaient proposé une taxe de 2 euros. L’Italie, de son côté, avait insisté sur la nécessité d’une telle mesure pour défendre son industrie de la mode, particulièrement touchée par les pratiques de bradage.
Cette taxe est considérée comme une mesure transitoire. L’annulation complète des exonérations douanières pour les envois de moins de 150 euros (environ 165 dollars américains) n’est pas prévue avant 2028, avec la mise en service d’un nouveau système douanier plus performant.
Parallèlement à cette annonce, la France et l’Irlande demandent un renforcement des contrôles physiques pour les colis considérés comme à risque, ainsi que la publication d’une liste des produits dangereux retirés des plateformes de vente en ligne. Elles souhaitent également des audits approfondis pour garantir la sécurité des produits et identifier les vendeurs individuels.
E-commerce Slovaquie alerte sur les dangers des achats en ligne sur les plateformes chinoises
En novembre dernier, l’association slovaque E-commerce Slovaquie, qui regroupe des acteurs majeurs du commerce électronique comme GymBeam, Muziker, Martinus et MTBIKER, avait déjà tiré la sonnette d’alarme concernant les risques liés aux achats sur des plateformes telles que Temu, Shein et AliExpress. Selon l’association, les produits moins chers provenant de pays tiers présentent souvent un risque accru pour les consommateurs.
Michal Král, fondateur et président d’E-commerce Slovaquie, explique :
« Le client peut avoir l’impression que les marchandises deviennent de plus en plus chères. Cependant, il est nécessaire de rappeler que les boutiques en ligne équitables slovaques ou européennes doivent remplir les obligations découlant de la législation européenne – par exemple, fournir une garantie de 2 ans ou garantir la sécurité du produit. Pour les plateformes de pays tiers, contrôler le respect de ces obligations peut être plus difficile. »
L’association souligne plusieurs problèmes persistants :
- La complexité des démarches pour obtenir un remboursement lorsque les plateformes renvoient la responsabilité aux vendeurs individuels.
- Une protection insuffisante contre les contrefaçons et les produits dangereux.
- La présence de produits à risque, non certifiés, notamment dans les catégories de l’électronique et des jouets pour enfants.
Michal Král ajoute :
« Certaines places de marché en ligne donnent l’impression qu’ils vendent eux-mêmes les produits. Cependant, en réalité, dans la plupart des cas, le produit n’est pas vendu au client, par exemple par Temu ou Shein, mais souvent par une personne inconnue. Toute réclamation doit être traitée directement par ce vendeur, avec lequel le client n’a cependant souvent pas de contact approprié. »
Selon les données du système européen Safety Gate (anciennement RAPEX), jusqu’à 70 à 80 % des produits dangereux détectés par les autorités européennes proviennent de vendeurs non vérifiés sur les grandes plateformes de marché. Il s’agit le plus souvent de jouets pour enfants contenant de petites pièces, de produits cosmétiques sans étiquetage des ingrédients ou d’appareils électroniques non certifiés.
Bien que cette nouvelle taxe douanière ne soit qu’une solution provisoire, E-commerce Slovaquie insiste sur la nécessité de sensibiliser les consommateurs à la différence entre les boutiques en ligne européennes, qui respectent les normes et les réglementations en vigueur, et les plateformes à risque de pays tiers. Un prix plus bas peut cacher un risque accru, que ce soit en termes de qualité, de garantie ou de sécurité des produits.