Après deux saisons passées au FC Séoul, l’ancien milieu de terrain de Manchester United, Jesse Lingard, fait le bilan d’une expérience enrichissante en Corée du Sud, marquée par des découvertes culturelles surprenantes et une adaptation sportive exigeante, alors qu’il se prépare à relever de nouveaux défis.
Lingard, âgé de 33 ans, se dit satisfait de sa maîtrise du coréen, suffisante pour échanger lors d’un dîner et se faire comprendre. Son aventure en K-League, débutée avec de grandes ambitions, s’achève avec un sentiment d’accomplissement, mais aussi le souvenir de moments inattendus. Parmi eux, une expérience culinaire mémorable : « La nourriture est évidemment différente et j’ai essayé du poulpe vivant, raconte-t-il. C’était émouvant. J’avais peur au début, mais tout s’est bien passé. »
L’ancien international anglais a été frappé par la réaction des habitants de Séoul à sa présence. « C’est toujours comme : ‘Oh !’ », imite-t-il, décrivant l’étonnement et l’enthousiasme des fans. « Ils sont très choqués, puis ils disent : ‘Lingard, Lingard’ et viennent prendre une photo. »
Cependant, l’expérience n’a pas toujours été idyllique. Lingard se souvient d’une série de cinq défaites consécutives à domicile la saison dernière, qui avait provoqué la colère des supporters. « Ils attendaient à l’extérieur du stade et bloquaient le bus pendant une heure, obligeant l’entraîneur à venir leur parler, explique-t-il. C’était fou. Séoul est le plus grand club du pays, et l’attente de gagner est toujours très forte, comme à United. »
Lingard estime avoir laissé une empreinte positive au sein du club. « Je pense que j’ai laissé un héritage solide », affirme-t-il. Il souligne également sa transformation personnelle durant son séjour en Corée du Sud. « Je sens que je suis plus mature maintenant, plus responsable », explique-t-il, évoquant son rôle de capitaine et son implication dans le développement des jeunes joueurs.
Après une période d’incertitude suite à son départ de Nottingham Forest, Lingard a saisi l’opportunité offerte par le FC Séoul en février 2024. Il avait continué à s’entraîner avec son préparateur physique pendant six mois, attendant le bon moment. Cette période a également été marquée par le deuil de sa grand-mère, un événement douloureux qu’il interprète comme un signe du destin : « Je pensais que c’était Dieu qui disait : ‘Sois simplement avec elle, sois avec ta famille, et attends jusqu’en janvier.’ C’est à ce moment-là que Séoul est arrivé. »
Sur le terrain, Lingard a démontré une condition physique impressionnante, courant entre 11,4 et 12,4 km lors de ses quatre derniers matchs avec Séoul, dont une part significative à haute intensité. Il a terminé la saison 2024 avec six buts et trois passes décisives en 26 apparitions, contribuant à la qualification du club pour la Ligue des champions asiatique. La saison suivante, il a inscrit 10 buts et délivré quatre passes décisives en 34 matchs de championnat.
Lingard a également souligné les particularités des infrastructures du club, notamment l’absence de cantine et de chauffage au sol sur le terrain d’entraînement. « S’il neige ou s’il est verglacé, vous ne pouvez pas vous entraîner », explique-t-il. « Nous avons dû faire de la gymnastique ou courir sur l’Astroturf. »
Il insiste sur l’importance du soutien qu’il a reçu de son traducteur, Ki Ji-yong, surnommé Daniel, et de ses coéquipiers. Il a également noué une amitié avec un jeune joueur, Ham Sun-woo, qui l’a aidé à apprendre le coréen. « Au début, nous parlions par l’intermédiaire du traducteur, mais il captait les petits mots que je disais et je reprenais ses mots en coréen. C’est comme ça que j’ai appris », raconte-t-il. « Nous pouvions aller dîner seuls parce que nous pouvions communiquer les uns avec les autres. »
Lingard est désormais de retour à Warrington, sa ville natale, et attend avec impatience de passer les fêtes de Noël en famille. Il se dit « ouvert » à toutes les opportunités pour la suite de sa carrière. « L’Europe, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis… », énumère-t-il, sans se fermer de portes.