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Les réfugiés syriens font face à des souffrances « insupportables » au Liban alors que le Taoiseach accélère la réinstallation – The Irish Times

Publié le 21 décembre 2025 à 13h24. Des réfugiés syriens, ayant reçu la promesse d'une réinstallation en Irlande il y a plus de trois ans, dénoncent une situation humanitaire insoutenable au Liban, tandis que Dublin peine à honorer…

Les réfugiés syriens font face à des souffrances « insupportables » au Liban alors que le Taoiseach accélère la réinstallation – The Irish Times

Publié le 21 décembre 2025 à 13h24. Des réfugiés syriens, ayant reçu la promesse d’une réinstallation en Irlande il y a plus de trois ans, dénoncent une situation humanitaire insoutenable au Liban, tandis que Dublin peine à honorer ses engagements.

  • Plus de 60 réfugiés syriens attendent toujours de pouvoir quitter le Liban pour l’Irlande, malgré une sélection positive intervenue en 2022.
  • Le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a reconnu la situation lors d’une visite au Liban, promettant d’« accélérer » le processus, mais sans rencontrer les personnes concernées.
  • Des familles vivent dans des conditions précaires, confrontées à la discrimination, au manque de soins médicaux et à l’incertitude quant à leur avenir.

La promesse d’un nouveau départ s’éloigne pour des dizaines de réfugiés syriens bloqués au Liban. En novembre 2022, une délégation irlandaise avait sélectionné environ 375 personnes pour une réinstallation en Irlande, leur assurant un départ possible avant la fin de 2023. Plus de trois ans plus tard, seulement quatre familles ont pu effectuer le voyage en octobre 2024, laissant les autres dans une situation de plus en plus désespérée.

La situation est d’autant plus préoccupante que certains réfugiés ont été à nouveau déplacés par les récents affrontements entre Israël et le Hezbollah. L’Irish Times avait déjà rapporté les conséquences de ces retards, avec des vies mises en suspens. Tragiquement, une fillette de trois ans est décédée dans l’attente, ses parents estimant qu’elle aurait pu survivre avec des soins médicaux appropriés en Irlande.

Sur les 62 personnes toujours en attente, 42 sont concernées par un programme de parrainage communautaire et 20 par un programme de réinstallation classique, selon un porte-parole du ministère irlandais de la Justice, de l’Intérieur et de la Migration. Le programme de réinstallation des réfugiés vise à offrir un nouveau départ aux personnes les plus vulnérables du monde.

Alors que le régime de Bachar al-Assad reste au pouvoir en Syrie, le pays est ravagé par près de 14 ans de guerre civile et de violences sectaires. Les réfugiés interrogés par l’Irish Times affirment que leurs maisons ont été détruites et qu’il n’y a plus aucun espoir de retour. Au Liban, ils craignent une escalade des tensions avec Israël, suite au délai fixé pour le désarmement du Hezbollah. Pour eux, l’Irlande représente leur dernière chance d’assurer un avenir sûr à leurs enfants.

Asmahan (17 ans) et Mustafa Al-Hamid (14 ans) attendent de partir de Syrie pour se rendre en Irlande après que des centaines de personnes se soient vu promettre une réinstallation ici. Photographie : Sally Hayden
Asmahan (17 ans) et Mustafa Al-Hamid (14 ans) attendent de partir de Syrie pour se rendre en Irlande après que des centaines de personnes se soient vu promettre une réinstallation ici. Photographie : Sally Hayden

Khetam Sorour, 43 ans, son mari Marwan Al-Hamid, 46 ans, et leurs trois enfants âgés de 8 à 17 ans, font partie de ceux qui attendent. La famille a passé deux examens médicaux, étape préalable au voyage, mais n’a depuis reçu aucune nouvelle.

« Ma famille et moi souffrons toujours. Nous sommes tellement fatigués. La vie s’est complètement arrêtée pour nous. »

Khetam Sorour, réfugiée syrienne au Liban

Elle explique que sa famille est victime de discrimination et que les employeurs hésitent à embaucher son mari, craignant son départ imminent. Ils sont endettés, menacés d’expulsion et craignent d’être renvoyés de force en Syrie.

Ses enfants ne sont pas scolarisés, car ils ne disposent pas de permis de séjour. Ils n’ont pas porté de nouveaux vêtements depuis deux ans et mangent parfois un seul repas par jour. Selon Sorour, ses enfants sont au bord du désespoir :

« Ils ont atteint un point où ils ne supportent plus un seul mot. Ils se sentent déçus, ou ont l’impression de vivre dans le mensonge. Nous étions tellement optimistes, mais nos espoirs ont été déçus. Nous avons l’impression d’être soumis à une horrible torture psychologique. »

Khetam Sorour, réfugiée syrienne au Liban

« Ce qui m’inquiète et qui fait que moi et ma famille nous sentons piégés dans ce jeu d’attente, c’est l’absence d’un moment précis ou défini… Depuis la rencontre avec la délégation [irlandaise], ils nous ont donné des dates ouvertes et indéfinies », témoigne-t-elle.

Omar Al-Hamid (8 ans) fait partie de ceux qui attendent de se rendre en Irlande. Photographie : Sally Hayden
Omar Al-Hamid (8 ans) fait partie de ceux qui attendent de se rendre en Irlande. Photographie : Sally Hayden

Interrogé à Camp Shamrock, le Premier ministre Martin a déclaré s’engager à « accélérer » le processus, reconnaissant qu’il y a « de nombreuses variables ». Il a souligné le succès du programme de réinstallation irlandais par le passé, tout en admettant sa lenteur dans ce cas précis.

En 2019, l’Irlande s’était engagée à réinstaller jusqu’à 2 900 réfugiés entre 2020 et 2023, principalement des Syriens venant du Liban et de Jordanie. Selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), seuls 576 ont été réinstallés, dont 486 venant du Liban.

Le ministère irlandais de la Justice, de l’Intérieur et de la Migration assure que le Programme irlandais de protection des réfugiés (IRPP) « s’efforce d’assurer l’arrivée des familles restantes dans les plus brefs délais », sans donner de détails supplémentaires. 189 réfugiés supplémentaires, actuellement en Turquie, au Bangladesh et en Éthiopie, attendent également leur réinstallation après approbation en 2024 et 2025.

Abdul Rahman Al-Sulaiman, 26 ans, attend de quitter le Liban avec sa mère, sa sœur et son jeune frère, espérant « une chance de revivre ». Ils ont étudié l’anglais et se sont pris d’affection pour la culture irlandaise, mais la situation au Liban est devenue « insupportable ».

« Le gouvernement irlandais doit prendre une décision claire pour nous : sommes-nous autorisés à voyager ou non ? Ils ne devraient pas nous laisser ainsi sans réponse ni communication… Nous voulons une réponse claire : est-ce qu’il y a des voyages, ou cherchons-nous une autre opportunité dans ce monde misérable et laid ? »

Abdul Rahman Al-Sulaiman, réfugié syrien au Liban

Un autre couple, attendant de voyager avec trois adolescents, a exprimé une situation « insupportable de tous côtés », souhaitant rester anonyme.

Neuf familles attendent d’être réinstallées grâce au programme de parrainage communautaire, géré par la Croix-Rouge irlandaise. Ce programme exige de collecter au moins 10 000 € et de trouver un logement avec un bail de deux ans. Sur les 15 familles initialement sélectionnées, seules trois ont pu quitter le Liban. Deux autres ont été réinstallées grâce au programme gouvernemental régulier, une famille a renoncé et neuf sont toujours en attente.

La Croix-Rouge irlandaise qualifie la situation de « désespérée », assurant faire tout son possible pour accélérer le processus. Elle estime que les neuf familles restantes pourraient arriver début 2026, mais reconnaît que la formation des groupes d’accueil prend du temps, notamment en raison de la crise du logement actuelle.

Pour les familles qui attendent au Liban, ces perspectives semblent lointaines.

« S’il n’y a personne pour nous parrainer, que deviendrons-nous ? »

Khetam Sorour, réfugiée syrienne au Liban

« Si le gouvernement irlandais pouvait nous placer dans un hôtel, nous accepterions toute option disponible et n’aurions aucune objection. Je vous l’ai dit, nous sommes même prêts à séjourner dans une chambre simple si la sécurité de nos enfants est garantie… Nous voulons échapper à l’enfer dans lequel nous nous trouvons. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.