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Changements de visa, de résidence et de citoyenneté en Espagne en 2026

L'Espagne prépare une série de modifications importantes concernant l'immigration et la naturalisation, qui entreront en vigueur en 2026. Des exigences financières revues à la hausse pour certains visas, l'arrivée massive de demandes liées à la loi sur les…

Changements de visa, de résidence et de citoyenneté en Espagne en 2026

L’Espagne prépare une série de modifications importantes concernant l’immigration et la naturalisation, qui entreront en vigueur en 2026. Des exigences financières revues à la hausse pour certains visas, l’arrivée massive de demandes liées à la loi sur les petits-enfants, et des changements dans les procédures d’obtention de la résidence, les étrangers résidant ou souhaitant s’installer en Espagne devront s’adapter à ces nouvelles règles.

Les personnes envisageant de demander un visa de nomade numérique devront prévoir un budget plus conséquent. Alors que les conditions financières pour le visa de long séjour non lucratif (NLV) devraient rester stables – à savoir la justification d’une épargne ou de revenus passifs équivalant à 400 % de l’Indicateur Public de Revenus de l’Effort Minimum (IPREM) annuel, soit 28 800 € pour 2025 – le seuil de revenus pour le visa nomade numérique (DNV) va augmenter. Cette hausse est liée à l’augmentation du salaire minimum, qui devrait atteindre 1 446,66 € brut par mois d’ici fin janvier. Les titulaires du DNV devront ainsi prouver un revenu mensuel de 2 893,32 € (contre 2 763 € actuellement), soit 200 % du nouveau salaire minimum.

Par ailleurs, 2026 verra l’aboutissement de nombreuses demandes de nationalité espagnole déposées en vertu de la loi dite « des petits-enfants ». Cette loi permet aux descendants d’Espagnols ayant perdu ou renoncé à leur nationalité pour des motifs politiques ou idéologiques de recouvrer leur citoyenneté. La date limite de dépôt des dossiers étant fixée à octobre 2025, on s’attend à ce que des milliers de personnes obtiennent la nationalité espagnole au cours de l’année prochaine, notamment des ressortissants d’Argentine, du Brésil, de Cuba, du Mexique et du Venezuela.

Les citoyens britanniques résidant en Espagne ne sont pas non plus en reste. Cinq ans après le début de la délivrance des cartes de séjour spéciales dans le cadre de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, les titulaires de WA TIE temporaires continuent de les échanger contre des cartes permanentes. En 2026, les Britanniques ayant obtenu leur premier TIE en 2021 pourront également faire cette demande. Cependant, le processus reste entravé par des difficultés à obtenir des rendez-vous dans les villes à forte concentration d’étrangers.

À ce stade, 187 813 ressortissants britanniques continuent d’utiliser leur certificat de résidence de l’UE pré-Brexit comme preuve de leur résidence en Espagne, malgré les recommandations des autorités britanniques et espagnoles de passer à un TIE plus sécurisé et biométrique.

L’Espagne a connu une augmentation de 4,5 % du nombre d’étrangers résidant avec un permis de séjour en 2025, atteignant un total de 7,4 millions de personnes. Cette hausse est en partie due à l’augmentation de près de 50 % des demandes de permis de travail et de séjour, consécutive aux réformes de l’immigration adoptées l’année dernière. La croissance économique espagnole, supérieure à celle de tout autre pays de l’UE, est en grande partie alimentée par l’immigration.

En outre, le programme d’exemption de visa ETIAS devrait être mis en place vers la fin de 2026. Les voyageurs non européens devront remplir un formulaire en ligne et payer des frais de 20 € pour obtenir une autorisation de voyage valable trois ans ou jusqu’à l’expiration de leur passeport.

Enfin, le coût de l’examen de langue DELE A2, requis pour la demande de nationalité espagnole, augmentera de 134 € à 138 € en 2026.

L’Union européenne s’oriente vers une politique migratoire plus stricte, et l’Espagne pourrait être contrainte de s’aligner. L’approbation de la création de « centres de retour » pour les demandeurs d’asile déboutés et le durcissement des sanctions à l’encontre de ceux qui refusent de quitter le territoire européen pourraient modifier la politique d’accueil traditionnellement affichée par le gouvernement espagnol. Si des élections anticipées étaient organisées en 2026 et que l’opposition conservatrice prenait le pouvoir, une politique migratoire plus restrictive pourrait être adoptée.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.