L’or a franchi un cap symbolique en atteignant les 4 500 dollars l’once, porté par des anticipations de baisse des taux d’intérêt, un dollar affaibli et une demande soutenue des banques centrales, confirmant ainsi son statut de valeur refuge en période d’incertitude économique.
Le cours de l’or a culminé à 4 525-4 526 dollars l’once avant de légèrement se replier à la veille de Noël, clôturant la journée du 24 décembre 2025 dans une fourchette de 4 471 à 4 526 dollars. Les contrats à terme américains du premier mois se situaient quant à eux autour de 4 509 dollars, après avoir dépassé les 4 515 dollars plus tôt dans la semaine. Cette progression porte la hausse de l’or à plus de 70 % depuis le début de l’année, son gain annuel le plus important depuis la fin des années 1970.
Cette envolée n’est pas le fruit d’une panique soudaine, mais plutôt d’une cassure technique classique, selon les analystes. Après avoir brièvement dépassé les 4 500 dollars, le prix est retombé vers 4 480 dollars, en raison de prises de bénéfices sur un marché aux volumes limités en période de fêtes. Les contrats à terme ont suivi une tendance similaire, oscillant autour de 4 509 dollars l’once.
L’ascension de l’or (XAU/USD) s’inscrit dans une réévaluation plus large de l’ensemble des métaux précieux. L’argent a atteint des sommets historiques à 72,7 dollars l’once (environ 67 euros), affichant un gain annuel d’environ 140 à 150 %. Le platine a également franchi un seuil inédit, dépassant les 2 300 dollars l’once (environ 2 130 euros), avant de se stabiliser légèrement en dessous. Le palladium a regagné la barre des 1 900 dollars (environ 1 760 euros), son niveau le plus élevé depuis trois ans. Le cuivre n’est pas en reste, avec des contrats à terme à trois mois dépassant les 12 000 dollars la tonne (environ 11 100 euros), soit une hausse de près de 38 % sur l’année.
Les facteurs macroéconomiques expliquent en grande partie cette dynamique. Les marchés anticipent au moins deux baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine en 2026, ce qui réduirait le coût de détention de l’or par rapport aux liquidités ou aux obligations à court terme. Parallèlement, le dollar américain connaît l’une de ses pires années depuis le début des années 2000, avec une dépréciation d’environ 9 à 10 % par rapport aux principales devises. Un dollar plus faible rend mécaniquement les matières premières, libellées en dollars, plus attractives pour les investisseurs étrangers.
La croissance économique américaine, forte au troisième trimestre (4,3 % annualisée), combinée à une dette publique croissante, renforce également l’attrait de l’or comme valeur refuge. Les tensions géopolitiques, notamment les frictions entre les États-Unis et le Venezuela concernant les flux pétroliers, et les incertitudes liées à l’approvisionnement énergétique mondial, contribuent également à alimenter la demande.
La demande des banques centrales joue un rôle crucial. Les institutions monétaires des pays émergents et développés ont augmenté leurs réserves d’or tout au long de 2025, considérant l’or comme un actif de réserve neutre dans un contexte de fragmentation géopolitique et de risques de sanctions. Ces achats constants, associés aux discussions sur la « dédollarisation », rendent la demande en or moins sensible aux fluctuations de prix à court terme.
L’impact de la hausse de l’or se fait sentir dans le monde entier. En Inde, l’or 24 carats se négocie à près de 13 893 roupies le gramme (environ 128 euros), tandis que l’or 22 carats atteint 12 735 roupies (environ 118 euros) et l’or 18 carats 10 420 roupies (environ 96 euros). Au Pakistan, le prix de l’or 24 carats s’élève à 472 862 roupies le tola (environ 1 600 euros). Aux Philippines, le prix est d’environ 8 487 pesos par gramme (environ 145 euros) et de 99 000 pesos par tola (environ 1 700 euros).
Sur le plan technique, XAU/USD se négocie désormais au-dessus de tous les niveaux de résistance historiques. Les traders surveillent désormais la zone de 4 500 à 4 550 dollars comme premier niveau de résistance, avec des objectifs à plus long terme de 4 700 et 5 000 dollars si les conditions macroéconomiques restent favorables. À la baisse, les fourchettes de prix autour de 4 450 à 4 470 dollars servent de support initial.
Bien que la configuration de l’or reste fondamentalement haussière, les analystes recommandent la prudence. Après une hausse de 70 % depuis le début de l’année, le rapport risque/récompense d’un nouvel achat à 4 500 dollars est jugé peu attractif. Il est préférable de consolider les positions existantes et d’attendre des replis pour renforcer son exposition.
Pour aller plus loin
