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L’ambassadeur frustré par l’attitude du gouvernement face à un accord pétrolier d’un milliard de dollars

Publié le 2024-05-03 14:35:00. Des archives récemment déclassifiées révèlent les réticences du gouvernement irlandais dans les années 1990 face à un projet d'investissement saoudien d'un milliard de dollars dans les infrastructures pétrolières du pays, et la frustration exprimée…

L’ambassadeur frustré par l’attitude du gouvernement face à un accord pétrolier d’un milliard de dollars

Publié le 2024-05-03 14:35:00. Des archives récemment déclassifiées révèlent les réticences du gouvernement irlandais dans les années 1990 face à un projet d’investissement saoudien d’un milliard de dollars dans les infrastructures pétrolières du pays, et la frustration exprimée par l’ambassadeur irlandien en Arabie Saoudite.

  • Un groupe d’investisseurs saoudiens proposait un investissement massif dans les raffineries de Cork et le terminal pétrolier de Whiddy Island.
  • L’ambassadeur irlandien en Arabie Saoudite a déploré le manque d’enthousiasme des autorités irlandaises pour ce projet.
  • Le gouvernement irlandais a finalement privilégié une offre d’investissement plus modeste provenant d’un cheikh émirati.

Au milieu des années 1990, l’Irlande s’est retrouvée au centre d’une proposition d’investissement d’envergure provenant d’un consortium saoudien. Ce dernier envisageait de débloquer un milliard de dollars (environ 920 millions d’euros au taux de change actuel) pour moderniser et étendre les infrastructures pétrolières irlandaises, notamment la raffinerie de Cork à Whitegate et le terminal pétrolier de Whiddy Island. Le projet ambitieux prévoyait la construction d’une nouvelle raffinerie capable de traiter jusqu’à 150 000 barils de pétrole par jour, destinés à l’exportation vers l’ensemble de l’Europe.

Les investisseurs saoudiens proposaient également de prendre une participation majoritaire de 80 % dans l’Irish National Petroleum Corporation (INPC), la société publique chargée du secteur pétrolier irlandais, et de mettre en place un pipeline reliant Whiddy Island à Whitegate pour faciliter le transport du pétrole brut.

Cependant, les documents d’archives récemment publiés révèlent que le gouvernement irlandais n’a pas été séduit par cette offre. Il a préféré une proposition alternative, bien moins importante, d’un cheikh émirati, s’élevant à 70 millions de dollars (environ 65 millions d’euros), et se concentrant uniquement sur le terminal de Whiddy Island. Cette décision a été motivée par le caractère jugé plus « commercial » de l’offre émiratie.

Les responsables irlandais ont exprimé des doutes quant à la viabilité du projet saoudien, qualifiant ses plans de « sommaires » et pointant un « manque de compétence technique et commerciale » au sein de l’équipe d’investissement. Le ministre de l’Énergie de l’époque, Brian Cowen, a déclaré que les propositions ne correspondaient pas à la politique gouvernementale en matière de développement du secteur énergétique, qui visait à maintenir un contrôle majoritaire de l’État sur l’INPC.

L’ambassadeur irlandais en Arabie Saoudite, Brendan J. Lyons, a exprimé sa frustration face à l’attitude du gouvernement irlandais. Dans un courrier, il a écrit :

« Je pense qu’il est très étrange que nous devions persuader, sans parler du fait que nous ne pouvons pas persuader, un ministère du gouvernement d’accorder toute son attention à un projet de 1 milliard de dollars pour lequel un investisseur envisage au moins l’Irlande comme emplacement. »

Brendan J. Lyons, ambassadeur d’Irlande en Arabie Saoudite

Un conseiller du groupe d’investissement saoudien a même averti l’ambassadeur Lyons que le cheikh Haleem Faris Al Rahbani, figure clé du projet, serait furieux et renoncerait à investir en Irlande si une lettre du ministère irlandais, critiquant les propositions, lui était transmise. L’ambassadeur a alors demandé à conserver la lettre jusqu’à ce qu’elle puisse être examinée par les différents ministères concernés.

Les archives révèlent également les difficultés rencontrées par le cheikh Rahbani pour obtenir des informations précises sur les coûts de modernisation de la raffinerie de Whitegate. L’ambassadeur Lyons lui a rappelé que ses conseillers n’avaient pas été en mesure de fournir des détails sur la composition du groupe d’investisseurs ni sur la répartition prévue de la production de la raffinerie.

Finalement, en mars 1995, le gouvernement irlandais a annoncé un investissement de 18 millions de livres irlandaises (environ 21 millions d’euros) pour la restauration du terminal pétrolier de Whiddy Island, suite à un incendie dévastateur survenu en 1979. L’intérêt du cheikh émirati pour Whiddy Island restait quant à lui incertain, les responsables se demandant s’il s’agissait d’une offre sérieuse ou d’une simple manière de se retirer discrètement.

Pour en savoir plus sur les documents d’État

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.