Publié le 26 janvier 2026. L’intelligence artificielle révolutionne l’exploration spatiale, permettant à de petits satellites de naviguer de manière autonome et de collaborer comme un seul instrument, ouvrant la voie à des missions plus abordables et plus ambitieuses.
- Des satellites équipés d’IA peuvent maintenir une formation précise sans intervention humaine constante.
- La mission Proba-3 a démontré la capacité de ces satellites à s’orienter et à voler l’un vers l’autre avec une précision submillimétrique.
- Cette technologie pourrait permettre de construire des télescopes spatiaux virtuels plus grands et moins coûteux.
L’ère de l’exploration spatiale entre dans une nouvelle phase grâce aux progrès de l’intelligence artificielle. Des chercheurs de l’Université technique du Danemark (DTU) ont mis au point un système permettant à de petits vaisseaux spatiaux de manœuvrer de manière indépendante, de maintenir leur formation et de réaliser des tâches qui nécessitaient auparavant des satellites massifs et coûteux. Cette avancée promet de rendre les missions spatiales plus accessibles et plus efficaces.
Au cœur de cette innovation se trouve une combinaison de l’IA et de caméras numériques haute résolution. Ces systèmes sont capables de détecter les moindres changements d’image et d’identifier un partenaire à plusieurs kilomètres de distance, calculant avec précision le cap et la distance à quelques mètres près. Les satellites peuvent ainsi être manœuvrés à courte distance avec une précision inférieure au millimètre.
Les résultats prometteurs ont été obtenus grâce à la mission spatiale Proba-3, lancée le 5 décembre 2024 depuis le centre spatial Satish Dhawan à Sriharikota, en Inde. Initialement prévue pour durer un an, la mission a été prolongée d’au moins deux ans, témoignant de son succès.
Dans le cadre de Proba-3, les chercheurs ont utilisé l’évaluation des images de caméras et de systèmes de navigation spéciaux, assistée par l’IA. Ils ont ainsi démontré que deux satellites Proba-3 pouvaient s’orienter et voler l’un vers l’autre sans commandes radio constantes depuis le sol. Toutes les corrections nécessaires étaient effectuées directement à bord.
Un élément clé de ce système est l’utilisation de marqueurs en forme d’étoile, spécialement conçus pour les caméras de navigation. Ces motifs servent de points d’ancrage visuels, permettant aux capteurs de lire la direction et la distance et de fournir à l’IA des données précises pour les corrections de cap. Cela permet au vaisseau spatial de se stabiliser avec une précision millimétrique.
« Le système a dépassé toutes les attentes en termes de navigation et de vol en formation, fonctionnant à des milliers de kilomètres de la Terre comme deux satellites agissant comme un seul. Les images fournissent la première documentation complète de la technologie dans l’espace – une véritable révolution pour les missions futures. »
John Leif Jorgensen, professeur de systèmes de mesure et d’instrumentation et chef du département de mesure et d’instrumentation au département des sciences et technologies spatiales du DTU
L’objectif principal de la mission Proba-3 est d’étudier l’atmosphère extérieure du Soleil, la couronne solaire, où se produisent les tempêtes solaires. Ces éruptions peuvent perturber les satellites, les systèmes de navigation et, dans de rares cas, même les réseaux électriques. Pour rendre la couronne visible, un satellite bloque la lumière du soleil tandis que l’autre détecte la faible lueur au bord, une tâche qui nécessite une coordination précise entre les deux vaisseaux.
En volant en formation précisément coordonnée sur des centaines de mètres, plusieurs petits satellites agissent comme un grand miroir, permettant de focaliser la lumière des étoiles et des galaxies lointaines plus précisément qu’avec des télescopes spatiaux classiques de taille similaire.
Après la première observation scientifique de la couronne solaire, les scientifiques du DTU ont eu le contrôle du vaisseau spatial pendant une semaine. Durant cette phase, ils ont testé intensivement le système de navigation, démontrant que les satellites pouvaient se retrouver indépendamment, ajuster leurs orbites et s’aligner avec une précision comparable à celle d’un laser frappant le centre d’une pièce de monnaie à trois kilomètres de distance.
Selon Jörgensen, « Un groupe de satellites plus petits et beaucoup plus rentables peut donc assumer des tâches qui nécessitent aujourd’hui des engins spatiaux massifs et coûteux ». Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour l’exploration d’autres systèmes solaires et représente une véritable révolution pour les futurs projets spatiaux.
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