Home AffairesLe rapport énergétique : verrouillé et chargé

Le rapport énergétique : verrouillé et chargé

by Amélie Bernard

L’Iran est le théâtre de troubles sociaux croissants, tandis que l’ancien président américain Donald Trump avertit qu’une intervention américaine est envisageable si la répression des manifestants s’intensifie. Cette situation intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et d’incertitudes sur le marché pétrolier.

Des manifestations éclatent à travers l’Iran, bien au-delà de Téhéran, et la situation s’envenime. Au moins sept personnes, manifestants et membres des forces de sécurité, auraient perdu la vie dans les affrontements, selon diverses sources. Des vidéos diffusées en ligne montrent des incendies dans les rues et des coups de feu dans certaines régions de l’ouest du pays.

Ces troubles représentent la vague de contestation la plus importante depuis 2022, année marquée par la mort de Mahsa Amini et les manifestations nationales qui ont suivi. Bien que les autorités estiment que la situation n’a pas encore atteint cette ampleur, les protestations se propagent et visent de plus en plus directement les dirigeants religieux iraniens.

Le nouveau président iranien, Masoud Pezeshkian, favorable à des réformes, a exprimé sa volonté de dialoguer avec les manifestants. Cependant, sa marge de manœuvre est limitée par la détérioration de la situation économique. Le rial iranien est en chute libre, atteignant un taux de change d’environ 1,4 million de rials pour 1 dollar américain (USD). Cette situation alimente la frustration et la perte de confiance envers le gouvernement.

Les autorités iraniennes ont procédé à des arrestations, qualifiant certains des interpellés de monarchistes et d’autres de liés à des groupes basés en Europe. Elles affirment également avoir saisi des armes de contrebande, mais les détails restent flous.

Par ailleurs, la Russie a demandé aux États-Unis de cesser de suivre un pétrolier qui tente d’échapper aux garde-côtes américains dans l’océan Atlantique. Les forces américaines poursuivent le navire, identifié comme le Bella 1, depuis près de deux semaines.

Malgré ces tensions, le marché pétrolier semble pour l’instant impassible. Les prix du pétrole restent stables, et les analystes anticipent une offre suffisante. Donald Trump semble, selon certains observateurs, avoir une position de force dans ce contexte, l’armée iranienne ne semblant pas en mesure de résister à une nouvelle attaque américaine, après celle des installations nucléaires iraniennes plus tôt dans l’année.

Les craintes d’une fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran semblent infondées, le pays ayant renoncé à cette option lors de l’attaque américaine de juin dernier, conscient des conséquences désastreuses que cela entraînerait. Même la Chine, à l’époque son principal allié, s’était opposée à cette mesure.

En parallèle, des pétroliers transportant du pétrole russe se dirigent vers l’Inde, notamment vers une usine sur la côte ouest du pays. Reliance, un raffineur indien, a nié avoir effectué ces achats, mais le marché reste attentif à ces mouvements.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une surabondance de pétrole, estimant que l’offre mondiale dépassera la demande de 3,2 millions de barils par jour (b/j) en novembre 2025. Cette surproduction est principalement due à l’augmentation de la production des pays non membres de l’OPEP+, tels que les États-Unis, le Guyana, le Brésil et le Canada, combinée à une croissance lente de la demande, notamment en Chine, en raison de l’essor des véhicules électriques.

L’OPEP+ doit se réunir la semaine prochaine, mais elle est confrontée à des défis importants en raison de l’augmentation de la production des pays non membres. La Chine pourrait constituer des réserves stratégiques pour absorber une partie de l’excédent.

Des risques subsistent cependant. L’interception de pétroliers iraniens transportant environ 1,6 million de barils par jour, ou des perturbations dans la mer Noire affectant les 780 000 barils par jour d’exportations de brut russe, pourraient entraîner une hausse rapide des prix. De plus, la dépendance de l’Iran vis-à-vis du soutien russe et les achats de pétrole russe à prix réduit par la Chine pourraient avoir un impact sur les produits raffinés, comme le diesel.

Les prix du gaz naturel ont chuté en raison d’un temps plus clément et de prises de bénéfices après un rallye de fin d’année. Les prévisions météorologiques indiquent une pause dans l’hiver La Niña, avec des températures plus douces et plus humides attendues dans le centre et l’est des États-Unis.

Les données de stockage montrent également des retraits plus faibles que prévu, ce qui a entraîné un excédent des stocks américains de gaz naturel par rapport à la moyenne quinquennale. À l’horizon 2026, le marché mondial s’attend à une forte augmentation de l’offre de gaz naturel liquéfié (GNL), avec une augmentation de la capacité de 7 %, la plus importante depuis 2019. La production américaine reste forte, et la mise en service de nouveaux gazoducs devrait atténuer les goulots d’étranglement de l’approvisionnement.

Les grandes banques énergétiques ont légèrement réduit leurs prévisions de prix pour 2026, les estimations se situant désormais entre 3,43 et 4,01 dollars par million de BTU (mmBtu).

La demande croissante de gaz naturel bon marché devrait stimuler la croissance économique et profiter au PIB américain, permettant aux fabricants de bénéficier de tarifs énergétiques bas à long terme.

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