Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le parcours semé d’embûches vers la parentalité, souvent long et coûteux, peut mettre à rude épreuve les couples. Une Malaisienne de 46 ans témoigne de son expérience, appelant à une prise en charge précoce et un soutien mutuel face à l’infertilité.
- Le traitement de l’infertilité peut représenter une charge financière importante, se chiffrant parfois en dizaines de milliers de ringgits (monnaie malaisienne).
- Le sentiment de solitude et le manque de soutien du conjoint sont des difficultés majeures rencontrées par les personnes confrontées à l’infertilité.
- Une évaluation précoce et une approche conjointe du traitement sont recommandées pour optimiser les chances de succès.
Lina, une habitante de Shah Alam, partage son expérience poignante du traitement de l’infertilité. Elle souligne le fardeau financier que représente un tel parcours, pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de ringgits, surtout lorsqu’il nécessite plusieurs cycles. Mais au-delà de l’aspect économique, c’est le poids émotionnel et le sentiment d’isolement qui l’ont le plus marquée.
« Parfois, j’avais l’impression d’être la seule à vouloir un bébé », confie-t-elle. Lina déplore également le manque d’implication de son mari, souvent réticent à l’accompagner aux rendez-vous médicaux, ce qui a contribué à des retards dans la prise de décision et la mise en place du traitement.
Des spécialistes de la fertilité confirment que ce type de dynamique n’est pas rare. L’infertilité est un problème qui touche autant les hommes que les femmes, et les délais – qu’ils soient d’ordre émotionnel, médical ou logistique – peuvent avoir un impact significatif sur les résultats, en particulier avec l’âge.
Avec le recul, Lina regrette de ne pas avoir consulté plus tôt et d’avoir considéré le traitement comme une responsabilité partagée. « Quand on est plus jeune, on pense qu’on a encore le temps. Mais soudain, on se rend compte que le temps ne joue plus en notre faveur », explique-t-elle.
Elle conseille aux couples ayant des difficultés à concevoir de demander une évaluation précoce, avant même d’envisager des techniques de procréation médicalement assistée (PMA) comme la fécondation in vitro (FIV). « Des bilans précoces peuvent aider à identifier les problèmes sous-jacents, permettre des interventions plus simples et proposer des options plus claires, tandis que la baisse de la fécondité liée à l’âge reste gérable », précise-t-elle.
« Pour moi, j’ai réalisé trop de choses et trop tard ; j’aspirais réellement à la joie de la maternité », conclut Lina. L’annonce récente de la construction d’un centre national de lutte contre l’hypofertilité en Malaisie lui donne cependant de l’espoir. Elle espère que son témoignage encouragera les couples à parler ouvertement, à agir rapidement et à se soutenir mutuellement dans ce parcours souvent éprouvant.