Publié le 2024-11-21 10:32:00. Une étude menée auprès de plus de 2 000 personnes âgées révèle un lien significatif entre la régularité de l’horloge biologique et le risque de développer une démence, ouvrant de nouvelles pistes pour la prévention de cette maladie neurodégénérative.
- Les personnes ayant des rythmes circadiens moins marqués ou irréguliers présentent un risque accru de démence.
- Un pic d’activité tardif dans la journée est associé à une augmentation de 45 % du risque de démence.
- La force du rythme circadien, mesurée par l’amplitude relative, est un facteur déterminant : les individus ayant les rythmes les plus faibles présentent un risque de démence près de 2,5 fois supérieur.
Des chercheurs ont mis en évidence une corrélation entre le fonctionnement de l’horloge interne du corps et le risque de démence. L’étude, qui a suivi 2 183 participants d’un âge moyen de 79 ans, a révélé que la régularité des cycles veille-sommeil joue un rôle crucial dans la santé cognitive à long terme. Les résultats suggèrent que des perturbations de ces rythmes, souvent liées au vieillissement, pourraient favoriser l’apparition de maladies neurodégénératives.
L’étude a consisté à équiper les participants d’un moniteur cardiaque pendant environ 12 jours afin de suivre précisément leurs périodes d’activité et de repos. Pendant près de trois ans, les chercheurs ont ensuite suivi l’évolution de leur état de santé. Au total, 176 participants ont reçu un diagnostic de démence au cours de cette période. L’analyse des données a permis de classer les participants en trois groupes en fonction de la force de leur rythme circadien.
Les résultats sont sans appel : seuls 31 des 728 individus ayant un rythme circadien fort ont développé une démence, contre 106 sur 727 dans le groupe présentant un rythme faible. Après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, la tension artérielle et les antécédents cardiaques, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant les rythmes les plus faibles présentaient un risque de démence multiplié par 2,5. De plus, chaque diminution d’un écart type en amplitude relative (une mesure de la disparité entre les périodes d’activité et de repos) est corrélée à une augmentation de 54 % du risque.
Le moment de la journée où l’activité est la plus intense est également un facteur important. Les participants dont l’activité atteignait son apogée en fin d’après-midi, précisément à 14 h 15 ou plus tard, étaient plus susceptibles de développer une démence que ceux dont le pic d’activité se situait plus tôt, entre 13 h 11 et 14 h 14. Environ 7 % des personnes du groupe ayant un pic d’activité précoce ont développé une démence, contre 10 % dans le groupe ayant un pic tardif.
Les rythmes circadiens, qui régulent le cycle veille-sommeil sur 24 heures, influencent également d’autres fonctions essentielles de l’organisme, telles que la libération d’hormones, la digestion et la température corporelle. Ces rythmes sont synchronisés par des signaux environnementaux, notamment la lumière. Des perturbations de ces rythmes peuvent avoir des conséquences sur l’inflammation et la qualité du sommeil, et potentiellement augmenter les niveaux de plaques amyloïdes, des protéines associées à la démence, ou altérer la capacité du cerveau à les éliminer.
« Les changements dans les rythmes circadiens qui surviennent avec l’âge pourraient jouer un rôle essentiel dans l’augmentation du risque de maladies telles que la démence. »
Wendy Wang, auteure principale de l’étude
L’auteure principale de l’étude, Wendy Wang, souligne la nécessité de mener des recherches supplémentaires sur les interventions possibles pour améliorer les rythmes circadiens, telles que la luminothérapie ou des ajustements du mode de vie, afin d’évaluer leur potentiel à réduire le risque de démence. L’étude précise qu’elle n’a pas collecté de données sur les troubles du sommeil, comme l’apnée du sommeil, qui pourraient également influencer les résultats.
La cohorte étudiée était composée de 24 % de participants noirs et de 76 % de participants blancs.
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