Publié le 2024-08-23 14:35:00. Face aux déclarations américaines concernant le Groenland, le Danemark et le Groenland s’apprêtent à une rencontre avec le secrétaire d’État américain, tandis que des tensions émergent sur la manière de gérer cette situation diplomatique délicate.
- Le Danemark et le Groenland ont sollicité une rencontre avec le secrétaire d’État américain.
- L’administration américaine a évoqué l’acquisition du Groenland, y compris la possibilité d’une intervention militaire.
- Des divergences apparaissent entre le Danemark et le Groenland quant à la gestion de cette crise, notamment concernant l’exclusion du Groenland d’une réunion de crise danoise.
La tension monte entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland après les récentes déclarations du président américain sur son intérêt pour l’acquisition du territoire groenlandais. Le gouvernement américain a même laissé entendre que l’utilisation de moyens militaires restait une option, suscitant l’inquiétude à Copenhague et à Nuuk.
Selon la ministre groenlandaise des Affaires étrangères et de la Recherche, Vivian Motzfeldt, une réunion est prévue entre le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et elle-même. « La réunion portera sur les déclarations importantes des États-Unis concernant le Groenland », a-t-elle précisé.
Dimanche dernier, le président américain avait affirmé que les États-Unis « avaient besoin » du Groenland. Mardi soir, la Maison Blanche a ensuite publié un communiqué indiquant que l’administration Trump étudiait les différentes options pour acquérir le Groenland durant son mandat, confirmant que « le recours à l’armée américaine est toujours une option », selon l’agence Reuters.
Un haut responsable américain a révélé à Reuters que les options envisagées incluent l’achat du territoire au Danemark ou la conclusion d’un accord de libre association avec le Groenland.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a exprimé sa préoccupation face à la gravité de la menace américaine.
« Il faut prendre ça au sérieux, il veut le Groenland »,
Mette Frederiksen, Première ministre danoise
a-t-elle déclaré à DR, soulignant l’importance d’un soutien européen dans cette affaire.
Mardi, la commission de politique étrangère du Danemark a organisé une réunion de crise pour discuter des relations avec les États-Unis, une initiative qui a rapidement été critiquée par le Groenland.
Aucun représentant du gouvernement groenlandais n’a été invité à cette réunion de crise danoise, une situation que Pipaluk Lynge, présidente du comité de politique étrangère et de sécurité du Groenland, juge inacceptable.
« C’est une manière néocolonialiste de nous exclure »,
Pipaluk Lynge, présidente du comité de politique étrangère et de sécurité du Groenland
a-t-elle déclaré à DR.
Christian Friis Bach, président du comité danois de politique étrangère, a expliqué que la réunion s’adressait principalement aux parlementaires danois.
« Il s’agit d’une réunion au cours de laquelle le gouvernement danois informe les parlementaires danois. J’ai tout fait pour que les parlementaires groenlandais reçoivent également en même temps des informations de leur gouvernement. Il est important que nous ayons un bon terrain d’entente »,
Christian Friis Bach, président du comité danois de politique étrangère
a-t-il précisé au journal danois DR.