Publié le 6 janvier 2026 23:53:00. Après une opération militaire américaine qui a visé le président vénézuélien Nicolás Maduro, le pays est confronté à une répression accrue et à une incertitude économique grandissante, malgré les tentatives de retour à la normale.
- Lundi, Delcy Rodríguez a prêté serment en tant que présidente par intérim du Venezuela, tandis que des groupes de défense des droits humains ont alerté sur une intensification de la répression.
- Les forces de sécurité vénézuéliennes ont arrêté 14 journalistes et suspendu les visites aux prisonniers politiques.
- La monnaie locale, le bolivar, a subi une forte dévaluation, entraînant des pénuries et une hausse des prix.
Suite à l’opération américaine du week-end visant le président Nicolás Maduro, les autorités vénézuéliennes ont durci leur contrôle et réprimé toute forme de dissidence. Des points de contrôle ont été déployés à travers le pays, et des arrestations arbitraires ont été signalées, notamment celle de 14 journalistes, selon le syndicat national de la presse. Aucune explication n’a été fournie concernant ces détentions.
Un décret a été publié accordant des pouvoirs étendus à la présidence et ordonnant aux forces de sécurité de traquer « toute personne impliquée dans la promotion ou le soutien » de l’opération militaire américaine. Parallèlement, le Comité pour la libération des prisonniers politiques au Venezuela a dénoncé la suspension des visites et de toute communication avec l’extérieur pour les détenus politiques.
La répression s’étend également à la surveillance numérique. Des points de contrôle ont été mis en place dans plusieurs villes, où les individus sont fouillés et peuvent être détenus pour possession de « matériel numérique » lié à l’opération américaine. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a diffusé sur Instagram des vidéos montrant les forces de sécurité dans la capitale, accompagnées de slogans de loyauté :
« Toujours loyaux, jamais traîtres ! »
Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur
Malgré cette atmosphère pesante, une tentative de retour à la normale est perceptible. Ce mardi, davantage de civils ont été vus dans les rues de Caracas, les bureaux publics fonctionnent, le métro est en service et l’aéroport assure des vols intérieurs. Cependant, certains services fonctionnent encore à capacité réduite, en partie en raison des célébrations de l’Épiphanie.
Le gouvernement semble désormais se concentrer sur la relance économique, malgré une dévaluation significative du bolivar. Dans certains quartiers de Maracaibo, les commerces n’acceptent plus que des espèces, avec un taux de change atteignant 900 à 1 000 bolivars pour un dollar américain. Cette situation a entraîné des pénuries dans certains rayons des magasins et une flambée des prix. Des rapports de famine persistent dans les zones reculées du pays, et les commerces des petites villes ont supprimé les prix affichés.
Face à cette situation, les Vénézuéliens tentent de faire face. Douglas Sánchez, un commerçant de Caracas, a déclaré à Reuters :
« Ceux d’entre nous qui travaillent au jour le jour, ceux d’entre nous qui mangent au jour le jour, devons continuer à générer de l’argent. Parce que si vous ne travaillez pas, vous n’avez rien. »
Douglas Sánchez, commerçant à Caracas
Des manifestations pro-gouvernementales, bien que de taille limitée, ont eu lieu pour exiger la libération de Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Les autorités ont appelé la population à reprendre ses activités économiques et éducatives dans les prochains jours.
Les défis restent considérables, mais les Vénézuéliens, habitués à l’adversité, semblent déterminés à poursuivre leurs efforts pour surmonter cette nouvelle crise.