Publié le 7 janvier 2026 à 09h31. La première saison de « Beast Games », le jeu de survie à grand spectacle animé par le célèbre Youtubeur MrBeast, a été marquée par des accusations de conditions de tournage dangereuses et d’exploitation, tandis que la série s’est imposée comme un succès d’audience sur Amazon Prime Video.
- Cinq participants ont intenté une action en justice contre les sociétés de production et MrBeast lui-même, dénonçant des conditions de vie précaires et un environnement potentiellement dangereux.
- Malgré la controverse, « Beast Games » est devenu la série non scénarisée la plus regardée de tous les temps sur Amazon, attirant 50 millions de téléspectateurs dans le mois suivant son lancement.
- La deuxième saison confirme un mélange de compétition physique, de stratégies sociales dignes de « Love Island » et de drames personnels, le tout enveloppé d’une esthétique juvénile.
La première saison de « Beast Games », orchestrée par Jimmy Donaldson, plus connu sous le nom de MrBeast, a rapidement été ébranlée par une bataille juridique. Cinq candidats anonymes ont porté plainte, alléguant avoir été maintenus dans des conditions « sous-alimentées et épuisées » et exposés à un environnement dangereux sur le tournage de ce qui a été décrit comme un mélange de « Gladiateurs » et de « Squid Game ». Toutes les parties concernées ont fermement nié ces accusations.
Le succès commercial de la série n’a pas été entamé par ces controverses. « Beast Games » a rapidement grimpé dans les classements d’Amazon Prime Video, devenant la série non scénarisée la plus regardée de tous les temps, avec 50 millions de téléspectateurs au cours du premier mois suivant sa diffusion, selon Variety.
L’émission, avec son prix de 5 millions de dollars (une « richesse générationnelle !!!! », selon les propres termes de Donaldson), peut donner l’impression d’une entreprise cynique où les considérations éthiques passent au second plan. Pourtant, les questions morales semblent presque éclipsées par le spectacle lui-même. La deuxième saison confirme que « Beast Games » est avant tout un divertissement divertissant, bien que parfois cruel, qui emprunte autant à des jeux de survie comme « Squid Game » qu’à la dynamique sociale de « Love Island ».
Les concurrents, enfermés dans « Beast City » – un décor suréclairé où vivent et s’affrontent les 200 participants – passent leur temps à construire des structures improbables à partir de mousse ou à s’affronter dans des jeux complexes de balle-aux-prisonniers. Mais au-delà de la compétition physique, des alliances se forment, des amours naissent et des vengeances se préparent. Luisitin, par exemple, n’a pas hésité à dénigrer son ancien rival, Karim, à quiconque voulait l’entendre, motivé par le désir de défendre l’honneur de sa femme. On entend des phrases telles que « faites attention à qui vous faites confiance ! » ou « c’est un porteur… sa petite amie le porte jusqu’à la ligne d’arrivée ! ». Ce genre de rivalités ne se retrouve pas dans des émissions comme « Ninja Warrior ».
Comme il est de mise dans ce type d’émissions, les tragédies personnelles des candidats sont exploitées sans vergogne. En quelques minutes, on apprend qu’un participant espère utiliser le prix pour financer le traitement du cancer d’un proche, tandis qu’un autre souhaite offrir une vie meilleure à sa famille ou obtenir des fonds pour soigner des maladies rares. Cependant, « Beast Games » ne semble pas plus choquant que d’autres émissions du même genre, ni même que les propres initiatives philanthropiques de Donaldson, qui a déjà aidé des personnes amputées à retrouver la mobilité ou à guérir 1 000 personnes de la cécité.
Pourtant, l’émission dégage une certaine immaturité qui rappelle l’adolescence. Deux joueurs, Jim et Monika, deviennent rapidement l’objet de toutes les attentions (« Devons-nous officialiser notre relation ?! »), tandis que Luisitin se fixe pour mission de provoquer une rupture amoureuse, en incitant les autres participants à ignorer un concurrent lors d’un défi appelé « Bluff », où ils doivent deviner la couleur d’un disque attaché à leur dos. Au début, « Beast City » évoquait une prison, même si les prisons ont désormais leurs propres succursales Starbucks ouvertes 24 heures sur 24. Mais peu à peu, on réalise que cet endroit ressemble davantage à un lycée.
Cette saison, MrBeast et son équipe ont divisé les concurrents en deux groupes, « Strong » (Forts) et « Smart » (Intelligents), perpétuant une vision adolescente du monde. Il n’est pas surprenant que, à mesure que les défis deviennent plus physiques, de plus en plus de membres de l’équipe « intelligente » – dont Trina, dont le QI serait équivalent à celui d’Einstein – commencent à échouer. Le but de cette ségrégation reste obscur (les personnes qui se considèrent comme fortes sont-elles meilleures dans les épreuves sportives ?), bien que dans « Beast City », l’objectif puisse simplement être de diviser pour mieux régner.
Les joueurs se voient proposer des pots-de-vin pour abandonner la compétition, ce qui est acceptable jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils peuvent également faire éliminer d’autres participants. MrBeast est connu pour ses actions en ligne parfois douteuses – il s’est fait connaître en enfermant des gens en isolement pendant 100 jours, par exemple. De ce fait, « Beast Games » n’est pas particulièrement choquant. Il est surtout incroyablement enfantin. Donaldson porte un blazer sur un sweat à capuche tout au long de la série, un choix vestimentaire peu flatteur qui symbolise parfaitement son concours : une tentative maladroite d’améliorer son image, comparable à une triste foire de Noël où l’on essaie de rendre présentable un cheval malade.
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