Publié le 8 janvier 2024 18h04. L’administration américaine explore des pistes pour acquérir le Groenland, allant de propositions financières directes aux habitants jusqu’à des options militaires, suscitant l’indignation de Copenhague et de Nuuk qui réaffirment que l’île n’est pas à vendre.
- Les États-Unis ont envisagé de verser entre 10 000 et 100 000 dollars (environ 9 200 à 92 000 euros) par habitant du Groenland pour faciliter une éventuelle acquisition.
- Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a fermement rejeté toute idée d’annexion, qualifiant les propositions américaines de « fantasmes ».
- Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont exprimé leur soutien au Danemark et au Groenland, soulignant que seule la population groenlandaise et le Danemark peuvent décider de leur avenir.
Washington explore activement différentes voies pour obtenir le contrôle du Groenland, un territoire autonome du Danemark. Au-delà des discussions sur un éventuel rachat direct, l’administration Trump a envisagé de proposer des paiements individuels aux 57 000 habitants de l’île, une stratégie qui pourrait contourner l’opposition du gouvernement danois. Selon des sources proches de la Maison Blanche, les montants évoqués varient considérablement, allant de 10 000 à 100 000 dollars par personne, ce qui représenterait un investissement total de près de 6 milliards de dollars (environ 5,5 milliards d’euros).
Cette approche, bien que controversée, vise à répondre à l’inquiétude de l’administration américaine quant à la dépendance économique du Groenland vis-à-vis du Danemark. L’idée est que des paiements directs pourraient inciter la population groenlandaise à soutenir une éventuelle indépendance, ouvrant ainsi la voie à une acquisition par les États-Unis. Cependant, cette tactique est perçue comme potentiellement dégradante par certains observateurs, et pourrait se heurter à la résistance d’une population attachée à son autonomie.
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a réagi avec véhémence aux déclarations du président Trump, qui a publiquement exprimé son intérêt pour l’acquisition de l’île. Dans un message publié sur Facebook dimanche, Nielsen a déclaré :
« Assez, c’est assez… Fini les fantasmes d’annexion. »
Copenhague et plusieurs capitales européennes ont également exprimé leur désapprobation face aux propositions américaines. La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont publié une déclaration commune mardi, réaffirmant que seule la population groenlandaise et le Danemark sont habilités à prendre des décisions concernant leur relation. Cette position est d’autant plus ferme que les États-Unis et le Danemark sont alliés au sein de l’OTAN et liés par un accord de défense mutuelle.
La Maison Blanche a confirmé que l’acquisition du Groenland était à l’étude, mais a refusé de commenter les détails des discussions en cours. L’attachée de presse Karoline Leavitt a déclaré que le président Trump et ses conseillers en sécurité nationale « étudiaient à quoi ressemblerait un achat potentiel ». Le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé qu’il rencontrerait son homologue danois la semaine prochaine à Washington pour discuter de la question.
Outre l’option d’un rachat direct, l’administration américaine a également envisagé d’autres scénarios, notamment la conclusion d’un Pacte de libre association (COFA) avec le Groenland. Ce type d’accord, déjà conclu avec plusieurs États insulaires du Pacifique, prévoit une assistance économique et militaire en échange d’un accès stratégique aux territoires concernés. Cependant, un tel accord nécessiterait que le Groenland acquière son indépendance vis-à-vis du Danemark, une perspective qui suscite des débats au sein de la population groenlandaise.
Selon des sources internes, l’intérêt renouvelé de la Maison Blanche pour le Groenland coïncide avec le succès de l’opération menée au Venezuela pour capturer le président Nicolás Maduro. L’administration Trump serait désormais désireuse de capitaliser sur cet élan pour atteindre d’autres objectifs géopolitiques de longue date. Le président Trump a justifié son intérêt pour le Groenland par son importance stratégique et sa richesse en ressources minérales essentielles à l’industrie militaire.