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Que savoir sur l’intensification des manifestations qui secouent l’Iran et exercent une pression sur sa théocratie

L'Iran est confronté à une vague de contestation nationale sans précédent, alimentée par une crise économique sévère et des tensions géopolitiques croissantes. Les manifestations, qui se sont propagées à 31 provinces, mettent à rude épreuve le régime théocratique…

Que savoir sur l’intensification des manifestations qui secouent l’Iran et exercent une pression sur sa théocratie

L’Iran est confronté à une vague de contestation nationale sans précédent, alimentée par une crise économique sévère et des tensions géopolitiques croissantes. Les manifestations, qui se sont propagées à 31 provinces, mettent à rude épreuve le régime théocratique déjà fragilisé par des conflits régionaux et une pression internationale accrue.

Plus de 340 manifestations ont éclaté à travers le pays, selon l’agence américaine Human Rights Activists News, faisant au moins 38 morts et plus de 2 200 arrestations. L’accès à l’information reste difficile, les médias d’État iraniens se montrant discrets sur l’ampleur des troubles. Les témoignages et vidéos diffusés en ligne, bien que fragmentaires, témoignent d’une colère populaire grandissante.

L’effondrement du rial iranien, qui a dépassé le seuil de 1,4 million pour 1 dollar américain, est au cœur de la crise. L’inflation galopante, estimée à environ 40 % par an, a rendu les produits de première nécessité, tels que la viande et le riz, inabordables pour une part croissante de la population. La récente augmentation du prix de l’essence subventionnée et la fin des taux de change préférentiels pour les importations, à l’exception des médicaments et du blé, ont exacerbé la situation.

Les protestations, initialement centrées sur les questions économiques, ont rapidement pris une dimension politique, avec des slogans antigouvernementaux et des revendications de changement. La mort de Mahsa Amini en garde à vue en 2022 avait déjà déclenché une vague de manifestations à l’échelle nationale, révélant un mécontentement profond et latent.

Parallèlement, l’influence régionale de l’Iran s’amenuise. L’« Axe de la Résistance », coalition de pays et de groupes militants soutenus par Téhéran, a subi des revers importants. Le Hamas a été affaibli par le conflit avec Israël, le Hezbollah libanais a perdu des figures clés, et le régime syrien de Bachar el-Assad a été renversé en décembre 2024. Les rebelles Houthis au Yémen, également soutenus par l’Iran, ont été la cible de frappes aériennes israéliennes et américaines.

La Chine demeure un acheteur important de pétrole iranien, mais n’a pas apporté de soutien militaire significatif. La Russie, qui a bénéficié de drones iraniens dans sa guerre contre l’Ukraine, adopte une position similaire.

L’Occident s’inquiète particulièrement du programme nucléaire iranien. Téhéran continue d’affirmer que son programme est à des fins pacifiques, mais ses responsables menacent de plus en plus de se doter de l’arme nucléaire. L’Iran avait enrichi de l’uranium à des niveaux proches de la qualité militaire avant l’attaque américaine de juin, ce qui en faisait le seul pays à ne pas avoir de programme d’armes nucléaires à le faire.

L’Iran a récemment déclaré avoir cessé d’enrichir de l’uranium sur son territoire, dans une tentative de signaler son ouverture à de nouvelles négociations sur son programme nucléaire et à un éventuel allègement des sanctions. Cependant, aucune discussion significative n’a eu lieu depuis l’attaque de juin.

Les relations entre l’Iran et les États-Unis sont tendues depuis des décennies. L’Iran était autrefois un allié clé des États-Unis sous le Shah Mohammad Reza Pahlavi, mais la Révolution islamique de 1979 a mis fin à cette alliance. La prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran, qui a duré 444 jours, a marqué une rupture diplomatique durable.

Les États-Unis ont soutenu l’Irak pendant la guerre Iran-Irak des années 1980 et ont abattu un avion de ligne commercial iranien en 1988, affirmant l’avoir confondu avec un avion de guerre. L’accord nucléaire de 2015 avait brièvement amélioré les relations, mais le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 a ravivé les tensions, exacerbées par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le président américain Donald Trump a averti que les États-Unis interviendraient si le régime iranien « tuait violemment des manifestants pacifiques ». Il a souligné cette menace après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, un allié de Téhéran, par les forces américaines. « Nous surveillons cela de très près », a déclaré M. Trump dimanche. « S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront très durement touchés par les États-Unis. »

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.