Publié le 9 janvier 2026. Un juge ad hoc au tribunal de district de Samarinda a créé la surprise hier en quittant l’audience en plein procès, en signe de protestation contre les disparités salariales avec les juges de carrière, laissant les justiciables dans l’attente.
- Un juge ad hoc a interrompu un procès pour protester contre les inégalités salariales.
- Les juges ad hoc n’ont pas bénéficié d’augmentation de salaire depuis 2013.
- Cette action soulève des questions éthiques et pourrait créer un précédent dangereux pour l’indépendance de la justice.
L’affaire, qui devait se dérouler hier, jeudi 8 janvier 2026, au tribunal de district de Samarinda, a été brutalement interrompue. Un juge ad hoc, chargé de traiter des affaires de corruption, a pris la décision inattendue de quitter la salle d’audience en cours de séance. Ce geste, selon les informations disponibles, ne serait pas lié à des raisons de santé ou à une urgence personnelle, mais constituerait une forme de protestation face à l’absence d’évolution de sa rémunération par rapport à celle des juges de carrière.
Cette situation a laissé les demandeurs en justice, qui attendaient depuis des semaines, sans réponse et dans l’incertitude. Le Forum ad hoc de solidarité des juges (FSHA) avait d’ailleurs menacé d’organiser une grève nationale du 12 au 21 janvier 2026 si aucune solution concrète n’était proposée. La frustration des juges ad hoc est compréhensible : leurs indemnités n’ont pas été revalorisées depuis 2013, soit plus de treize ans.
Si la revendication salariale est légitime, la méthode employée par ce juge est vivement critiquée. La salle d’audience est un lieu sacré, dédié à la justice et à la recherche de la vérité. Elle n’est pas une tribune pour exprimer des revendications personnelles. En cas de désaccord, les juges disposent d’autres moyens, tels que l’expression d’une opinion dissidente, qui respectent la solennité de la procédure.
Le Code d’éthique et de conduite des juges (KEPPH) énonce dix principes fondamentaux que chaque magistrat doit respecter. L’action du juge de Samarinda semble contredire plusieurs de ces principes. Elle manque de professionnalisme, de responsabilité et de discipline, et porte potentiellement atteinte à la dignité de la fonction judiciaire.
« Cette action est irresponsable et non professionnelle. »
Yanto, porte-parole de la Cour suprême et président général d’IKAHI
L’inquiétude porte également sur le risque de mauvais précédent. Si un juge peut interrompre un procès pour des raisons salariales, rien n’empêchera d’autres magistrats de faire de même pour d’autres motifs, compromettant ainsi le bon fonctionnement de la justice. C’est le public, les justiciables, qui en feraient les frais.
Pour faire valoir leurs droits, les juges ad hoc devraient privilégier des voies plus appropriées : organisation collective au sein d’associations comme IKAHI ou le FSHA, rencontres avec les dirigeants de la Cour suprême et du gouvernement – des discussions ont d’ailleurs eu lieu le 7 janvier 2026 avec les ministères concernés – plaidoyer public respectueux de la profession, et, en dernier recours, recours juridique.
La Cour suprême a d’ores et déjà annoncé la mise en place d’une équipe chargée d’enquêter sur les agissements du juge Mahpudin. Une procédure disciplinaire est nécessaire, non pas dans un esprit de vengeance, mais pour préserver la dignité de l’institution et en tirer des leçons. Parallèlement, le gouvernement doit rapidement trouver une solution à cette inégalité salariale, qui n’est plus une question de générosité, mais de justice. Comment attendre des juges qu’ils fassent respecter la loi s’ils ne sont pas eux-mêmes traités équitablement ?
En conclusion, la manière dont on se bat pour une cause est aussi importante que la cause elle-même. Un juge qui exige justice en agissant de manière injuste envers les justiciables crée une ironie amère. La salle d’audience est un autel de la justice, et il convient de la préserver de toute instrumentalisation.
“Laissons la justice couler dans le ciel”
Défendez la justice même si le ciel nous tombe sur la tête
mais assurez-vous que nous reposons sur une base éthique solide.
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