Les tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient et une stratégie américaine audacieuse visant à relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne ont provoqué un rebond des prix du pétrole, tandis que les marchés s’interrogent sur les conséquences potentielles pour les principaux producteurs et les acheteurs de pétrole russe.
La flambée des prix s’explique en partie par la diminution de la production de l’OPEP, qui a chuté de 100 000 barils par jour en décembre pour atteindre 28,4 millions de barils par jour, en raison des difficultés rencontrées par l’Iran et le Venezuela. Par ailleurs, l’administration Trump semble déterminée à exercer une pression accrue sur ses adversaires, notamment en envisageant l’imposition de droits de douane pouvant atteindre 500 % sur le pétrole russe, selon des sources parlementaires.
La situation en Iran, où des manifestations massives secouent le pays contre le régime de l’ayatollah Ali Khamenei, ajoute une couche de complexité. Le président Trump a promis une réponse ferme si les autorités iraniennes répriment les manifestants, et a même suggéré que Cuba pourrait connaître des troubles si son approvisionnement en pétrole était interrompu. Le chef de l’armée iranienne, le général de division Amir Hatami, a menacé de prendre des mesures préventives en réponse aux « rhétoriques » américaines, selon Fox News.
Les autorités iraniennes ont restreint l’accès à Internet et au téléphone pour tenter de maîtriser les protestations, qui ont débuté le 28 décembre au Grand Bazar de Téhéran suite à la dévaluation de la monnaie nationale. Au moins 21 décès ont été confirmés par la BBC, tandis que l’agence de presse américaine Human Rights News Agency en dénombre 42. Ces manifestations représentent le défi le plus sérieux auquel le gouvernement de Khamenei est confronté depuis 2022.
Sur le front vénézuélien, le président Trump a réaffirmé son engagement à soutenir un redressement du secteur pétrolier du pays, en réunissant les principaux acteurs de l’industrie énergétique américaine. Des représentants d’une vingtaine d’entreprises, dont Chevron, Continental Resources, Halliburton, Shell, Repsol et Vitol Americas, ont participé à cette rencontre à la Maison Blanche, en présence de responsables gouvernementaux tels que le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à l’Énergie Chris Wright.
« Nous avons éliminé 97 % des drogues arrivant par voie maritime, et nous allons maintenant commencer à frapper sur terre », a déclaré le président Trump lors d’une interview à Fox News, en vantant également le renversement du dictateur vénézuélien Nicolás Maduro.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a souligné l’intérêt croissant des compagnies pétrolières indépendantes pour le Venezuela, estimant que les grandes multinationales sont encore freinées par des contraintes administratives. Il a également annoncé la fin de l’ère des réductions sur le pétrole vénézuélien pour la Chine, signalant un changement stratégique dans la politique énergétique américaine.
Chevron cherche actuellement à obtenir l’autorisation d’exporter le brut produit par la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA, suscitant une concurrence intense avec d’autres géants pétroliers. L’Inde, de son côté, réévalue également ses approvisionnements en pétrole vénézuélien en raison des risques liés à ses relations avec la Russie.
Le secrétaire à l’Énergie, Wright, a indiqué que la Chine continuerait d’avoir accès au pétrole vénézuélien, dans le cadre de la stratégie de l’administration visant à assurer la stabilité énergétique. La production pétrolière du Venezuela pourrait augmenter de 50 % en 18 mois, selon les estimations. Chevron est actuellement la seule grande compagnie pétrolière américaine encore présente au Venezuela, après le retrait de ConocoPhillips et ExxonMobil suite à la nationalisation de 2007.
Les marchés pétroliers suivront de près les développements de la rencontre avec le président Trump, mais l’attention restera également focalisée sur la situation en Iran. Une escalade des tensions pourrait entraîner une hausse des prix du pétrole, avec des répercussions potentielles sur la Russie. L’amélioration du déficit commercial américain et la solidité de l’économie américaine sont également des facteurs à surveiller.
Par ailleurs, le marché du gaz naturel est en proie à une volatilité importante, avec des prix en baisse malgré un retrait des stocks plus important que prévu. Les prévisions d’un hiver doux devraient limiter la demande, malgré une augmentation des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) à des niveaux quasi-records (environ 18,5 milliards de pieds cubes par jour).
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