Les réformes migratoires en Suède suscitent une inquiétude croissante, alors que des personnes ayant parfaitement intégré la société se voient contraintes de quitter le pays. L’affaire de Zahra Kazemipour et Afshad Joubeh, un couple iranien menacé d’expulsion, a mis en lumière les conséquences de ces nouvelles politiques.
L’expulsion imminente de Zahra Kazemipour et Afshad Joubeh, un couple iranien dont le cas a été révélé par nos confrères avant les fêtes de fin d’année, a fait grand bruit dans la presse suédoise. Tous les principaux médias, journaux et chaînes de télévision, ont couvert cette affaire, y compris le sursis temporaire dont ils ont bénéficié vendredi.
L’opposition aux réformes migratoires du gouvernement prend de l’ampleur, car des Suédois constatent que des voisins, des camarades de classe de leurs enfants et des professionnels de santé locaux reçoivent des ordres de quitter le pays. Fereshteh Javani, assistante personnelle iranienne, est confrontée à la même situation. Comme Kazemipour et Joubeh, elle risque l’expulsion en raison de l’abrogation rétroactive d’une loi permettant aux demandeurs d’asile déboutés de solliciter un permis de travail sans quitter la Suède.
« J’ai tout fait pour dépasser le nouveau seuil salarial entré en vigueur fin 2023, mais mon permis de travail n’a pas été renouvelé », a confié Fereshteh Javani.
Niels Paarup-Petersen, le nouveau porte-parole du Parti du Centre en matière de migration, prédit que des cas similaires à ceux de Kazemipour, Joubeh et Javani se multiplieront d’ici aux prochaines élections.
Paul O’Mahony a interrogé Johan Forssell, le ministre suédois des Migrations, sur la manière dont il compte répondre à cette résistance croissante. Le ministre a défendu l’abrogation rétroactive de la loi de changement de voie, arguant qu’elle avait conduit à des demandes frauduleuses et que les personnes concernées pouvaient demander un permis de travail depuis l’étranger.
« Les personnes sommées de partir peuvent demander un permis de travail depuis l’extérieur de la Suède », a déclaré Johan Forssell.
Le gouvernement prévoit également de relever le seuil salarial pour l’obtention d’un permis de travail à 90 % du salaire médian, une proposition qui devrait être présentée « dans quelques semaines ».
Par ailleurs, l’actualité suédoise a été marquée cette semaine par des perturbations importantes dans les transports et la rentrée scolaire en raison d’épisodes neigeux exceptionnels. Un guide a été publié pour aider les personnes privées d’électricité à obtenir les compensations auxquelles elles ont droit.
Une enquête gouvernementale a proposé d’interdire aux gestionnaires d’écoles privées ayant mal géré leurs établissements d’en ouvrir ou d’en acquérir de nouveaux. L’opposition social-démocrate a estimé que ces propositions étaient insuffisantes pour empêcher le détournement de fonds publics.
Une enquête auprès des lecteurs a été menée sur les raisons qui poussent certaines personnes à quitter la Suède. Les résultats seront publiés prochainement.
Enfin, l’acquisition de Northvolt, une entreprise de batteries en faillite, par la société américaine Lyten, initialement prévue pour la fin de 2025, n’a pas eu lieu. Mandy Pipher, basée à Skellefteå, a expliqué les raisons de cet échec.
Une nouvelle étude menée par Indikator pour le festival politique annuel Järvaveckan révèle que les immigrants sont plus disposés à risquer leur vie pour défendre la Suède en cas de guerre.