Home MondeLa Cour internationale de Justice ouvre une audience sur le bien-fondé du « génocide des Rohingyas au Myanmar » après 7 ans

La Cour internationale de Justice ouvre une audience sur le bien-fondé du « génocide des Rohingyas au Myanmar » après 7 ans

by Clara Dubois

Publié le 13 janvier 2026. La Cour internationale de Justice (CIJ) a entamé une audience de trois semaines pour examiner le fond de l’accusation de génocide portée contre le Myanmar à l’encontre de la minorité Rohingya. Cette affaire, initiée par la Gambie, pourrait avoir des répercussions sur d’autres procédures similaires, notamment celle concernant la guerre à Gaza.

  • La CIJ examine les allégations de violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
  • Des témoignages poignants, évoquant des violences sexuelles et des massacres, sont présentés devant la cour.
  • Plus d’1,17 million de Rohingyas vivent actuellement dans des camps de réfugiés au Bangladesh.

L’audience, qui s’est ouverte à La Haye aux Pays-Bas le 12 janvier, vise à déterminer si le Myanmar a commis des actes de génocide à l’encontre des Rohingyas, une minorité musulmane principalement concentrée dans l’État de Rakhine, à l’ouest du pays. La Gambie, soutenue par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe 57 pays, a déposé une plainte en 2019, invoquant la possibilité pour tout État de saisir la CIJ en vertu de la Convention contre le génocide.

Lors de la première journée d’audience, le ministre gambien de la Justice, Dauda Jallow, a dénoncé la situation des Rohingyas, qualifiant leur rêve de vivre en paix de cauchemar transformé par une violence « horrible et inimaginable ».

« Les Rohingyas sont des gens ordinaires rêvant de vivre en paix, et le Myanmar a nié leurs rêves et transformé leur vie en un cauchemar avec une violence horrible et inimaginable. »

Dauda Jallow, ministre gambien de la Justice

Le représentant légal de la Gambie a également présenté des témoignages glaçants, faisant état de viols collectifs et de l’assassinat d’un nourrisson par le feu. La Gambie poursuivra son argumentation pendant les trois prochains jours, tandis que le Myanmar présentera sa défense le 16 janvier. La CIJ prévoit d’entendre en privé les témoignages directs des victimes rohingyas.

Le contexte de cette affaire remonte à 2017, lorsque l’armée du Myanmar a lancé une vaste opération militaire dans l’État de Rakhine. Cette offensive a provoqué l’exode de plus de 730 000 Rohingyas vers le Bangladesh voisin, fuyant des violences décrites par les réfugiés comme des massacres, des incendies criminels et des violences sexuelles. Une mission d’établissement des faits de l’ONU, en 2022, a conclu que ces opérations militaires contenaient des « actes de génocide ».

Aujourd’hui, environ 1,17 million de Rohingyas vivent dans des camps de réfugiés sur une superficie d’environ 3 237 hectares (soit environ un vingtième de la taille de Séoul) dans la région de Cox’s Bazar au Bangladesh, dans des conditions de vie précaires.

Cette procédure revêt une importance particulière car elle pourrait influencer d’autres affaires similaires, notamment le procès pour génocide intenté par l’Afrique du Sud contre Israël dans le cadre du conflit à Gaza. L’Afrique du Sud a déposé une plainte devant la CIJ en 2023, accusant Israël de violer la Convention pour la prévention du génocide en menant des opérations militaires dans la bande de Gaza. Le Brésil, l’Espagne et le Mexique se sont également joints à cette procédure.

Journaliste Yoon Yeon-jeong [email protected]

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