Le régulateur indien SEBI a interdit l’accès au marché des valeurs mobilières à sept individus, dont Hemant Gupta, ce vendredi 22 mai 2026. Accusés de manipulation de cours via les réseaux sociaux, le groupe aurait orchestré un vaste système de « pump-and-dump » ciblant 82 petites entreprises cotées sur les plateformes de petites et moyennes entreprises (SME).
L’orchestration des comptes @WealthSolitaire et @desiwallstreet
L’enquête de la Securities and Exchange Board of India (SEBI) met en lumière une stratégie de manipulation de marché sophistiquée, utilisant principalement les plateformes X, WhatsApp et Telegram. Les autorités ont identifié les comptes @WealthSolitaire et @desiwallstreet comme les vecteurs principaux de cette opération. D’après Moneycontrol.com, ces comptes diffusaient des recommandations d’achat agressives sur des titres de petites et moyennes capitalisations, incitant les investisseurs particuliers à entrer sur le marché.
Le mode opératoire suivait un schéma classique mais dévastateur : les acteurs accumulaient des positions sur des titres à faible liquidité avant de publier leurs conseils de placement. Une fois que l’intérêt des particuliers faisait grimper les cours, les accusés revendaient leurs titres à des prix artificiellement gonflés. Selon un rapport de NDTV Profit, Hemant Gupta aurait orchestré cette manœuvre avec l’aide de son épouse, de son ex-épouse et de ses quatre enfants, transformant des canaux de discussion privés en outils de manipulation massive.
L’enquête a désigné Hemant Gupta, Rohan Gupta et Aniket Gupta comme les principaux opérateurs et administrateurs de ces groupes de recommandation. Sharon Gupta, Leana Gupta, Rajani Gupta et Purvangi Gupta sont également impliquées en tant que bénéficiaires de ces profits.
Une explosion des profits et des volumes de transaction
L’ampleur de la fraude est palpable dans l’évolution fulgurante des données de transaction entre la période de référence et la période d’examen de la SEBI. Les volumes et les rendements ont connu une croissance qui témoigne de l’efficacité de leur système de gonflement des cours.
| Indicateur financier | Période précédente | Période d’examen | Variation |
|---|---|---|---|
| Valeur brute des transactions | 548,62 crore Rs | 1 023,40 crore Rs | +86 % |
| Profits réalisés (positions clôturées) | 17,06 crore Rs | 58,40 crore Rs | +242 % |
Au-delà de ces statistiques, comme l’indique Yahoo Finance, la manipulation a touché jusqu’à 82 sociétés différentes. Les gains illicites présumés dépassent les 200 millions de roupies (soit environ 2,09 millions de dollars, sur la base d’un taux de 95,69 roupies pour un dollar), bien que ce montant puisse être réévalué à l’issue de l’enquête. La SEBI a déjà procédé à l’impoundation de 20,25 crore Rs de gains.
Parmi les bénéficiaires, Rohan Gupta et Sharon Gupta se distinguent, ayant réalisé des profits combinés s’élevant à près de 50 crore Rs.
L’offensive de la SEBI contre la fraude aux investisseurs particuliers
L’action du régulateur a été déclenchée par ses propres systèmes de surveillance du marché, qui ont détecté des activités de trading suspectes liées aux publications sur les réseaux sociaux. Pour consolider ses preuves, la SEBI a mené des opérations de perquisition et de saisie entre le 21 et le 24 janvier 2026, après avoir obtenu l’autorisation d’un tribunal.

Lors de ces interventions, des appareils électroniques ont été saisis et de nombreux témoignages ont été recueillis. L’examen des activités de trading s’est étendu sur une période allant de décembre 2023 à janvier 2026. Bien que les recommandations sur @WealthSolitaire et @desiwallstreet aient cessé après les perquisitions de janvier, le régulateur craint que de telles pratiques ne se déplacent vers d’autres canaux numériques.
Cette décision intervient dans un contexte de surveillance accrue des « finfluencers » et des analystes de recherche non enregistrés en Inde. En frappant ces sept entités, la SEBI cherche à protéger les investisseurs particuliers, souvent les plus vulnérables face aux conseils financiers non réglementés qui circulent librement sur les réseaux sociaux.
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