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Jean-Luc Mélenchon réapproprie « on est chez nous » en campagne 2026

Jean-Luc Mélenchon a lancé sa quatrième campagne présidentielle le 7 juin 2026 lors d'un meeting massif à Saint-Denis rassemblant 26 000 sympathisants. Le leader de La France insoumise a présenté une vision de la « nouvelle France »…

Réappropriation symbolique : le pari du slogan « on est chez nous »

Jean-Luc Mélenchon a lancé sa quatrième campagne présidentielle le 7 juin 2026 lors d’un meeting massif à Saint-Denis rassemblant 26 000 sympathisants. Le leader de La France insoumise a présenté une vision de la « nouvelle France » et un programme économique fondé sur le blocage des prix, tout en tentant de dissiper les doutes sur sa capacité à atteindre le second tour.

Réappropriation symbolique : le pari du slogan « on est chez nous »

Lors de ce rassemblement, Jean-Luc Mélenchon a choisi une stratégie rhétorique audacieuse en s’emparant d’un code sémantique traditionnellement réservé au Rassemblement national. En reprenant l’expression « on est chez nous », le candidat de La France insoumise ne cherche pas à imiter l’extrême droite, mais à en détourner la portée pour redéfinir l’identité nationale. Comme l’a rapporté Le HuffPost, cette technique vise à contrer le récit du « grand remplacement » racial par celui d’un remplacement générationnel et sociologique. Pour le candidat de 74 ans, la France de demain est celle des « héritiers de l’immigration », une nation qui se construit sur les sacrifices des générations passées.

« Nous ne renierons pas, mesdames et messieurs les fachos, les sacrifices et l’amour de nos grands-parents qui nous permettent d’être ici dans ce pays qu’ils ont tant contribué à bâtir. »

Réappropriation symbolique : le pari du slogan « on est chez nous »
Photo: La Tribune
Jean-Luc Mélenchon, via Le HuffPost Cette volonté de « faire France de tout bois » marque une rupture avec les discours de la gauche radicale habituelle. En agitant massivement des drapeaux tricolores, le mouvement cherche à démontrer qu’il peut incarner le patriotisme sans basculer dans le suprémacisme, un duel qu’il dessine d’ores et déjà contre Jordan Bardella.

Une économie de la rupture : entre blocage des prix et recettes fiscales

Une économie de la rupture : entre blocage des prix et recettes fiscales
Photo: Alternatives Economiques
Au-delà de la bataille des symboles, le programme de Jean-Luc Mélenchon repose sur une gestion étatique forte de l’économie. Face à l’urgence sociale et à l’inflation, le candidat propose des mesures de protection directe pour les ménages, notamment par le biais d’un blocage des prix des carburants. Dans un entretien accordé à Alternatives Economiques, le leader insoumis a justifié cette mesure par la nécessité de permettre la mobilité des populations dans un territoire mal aménagé, tout en prônant une indexation automatique des salaires sur la hausse des prix pour contrer la stagnation des revenus observée depuis trente ans.

Les leviers du financement de la « nouvelle France »

Le monde nous regarde. Le futur dépend seulement de nous ! – Discours de Jean-Luc Mélenchon
Pour financer cette transition et les services publics, le candidat mise sur une révolution fiscale ciblée. Le programme repose sur trois piliers principaux :
  • La taxation des superprofits des entreprises.
  • L’application de la taxe Zucman.
  • Une redistribution de la charge fiscale entre les ménages, en ciblant les revenus supérieurs à 4 000 euros nets.
Mesure phare Objectif visé
Blocage des prix des carburants Urgence sociale et maintien de la mobilité
Taxation des superprofits Financement de la bifurcation écologique
Indexation des salaires Restauration du pouvoir d’achat
Le contre-budget présenté par La France insoumise pour l’année 2026 prévoit ainsi de générer 183,6 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour soutenir ces ambitions.

Le défi du second tour : l’éternel obstacle de la gauche

Le défi du second tour : l'éternel obstacle de la gauche
Photo: L'Express
Malgré une dynamique de campagne visible, une ombre plane sur la stratégie de La France insoumise : le plafond de verre du second tour. Si les sondages récents placent le candidat entre 12 et 16 %, ils indiquent également un risque de défaite massive en cas de duel face au Rassemblement national. Selon les analyses de La Tribune, cette situation constitue l’angle mort historique de la stratégie de LFI. Pour les détracteurs du candidat, une qualification de Mélenchon au second tour reviendrait à ouvrir la voie à l’extrême droite. Pour contrer ce récit, le mouvement opère un changement de ton radical, une stratégie que certains qualifient de « lissage ». L’objectif est de réduire la conflictualité et de paraître plus « présidentiel » :
  • Une présence plus discrète et moins clivante des députés à l’Assemblée.
  • L’usage de symboles républicains traditionnels (Marseillaise, drapeaux tricolores).
  • Une volonté de démontrer que le vote LFI peut provoquer une surmobilisation des abstentionnistes pour faire barrage à l’extrême droite.
Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, défend cette dynamique en affirmant que Plus vous progressez au premier tour, plus vous êtes en capacité de gagner le second. La stratégie de Mélenchon repose donc sur un pari risqué : transformer une force de contestation radicale en une force de gouvernement capable de séduire au-delà de son socle traditionnel.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.