Le journaliste Nicolas Demorand est revenu sur France Inter le 15 juin 2026 pour témoigner de son combat contre la bipolarité. Après six mois d’absence pour raisons de santé, l’ancien matinalier lance le podcast « Si besoin » et annonce son retour à l’antenne avec l’émission « Recto-verso » dès la rentrée.
Le retour à l’antenne et le podcast « Si besoin »
Le silence médiatique qui entourait Nicolas Demorand depuis octobre 2025 prend fin. Dans un témoignage livré à Franceinfo, le journaliste a officialisé son retour progressif au sein de la station. Ce retour s’articule d’abord autour d’un podcast intitulé « Si besoin », où il revient sur les mois d’errance et de soin qui l’ont éloigné du micro. L’agenda de l’animateur s’étoffe pour la rentrée avec le lancement de l’émission « Recto-verso », laquelle sera diffusée les samedis et dimanches. S’il affirme aujourd’hui que « les tourments sont derrière [lui] », Nicolas Demorand ne cache pas une certaine fragilité persistante. Il a admis être toujours inquiet quant à la durée de cette stabilité.Les hallucinations et la brutalité de la crise

Le diagnostic de 2017 et le succès d’« Intérieur nuit »
- 2017 : Diagnostic officiel de bipolarité de type 2 après plusieurs années de recherche.
- 2024-2025 : Publication de l’essai « Intérieur nuit », vendu à plus de 200 000 exemplaires, où il se définit comme un « malade mental ».
- 16 octobre 2025 : Départ précipité de l’antenne de France Inter, terrassé par une phase dépressive sévère.
Le paradoxe de l’hospitalisation sous contrainte
L’un des points les plus sensibles de son récit concerne son hospitalisation, orchestrée par ses proches. Le journaliste décrit un sentiment contrasté, oscillant entre la perte d’autonomie et la nécessité vitale du soin.« Un souvenir contrasté », admet le journaliste car il a eu « le sentiment d’une liberté annulée, de ne plus être adulte », et dans le même temps, il estime qu’à ce moment, « il n’était pas en état de prendre des décisions urgentes et cruciales pour [sa] propre santé. Sans élément de contrainte, je n’aurais pas été soigné, car j’aurais dit non ».

Une approche collective pour briser le silence
Au-delà de son propre cas, l’animateur souhaite transformer son expérience en un levier de sensibilisation. Dans le cadre de son combat contre la dépression, il prône une approche collective pour dédramatiser la pathologie. Il a insisté sur la notion de « fraternité » entre les malades, estimant que le partage d’expérience permet de sortir de l’isolement. Nicolas Demorand, via Franceinfo En revenant sur le devant de la scène, Nicolas Demorand accepte la réalité d’une vie marquée par le traitement, évoquant dans ses écrits l’apprentissage d’une existence « de couleur grise » sous lithium. Son retour à France Inter ne marque pas la fin de la maladie, mais l’acceptation d’une coexistence entre sa carrière de journaliste et son statut de patient.Find more reporting in our Divertissement section.