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Afrique du Sud construit un nouveau centre de déportation à Durban pour accélérer le rapatriement des Malawites.

Le gouvernement sud-africain a lancé la construction d'un nouveau centre de déportation temporaire à Durban pour accélérer le rapatriement des ressortissants malawites. Cette initiative vise à désengorger le centre communautaire de Sherwood, où des milliers de personnes attendent…

Transfert vers le Drive-In Centre pour gérer l'engorgement

Le gouvernement sud-africain a lancé la construction d’un nouveau centre de déportation temporaire à Durban pour accélérer le rapatriement des ressortissants malawites. Cette initiative vise à désengorger le centre communautaire de Sherwood, où des milliers de personnes attendent leur expulsion au milieu d’une crise humanitaire et de tensions sociales croissantes.

Transfert vers le Drive-In Centre pour gérer l’engorgement

Face à l’accumulation massive de migrants à Sherwood, les autorités ont activé un second site pour fluidifier les opérations de rapatriement. Selon les informations rapportées par l’EWN, des marquees ont été installées au Drive-In Centre, un terrain ouvert sécurisé utilisé par la municipalité pour des rassemblements temporaires. Les ressortissants malawites y seront logés pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le temps que leur gouvernement organise le transport vers le Malawi. Le maire d’eThekwini, Cyril Xaba, a précisé que cette extension logistique est essentielle pour maintenir l’ordre et l’efficacité des services de l’État.

« Les deux sites continueront de soutenir les opérations quotidiennes de traitement, de vérification et de déportation en collaboration avec le Department of Home Affairs, la SAPS, le Department of Justice and Constitutional (Development). »

Transfert vers le Drive-In Centre pour gérer l'engorgement
Photo: eNCA
Cyril Xaba, maire d’eThekwini Cependant, la coordination internationale semble rencontrer des obstacles. Cyril Mncwabe, responsable du Department of Home Affairs dans le KwaZulu-Natal, a indiqué que des discussions sont en cours avec les représentants malawites, tout en soulignant un problème de synchronisation.

« Nous avons déjà parlé aux représentants malawites ici. Jusqu’à hier, ils comprenaient le processus, mais nous avons identifié un manque de communication de leur part. »

Cyril Mncwabe, responsable du Department of Home Affairs

Crise humanitaire et explosion du nombre de migrants

Derrière les mesures administratives, la réalité sur le terrain est celle d’un effondrement des infrastructures sanitaires. Le Mail & Guardian rapporte que le site de Sherwood Community Hall est devenu le théâtre d’une détresse humaine aiguë, marquée par une odeur persistante d’urine et une pénurie de ressources de base. La situation est devenue si critique qu’au moins une femme a accouché sur place et six autres ont dû être transportées par ambulance vers des hôpitaux. Parmi les personnes déplacées se trouve Mussa Peters, 29 ans, qui tente de protéger sa femme et son enfant de deux ans. Pour lui, l’incertitude est totale.

« Au Malawi, il n’y a pas d’argent. Nos sœurs arrivent ici enceintes. Il n’y a pas de spécialistes, il n’y a pas d’hôpital ici, il n’y a pas d’endroit où nous loger. Pourquoi ne prennent-ils pas simplement la voiture, mettent-ils le plein et nous emmènent-ils d’ici directement au Malawi ? Pourquoi veulent-ils utiliser ce carburant pour nous amener ici et nous envoyer à Lindela ? »

Crise humanitaire et explosion du nombre de migrants
Photo: EWN
Mussa Peters, migrant malawite L’ampleur de la présence migrante dépasse désormais les capacités de recensement initiales. Le conseiller de quartier Warren Burne a admis que les chiffres officiels ne sont plus que des estimations approximatives en raison de l’afflux continu.
Période de recensement Nombre de personnes estimé
Jeudi soir Moins de 4 000
Vendredi Environ 7 000
Tendance actuelle En augmentation constante

Affrontements et recours à la justice virtuelle

Attaques xénophobes en Afrique du Sud : plus de 500 migrants hébergés dans des centres d’accueil
Le climat de tension a basculé dans la violence mercredi dernier. eNCA a documenté l’intervention de la Public Order Police, contrainte d’utiliser des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc pour disperser une foule de ressortissants malawites en colère au site de Sherwood Hall. Les heurts ont été déclenchés par une frustration profonde concernant les modalités de transport. Alors que les femmes et les enfants ont été autorisés à partir par bus vers leur pays d’origine, de nombreux hommes ont refusé d’être transférés vers le Lindela Repatriation Centre en direction de Krugersdorp, exigeant un retour direct au Malawi. Pour répondre à l’urgence, le Department of Justice a mis en place un dispositif juridique exceptionnel. Un tribunal de priorité virtuelle a été instauré pour lier directement le centre de transit au tribunal des magistrats de Durban, permettant de traiter les dossiers d’immigration de manière accélérée.

Vers une stratégie de déportation forcée

Ce qui était auparavant un processus de rapatriement volontaire se transforme désormais en une opération de répression statutaire systématique. Comme l’indique le Washington Post, le gouvernement sud-africain a opté pour une stratégie juridique agressive afin de gérer ce flux massif. Le Deputy Minister du Department of Justice and Constitutional Development, Andries Nel, a confirmé ce changement de paradigme lors d’un entretien avec la presse.

« Il fonctionne comme un tribunal de priorité virtuelle pour entendre les questions d’immigration émanant principalement de la zone de Sherwood Park, où se trouvent 7 000 ressortissants malawites. »

Vers une stratégie de déportation forcée
Andries Nel, Deputy Minister du Department of Justice Les autorités émettent désormais des ordres de déportation en vertu de la section 34 1b de l’Immigration Act, ce qui nécessite une audition par un magistrat. Cette accélération intervient dans un contexte social explosif, marqué par une vague de xénophobie nationale. Des incidents violents ont déjà été signalés, notamment des pillages d’entreprises étrangères à Cornubia et des décès de ressortissants mozambicains lors de manifestations à Mossel Bay. L’enjeu des prochains jours sera de déterminer si cette réponse musclée de l’État parviendra à stabiliser la situation à Durban ou si elle ne fera qu’accentuer les fractures sociales et les crises humanitaires à la frontière.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.