Valery Fabrikant, l’auteur de la tuerie de l’Université Concordia en 1992, est décédé dimanche 28 juin 2026 à l’âge de 86 ans. Le Service correctionnel du Canada a annoncé que le condamné purgeait une peine à perpétuité à l’Établissement Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines, et serait mort de causes naturelles apparentes.
Le massacre du 24 août 1992 et ses victimes

- Matthew McCartney Douglass (professeur de génie civil) : décédé le jour même.
- Michael Gorden Hogben (professeur de chimie) : décédé le jour même.
- Aaron Jaan Saber (professeur de génie mécanique) : décédé le lendemain.
- Phoivos Ziogas (directeur du département de génie électrique et informatique) : décédé un mois plus tard.
Un parcours marqué par la haine et la prétendue persécution
Le mobile du crime résidait dans un sentiment profond d’injustice ressenti par Fabrikant. Lors de son procès, il s’est défendu seul, affirmant avoir été victime de persécution au sein de l’institution. Il accusait l’université d’avoir refusé sa titularisation et d’avoir tenté de le congédier. L’instabilité du professeur était connue bien avant le drame. Selon un rapport publié en 1994 par John Scott Cowan de l’Université d’Ottawa, Fabrikant avait rendu plusieurs personnes malheureuses durant ses 13 ans de carrière, affichant des comportements allant de désagréables à insupportables. Peu avant la tuerie, Fabrikant avait entamé des poursuites civiles contre deux collègues pour exiger le retrait de leurs noms de publications scientifiques dont il était l’auteur principal. Il avait également envoyé des messages hostiles à divers professeurs à travers le Québec et le Canada pour salir leur réputation. Le jour suivant le massacre, il devait comparaître pour outrage au tribunal après avoir envoyé des courriels méprisants envers les juges et le système judiciaire canadien.Le statut de plaideur quérulent et les batailles judiciaires

- La Cour fédérale en 1999.
- La Cour supérieure du Québec en 2000.
- La Cour fédérale d’appel en 2019.
L’échec systématique des demandes de libération
Condamné le 8 juin 1993 pour meurtre au premier degré, tentative de meurtre et séquestration, Fabrikant a passé plus de trois décennies en prison sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Malgré ses multiples demandes, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a systématiquement rejeté ses requêtes, comme le rapporte Radio-Canada. En 2014, la Cour d’appel a refusé de réduire sa peine, estimant que sa réadaptation psychologique était insuffisante et qu’il représentait toujours une menace pour la société. L’absence de remords a été un facteur déterminant dans ces décisions. Le 30 juin 2022, la CLCC a noté que Fabrikant soutenait toujours, 30 ans après les faits, que pas un seul innocent n’avait été blessé lors de la journée du 24 août. Les autorités carcérales avaient conclu que son orientation émotionnelle et son attitude nécessitaient une intervention élevée, concluant à un faible potentiel de réintégration sociale. Fabrikant est mort sans jamais avoir reconnu la nature innocente de ses victimes.Find more reporting in our Nouvelles section.
