Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Valery Fabrikant, l’auteur d’une tuerie à l’université Concordia en 1992, est mort en détention

Valery Fabrikant, l'auteur de la tuerie de l'Université Concordia en 1992, est décédé dimanche 28 juin 2026 à l'âge de 86 ans. Le Service correctionnel du Canada a annoncé que le condamné purgeait une peine à perpétuité à…

Le massacre du 24 août 1992 et ses victimes

Valery Fabrikant, l’auteur de la tuerie de l’Université Concordia en 1992, est décédé dimanche 28 juin 2026 à l’âge de 86 ans. Le Service correctionnel du Canada a annoncé que le condamné purgeait une peine à perpétuité à l’Établissement Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines, et serait mort de causes naturelles apparentes.

Le Service correctionnel du Canada (SCC) a confirmé le décès du détenu dans un communiqué publié dimanche. Conformément aux protocoles en vigueur lors de tout décès en détention, l’agence a précisé que la police et le coroner seront avisés pour examiner les circonstances de l’incident. Fabrikant était incarcéré à l’Établissement Archambault, une prison située dans les Laurentides accueillant des détenus à sécurité moyenne et minimale. Comme le rapporte La Presse, l’homme purgeait une peine de prison à vie depuis juin 1993.

Le massacre du 24 août 1992 et ses victimes

Le massacre du 24 août 1992 et ses victimes
La mort de Fabrikant referme un chapitre sombre de l’histoire universitaire montréalaise. Le 24 août 1992, alors qu’il était professeur agrégé de génie mécanique, Fabrikant avait fait irruption dans le département de génie de l’Université Concordia pour ouvrir le feu sur ses collègues. Le bilan humain de l’attaque a été détaillé par La Voix de l’Est :
  • Matthew McCartney Douglass (professeur de génie civil) : décédé le jour même.
  • Michael Gorden Hogben (professeur de chimie) : décédé le jour même.
  • Aaron Jaan Saber (professeur de génie mécanique) : décédé le lendemain.
  • Phoivos Ziogas (directeur du département de génie électrique et informatique) : décédé un mois plus tard.
Une secrétaire du département, Elizabeth Horwood, a également été blessée lors de la fusillade, mais ses blessures ont été soignées.

Un parcours marqué par la haine et la prétendue persécution

Le mobile du crime résidait dans un sentiment profond d’injustice ressenti par Fabrikant. Lors de son procès, il s’est défendu seul, affirmant avoir été victime de persécution au sein de l’institution. Il accusait l’université d’avoir refusé sa titularisation et d’avoir tenté de le congédier. L’instabilité du professeur était connue bien avant le drame. Selon un rapport publié en 1994 par John Scott Cowan de l’Université d’Ottawa, Fabrikant avait rendu plusieurs personnes malheureuses durant ses 13 ans de carrière, affichant des comportements allant de désagréables à insupportables. Peu avant la tuerie, Fabrikant avait entamé des poursuites civiles contre deux collègues pour exiger le retrait de leurs noms de publications scientifiques dont il était l’auteur principal. Il avait également envoyé des messages hostiles à divers professeurs à travers le Québec et le Canada pour salir leur réputation. Le jour suivant le massacre, il devait comparaître pour outrage au tribunal après avoir envoyé des courriels méprisants envers les juges et le système judiciaire canadien.

Le statut de plaideur quérulent et les batailles judiciaires

Le statut de plaideur quérulent et les batailles judiciaires
Même derrière les barreaux, Fabrikant a continué d’utiliser le système judiciaire comme une arme. Le Devoir souligne que l’homme est l’un des rares criminels à avoir été officiellement déclaré plaideur quérulent. Ce statut a été entériné par plusieurs instances pour mettre fin à des poursuites abusives :
  • La Cour fédérale en 1999.
  • La Cour supérieure du Québec en 2000.
  • La Cour fédérale d’appel en 2019.
Fabrikant avait multiplié les actions en justice contre ses anciens collègues, le médecin qui l’avait soigné, le directeur de sa prison et même Postes Canada, qu’il accusait d’intercepter son courrier.

L’échec systématique des demandes de libération

Condamné le 8 juin 1993 pour meurtre au premier degré, tentative de meurtre et séquestration, Fabrikant a passé plus de trois décennies en prison sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Malgré ses multiples demandes, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a systématiquement rejeté ses requêtes, comme le rapporte Radio-Canada. En 2014, la Cour d’appel a refusé de réduire sa peine, estimant que sa réadaptation psychologique était insuffisante et qu’il représentait toujours une menace pour la société. L’absence de remords a été un facteur déterminant dans ces décisions. Le 30 juin 2022, la CLCC a noté que Fabrikant soutenait toujours, 30 ans après les faits, que pas un seul innocent n’avait été blessé lors de la journée du 24 août. Les autorités carcérales avaient conclu que son orientation émotionnelle et son attitude nécessitaient une intervention élevée, concluant à un faible potentiel de réintégration sociale. Fabrikant est mort sans jamais avoir reconnu la nature innocente de ses victimes.

Find more reporting in our Nouvelles section.

L'échec systématique des demandes de libération

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.