Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

African startups raise $3.9bn across 506 deals in 2025 – Report

Les startups africaines ont levé 3,9 milliards de dollars via 506 transactions en 2025, marquant un net redressement selon un rapport de Bloomwit Africa. Ce regain, porté par une hausse de 25 % du financement annuel, s'est poursuivi…

Le redressement des levées de fonds en 2025

Les startups africaines ont levé 3,9 milliards de dollars via 506 transactions en 2025, marquant un net redressement selon un rapport de Bloomwit Africa. Ce regain, porté par une hausse de 25 % du financement annuel, s’est poursuivi au premier semestre 2026 avec 1,44 milliard de dollars mobilisés malgré un nombre de transactions en baisse.

Le redressement des levées de fonds en 2025

Le redressement des levées de fonds en 2025
Photo: Voronoi by Visual Capitalist
L’écosystème technologique africain a amorcé une phase de récupération après une période de fortes tensions sur les marchés mondiaux du capital-risque. Selon les données de Tribune Online, les startups ont mobilisé 3,9 milliards de dollars en 2025. Toutefois, une divergence apparaît dans les chiffres : le cabinet Partech Africa, cité par Leadership Newspapers, évalue le total à 4,1 milliards de dollars pour la même année, contre 3,25 milliards de dollars en 2024. L’analyse de Bloomwit Africa précise que le seuil des 4 milliards de dollars a été franchi dès que l’on intègre la matrice combinée des financements par actions et par dette. Cette dynamique s’est maintenue au début de l’année suivante. Au premier trimestre 2026, les entreprises technologiques du continent ont sécurisé 705 millions de dollars, soit une progression de 26,5 % par rapport au premier trimestre 2025. Ce retour du capital ne s’est pas fait sans ajustements structurels. Le rapport de Bloomwit souligne un point essentiel : « l’amélioration du financement reflète l’intérêt croissant des investisseurs pour l’écosystème technologique de l’Afrique, malgré les pressions mondiales sur le financement qui ont affecté les marchés du capital-risque ces dernières années. » Bloomwit Africa, rapport sur l’écosystème

L’essor stratégique de la dette venture

L'essor stratégique de la dette venture
Photo: LEADERSHIP Newspapers
Une mutation profonde s’opère dans la structure du capital. Les fondateurs délaissent progressivement l’émission d’actions pour se tourner vers la dette, afin de limiter la dilution de leur propriété. En 2025, Leadership Newspapers rapporte que les investissements en fonds propres ont représenté 2,41 milliards de dollars, tandis que le financement par dette a bondi pour atteindre un record de 1,64 milliard de dollars. Cette tendance s’est accentuée au premier semestre 2026. Sur les 1,44 milliard de dollars levés, la répartition se décompose comme suit :
  • Fonds propres (Equity) : 818 millions de dollars
  • Dette : 614 millions de dollars
  • Subventions (Grants) : 9 millions de dollars
Le recours à la dette favorise désormais les entreprises possédant des actifs physiques tangibles, notamment dans les secteurs de la mobilité électrique et des équipements solaires.

La domination persistante du « Big Four »

African startups raised $3.2 billion in 2025, But it's harder for most founders to get funded.
Malgré une volonté de diversification, le capital reste concentré dans quatre marchés principaux : le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Égypte. Ces économies ont capté entre 72 % et 82 % de l’ensemble des financements du continent en 2025, selon les données de Partech Africa. Le Kenya s’est imposé comme la destination privilégiée, attirant entre 933,6 millions et 1,04 milliard de dollars. L’Afrique du Sud suit avec un maximum de 715 millions de dollars, devant l’Égypte (614 millions) et le Nigeria, dont les levées oscillent entre 343 millions et 572 millions de dollars. Pourtant, Punch Newspapers rapporte que les investisseurs commencent à explorer des opportunités scalables au-delà de ces bastions traditionnels, signalant une distribution géographique plus équilibrée des flux de capitaux.

Tendances de 2026 : moins de transactions, des montants plus élevés

Tendances de 2026 : moins de transactions, des montants plus élevés
Photo: Punch Newspapers
Le premier semestre 2026 révèle un paradoxe : le montant total levé a légèrement augmenté (1,44 milliard de dollars contre 1,42 milliard au H1 2025), mais le nombre de transactions a chuté. TechCabal a recensé seulement 146 transactions divulguées, contre 252 durant la même période en 2025. L’écosystème se fragmente entre des startups en difficulté et des leaders capables de lever des montants massifs. Le mois de juin 2026 a été marqué par des opérations d’envergure :
Entreprise Secteur Montant levé Type de financement
Spiro Mobilité électrique 270 millions $ Equity (215M + 55M)
Blnk Fintech (Égypte) 37,1 millions $ Mixte (12,5M Equity / 24,6M Dette)
Agenz Proptech (Maroc) 5 millions $ Seed
AethexAI IA / Support client 3 millions $ Pre-seed
Zimi Charge Infrastructure VE 2,6 millions $ Equity
Face à la difficulté d’obtenir de nouveaux fonds propres, le premier semestre 2026 a également enregistré un nombre record de fusions et acquisitions, les entreprises préférant se regrouper plutôt que de cesser leurs activités.

L’écart structurel face aux hubs mondiaux

Si la croissance interne est réelle — avec une augmentation globale des financements de 600 % entre 2015 et le premier semestre 2025 selon Voronoi — l’Afrique reste marginalisée à l’échelle mondiale. Seulement 15 villes dans le monde attirent la majorité des fonds. San Francisco, New York, Londres, Pékin et Singapour concentrent à elles seules plus de 70 % des financements mondiaux de stade avancé. Le déséquilibre est encore plus frappant dans l’intelligence artificielle, où l’Amérique du Nord capte 86 % des fonds de stade avancé destinés aux startups natives de l’IA. Cette dépendance aux capitaux étrangers demeure une faiblesse structurelle majeure. L’avenir du continent repose désormais sur sa capacité à mobiliser ses propres ressources et son capital humain. « la prochaine vague de croissance de l’innovation en Afrique dépendra de l’efficacité avec laquelle le continent formera une génération de fondateurs, d’opérateurs et d’investisseurs capables de résoudre des problèmes locaux à grande échelle. » Rapport Building Africa’s Builder Generation Avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans, l’Afrique dispose du vivier de talents le plus jeune au monde. Cependant, le déficit de financement pour les petites et moyennes entreprises est estimé à 331 milliards de dollars, un obstacle que le seul capital-risque ne pourra combler sans un renforcement des systèmes de capitaux domestiques.

Find more reporting in our Affaires section.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.