Van : Économies Supérieures au Camping-Car et Agilité Urbaine
La vanlife s'est imposée en France comme une alternative économique et agile au camping-car traditionnel. Entre le lancement en mai 2026 de l'application unBonSpot pour sécuriser des étapes chez des agriculteurs et l'essor des aménagements sur mesure, le…
La vanlife s’est imposée en France comme une alternative économique et agile au camping-car traditionnel. Entre le lancement en mai 2026 de l’application unBonSpot pour sécuriser des étapes chez des agriculteurs et l’essor des aménagements sur mesure, le secteur se structure pour répondre à une demande de liberté à moindre coût.
Le coût réel : pourquoi le van supplante le camping-car
Photo: ladepeche.fr
Le choix entre un van et un camping-car ne repose plus seulement sur une question d’esthétique ou de philosophie, mais sur un calcul financier précis. Selon Caradisiac, la différence de consommation est l’un des premiers leviers d’économie. Un van, basé sur un utilitaire de taille moyenne, consomme en moyenne 8 litres aux 100 km, contre 10 à 12 litres pour un camping-car.
L’économie se poursuit sur les infrastructures routières. En restant sous la barre des deux mètres de hauteur, le van conserve sa classification en catégorie 1 aux péages. À titre d’exemple, un trajet Paris-Nice coûte environ 80 euros pour un van, contre 130 euros pour un camping-car, lequel bascule en catégorie 2 en raison de sa hauteur pouvant atteindre 2,80 m.
L’agilité urbaine constitue un autre avantage stratégique. Alors que de nombreuses communes interdisent l’accès ou le stationnement des camping-cars en centre-ville, les vans, visuellement proches des véhicules utilitaires, circulent et stationnent plus librement. Le sacrifice se situe toutefois au niveau de l’espace : un van offre généralement 5 m2 d’habitation, là où un camping-car peut monter jusqu’à 15 m2.
La guerre des spots : de la collaboration à l’agrotourisme
CHALLENGER Combo X150 : L'agilité d'un Van et le confort d'un Camping-car
La démocratisation de l’usage des vans a saturé les anciens « coins secrets », poussant les utilisateurs vers des solutions numériques pour éviter le stress de la recherche nocturne. Deux modèles s’affrontent désormais : le collaboratif et le transactionnel sécurisé.
Le modèle collaboratif est porté par Park4Night. Fondée en 2010 par Bertrand Fichter et Frédéric Delamare, cette plateforme française est devenue une entreprise en 2014 pour soutenir sa croissance. Comme le rapporte Le Monde du Camping-Car, l’application compte aujourd’hui 9 millions d’utilisateurs et s’appuie sur un réseau de 22 collaborateurs répartis en Europe, de la Bretagne à la Roumanie.
Face à ce géant, une approche plus segmentée émerge. Lancée en mai 2026, l’application unBonSpot mise sur l’agrotourisme en mettant en relation les voyageurs et des agriculteurs disposant de terrains autorisés. Selon Auto Plus, ce service propose deux formules :
Formule classique : une nuit sur le terrain pour 15 €.
Formule agrotourisme : 5 € la nuit, complétés par 10 € d’achats en boutique chez l’agriculteur.
L’innovation majeure d’unBonSpot réside dans la limitation à un seul véhicule par spot, rompant avec l’alignement systématique des vans dans les aires collectives.
L’alternative du sur-mesure face aux prix du marché
Photo: Le Monde du Camping-Car
Le marché du véhicule aménagé connaît une mutation. L’investissement initial pour un camping-car traditionnel peut atteindre 60 000 ou 70 000 euros, un seuil prohibitif pour une partie des nouveaux voyageurs. C’est sur ce segment que s’est installé Jefferson Delbosc, un entrepreneur de 22 ans basé dans le Tarn.
À travers son activité camionamenage.fr, Delbosc transforme des utilitaires en maisons roulantes sur mesure. Son approche répond à une demande variée, allant des couples aux retraités, en passant par des femmes voyageant seules. Selon La Dépêche, l’accent est mis sur la discrétion et l’autonomie énergétique pour permettre l’accès aux plages ou aux sentiers de montagne.
« Beaucoup de personnes veulent découvrir la vanlife sans investir 60 000 ou 70 000 euros »
Jefferson Delbosc, entrepreneur via La Dépêche
Cette tendance vers l’aménagement personnalisé reflète un changement de paradigme : le véhicule n’est plus seulement un moyen de transport, mais un outil de liberté géographique.
« La vanlife, c’est la liberté. Pouvoir décider le matin de partir au bord d’un lac, dormir près d’une cascade et changer complètement de décor le lendemain. »
Jefferson Delbosc, entrepreneur via La Dépêche
L’écosystème de la vanlife en France se professionnalise rapidement. De la réduction des coûts d’exploitation à la monétisation des terrains agricoles, le secteur transforme une pratique autrefois marginale en une véritable économie de services. Le défi pour les années à venir sera de concilier cette croissance avec le durcissement des réglementations locales et la saturation des sites naturels.
Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.