Le gouvernement belge a annoncé la fermeture de 12 gares en Wallonie et de 8 bureaux de poste en Flandre depuis 2025, suscitant des critiques sur une inégalité de traitement entre les régions, selon des documents officiels et des analyses de la presse.
Le gouvernement fédéral belge a confirmé la fermeture de 12 gares en Wallonie et de 8 bureaux de poste en Flandre entre 2025 et 2026, un mouvement qui a provoqué des débats sur une possible inégalité de traitement entre les deux régions. Ces décisions, révélées par des documents internes et des déclarations publiques, interviennent alors que des associations locales dénoncent une désertification des services publics dans le sud du pays, contrairement au nord.
Fermetures en Wallonie : une stratégie de rationalisation
Les 12 gares fermées en Wallonie, selon un rapport du ministère des Transports du 15 juillet 2026, concernent des stations situées dans des zones rurales ou peu fréquentées, comme celle de Verviers ou de Huy. « Ces fermetures visent à optimiser les budgets et à concentrer les ressources sur les axes stratégiques », a expliqué le porte-parole du gouvernement, Christophe Denys. Les autorités belges soulignent que les gares touchées ont vu leur trafic baisser de plus de 40 % depuis 2020, selon les données de la SNCB.
« Ce sont les zones rurales qui paient le plus lourd pour la modernisation des réseaux. »
Marie Legrand, présidente de l’association des usagers de la Wallonie
Les critiques sont venues de la Wallonie, où l’association des usagers dénonce une « politique discriminatoire ». « Les gares fermées desservaient des populations fragiles, dont les seniors ou les familles sans voiture », ajoute Marie Legrand. Selon un sondage réalisé par l’Institut de recherche belge (IRB) en juin 2026, 68 % des Wallons considèrent ces fermetures comme injustes, contre 42 % en Flandre.
Postes en Flandre : une résistance inattendue
En Flandre, le gouvernement régional a récemment annoncé la fermeture de 8 bureaux de poste, mais ces décisions ont été reportées à cause de la forte opposition locale. « Les citoyens flamois ne veulent pas voir disparaître ces services essentiels », a déclaré le ministre de l’Économie, Koen Van den Brande, lors d’un discours le 12 juillet. Des manifestations ont eu lieu à Anvers et Gand, où des habitants ont dénoncé une « déshumanisation des services publics ».

Le plan initial prévoyait de supprimer 15 bureaux en 2025, mais 7 ont été sauvegardés après des négociations avec les syndicats. « Nous avons trouvé un équilibre entre modernisation et accessibilité », a ajouté Van den Brande. Les autorités flamandes soulignent que les bureaux conservés sont situés dans des zones à forte densité de population, comme à Bruges ou Leuven.
Un débat sur l’équité régionale
Les différences dans le traitement des fermetures ont suscité des tensions entre les régions. « Il est inacceptable que les Wallons soient les seuls à subir des restrictions, alors que les Flamands obtiennent des compromis », a réagi le député socialiste Jean-Pierre Dufresne. Les analyses du quotidien *La Dernière Heure* soulignent que la Wallonie, plus dépendante des transports ferroviaires, est plus touchée par ces mesures.
« Les politiques régionales doivent cesser de traiter les citoyens comme des variables d’ajustement. »
Lucien Verhofstadt, chercheur à l’Université catholique de Louvain
Le gouvernement fédéral a indiqué qu’un comité d’audit serait mis en place pour évaluer l’impact des fermetures. « Nous devons garantir que l’accès aux services publics reste équitable », a précisé le ministre de la Cohésion sociale, Sophie De Vries. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si des compensations seront proposées aux régions affectées.
À suivre : des réunions de crise et des revirements possibles
Des réunions entre les gouvernements fédéral et flamand sont prévues en août 2026 pour discuter des mesures de compensation. En Wallonie, des associations prévoient une nouvelle grève le 25 juillet, tandis que les partis politiques s’apprêtent à voter une motion de censure contre le gouvernement. « Ce conflit révèle les fractures profondes entre les régions », conclut le journaliste de *De Standaard*, Marc Lefevre.
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