Les populations de bourdons au Royaume-Uni pourraient subir des chutes brutales de leurs effectifs à mesure que les canicules deviennent plus fréquentes et intenses, selon une nouvelle analyse partagée avec la Bbc.
S’appuyant sur les données du programme de surveillance nationale du Bumblebee Conservation Trust, l’étude révèle un déclin des populations après la chaleur record de 2022. À l’époque, le pays a connu trois canicules estivales officielles et des températures atteignant 40,3 °C. Les données BeeWalk indiquent que trois des espèces les plus communes — le bourdon à queue rouge, le bourdon à queue fauve et le bourdon cardon commun — ont atteint des sommets bien inférieurs aux niveaux normaux, avec des baisses respectives de 20 %, 25 % et 35 %, avant de décliner davantage en automne.
Le risque de surchauffe interne
Le Dr Richard Comont, responsable scientifique du Trust, explique que les espèces britanniques sont adaptées à un climat historiquement plus frais, possédant des corps ronds et velus pour retenir la chaleur. Cependant, lors d’une canicule, leurs muscles génèrent plus de chaleur alors que leur pelage épais rend le refroidissement difficile.
Selon le Dr Comont, lorsque la température de l’air atteint environ 28 °C à 32 °C, les bourdons peuvent avoir des difficultés à voler sans surchauffer. Si leur température corporelle interne dépasse largement les 40 °C, ils commencent littéralement à mourir et à s’effondrer, car ils « se cuisent de l’intérieur ». L’impossibilité de voler les empêche alors de s’alimenter.
Impact sur la survie et l’alimentation
Les effets de ces épisodes extrêmes semblent s’étendre au-delà de l’été. Les données BeeWalk montrent que le nombre global de reines était inférieur à la moyenne en mars, avril et mai 2023.

Outre la surchauffe, la sécheresse et la chaleur extrême réduisent les ressources alimentaires. Les colonies dépendent d’un apport constant de nectar et de pollen ; or, si les plantes à fleurs se dessèchent, elles produisent moins. Le Dr Paul Williams, expert en bourdons au Natural History Museum, précise que la recherche de nourriture représente pour les bourdons un calcul énergétique.
Pour aller plus loin
