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L’Inde attire un nombre record d’étudiants étrangers, notamment d’Afrique

by Clara Dubois

L’Inde attire un nombre record de 58 134 étudiants étrangers pour l’année 2023-2024, selon l’All India Survey on Higher Education (AISHE). Cette croissance, portée par des réformes comme la National Education Policy (NEP) 2020, s’accompagne d’une diversification des flux, avec une hausse notable des inscriptions provenant des Émirats arabes unis et d’Afrique.

Le paysage mondial de la mobilité étudiante subit une mutation profonde. Alors que les destinations traditionnelles anglo-saxonnes font face à des restrictions budgétaires et administratives, l’Inde s’impose comme une alternative crédible. Le nombre d’étudiants internationaux a plus que doublé depuis 2010-2011, marquant un rebond net après la période pandémique.

L’essor des flux depuis les Émirats arabes unis et l’Afrique

Si l’Asie du Sud reste le principal réservoir avec près de la moitié des inscriptions, l’Inde diversifie son attractivité. Les étudiants du Népal et du Bangladesh représentent ensemble une part importante des arrivées, le flux népalais devant croître, selon un rapport de QS Quacquarelli Symonds. Parallèlement, les étudiants des Émirats arabes unis devraient constituer une part de la population étudiante étrangère en Inde d’ici 2030.

Photo: Indiatoday

L’Afrique subsaharienne s’affirme également comme un moteur de croissance. Les flux provenant de cette région devraient augmenter, avec une progression spécifique attendue pour les étudiants zimbabwéens. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie nationale visant à accueillir 500 000 étudiants étrangers d’ici 2047.

La National Education Policy 2020 et le programme Study in India

Cette attractivité n’est pas fortuite ; elle résulte de réformes structurelles. Le programme Study in India a simplifié les admissions et réduit les barrières financières. La National Education Policy (NEP) 2020 a permis l’établissement de campus d’universités étrangères sur le sol indien et a élargi les places surnuméraires.

Photo: Educationtimes

Le déclin relatif du « Big Four » et la diversion vers l’Europe

L’attrait pour l’Inde coïncide avec un essoufflement des destinations classiques : États-Unis, Royaume-Uni, Canada et Australie.

Plusieurs facteurs expliquent ce recul :

    L’Irlande capte également une part croissante du marché, avec une hausse des inscriptions d’étudiants indiens pour l’année 2024/2025, atteignant 9 175 personnes.

    Un étudiant indien effectuant un master au Royaume-Uni fait aujourd’hui face à des coûts plus élevés qu’il y a trois ou quatre ans. Rob Grimshaw

    Défis structurels et perspectives de mobilité

    Malgré ces chiffres, l’Inde doit surmonter des obstacles pour stabiliser son statut de hub mondial. Le rapport de QS souligne que les écarts de réputation institutionnelle, les préoccupations liées à l’employabilité et les limites des infrastructures pourraient freiner ses ambitions.

    India and Dubai rise as top education destinations for African students

    L’évolution des flux reste complexe.

    Il n’y a pas encore de données concrètes montrant un changement structurel rapide des flux vers l’Asie ou le Moyen-Orient. Ce que nous voyons, c’est un combustion lente. Simon Marginson, professeur d’enseignement supérieur à l’Université d’Oxford

    À court terme, la tendance est à la diversification.

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