Le pays s’approche désormais du seuil symbolique du million de tonnes. Cette trajectoire ascendante s’inscrit dans une tendance lourde : depuis 2021, année où les importations s’élevaient à 753 807 tonnes, le volume de blé entrant au Sénégal n’a cessé de croître pendant cinq années consécutives.
Une consommation urbaine en forte hausse
Le blé s’est imposé comme la deuxième céréale la plus consommée au Sénégal, juste derrière le riz. Cette demande est particulièrement soutenue dans les zones urbaines, où les habitudes alimentaires évoluent.
L’accessibilité financière a également joué un rôle moteur. Cette baisse des coûts a mécaniquement favorisé le maintien, voire l’augmentation, des volumes d’achats à l’international.
Expansion des capacités de transformation et minoteries
L’essentiel du blé importé est absorbé par le tissu industriel local pour être transformé en farine, destinée aux secteurs de la boulangerie et de l’agroalimentaire. Le marché est dominé par des acteurs majeurs tels que les Grands Moulins de Dakar, les Grands Moulins du Sahel, ainsi que les sociétés MS, FKS, NMA et Olam.
Le secteur continue de s’équiper. L’entreprise marocaine d’ingénierie industrielle REMORA a annoncé, le 27 février dernier, avoir achevé la construction d’un nouveau moulin au Sénégal. Cette unité dispose d’une capacité de traitement de 500 tonnes de blé par jour, bien que l’identité du promoteur du projet n’ait pas été révélée.
Le Sénégal comme hub régional de la farine
L’augmentation des capacités de transformation ne vise pas uniquement le marché intérieur. Le Sénégal exporte une partie de sa production de farine de blé tendre vers les pays de la sous-région. Entre 2020 et 2023, l’industrie sénégalaise a expédié en moyenne 13 861 tonnes de farine par an, avec un pic à 29 249 tonnes en 2021.
Sur le plan financier, ces exportations ont généré des millions de dollars en moyenne sur la période 2020-2023, atteignant un sommet de millions de dollars en 2021. Toutefois, ces chiffres officiels pourraient être sous-estimés.
Cette dépendance accrue au blé importé contraste avec la stratégie du gouvernement pour d’autres céréales. En juillet, les autorités ont suspendu pendant un mois les nouvelles déclarations d’importation de riz pour soutenir la production locale, alors que les minoteries détenaient environ 37 000 tonnes de riz blanc. Pour obtenir de nouvelles autorisations, les commerçants doivent désormais acheter des quantités définies de riz local, dont le prix d’achat est fixé à 280 FCFA le kilogramme.